La Grande-Bretagne désigne le renseignement russe responsable d'une série de cyberattaques

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Les autorités britanniques affirment qu'elles répondront aux tentatives de destabilisation du GRU.
Les autorités britanniques affirment qu'elles répondront aux tentatives de destabilisation du GRU. (Crédits : Steve Marcus)
Le Royaume-Uni, en tandem avec l'Australie, a accusé, ce jeudi 4 octobre, le renseignement militaire russe (GRU) d'être l'instigateur de plusieurs cyberattaques mondiales visant à destabiliser les démocraties occidentales.

Il règne comme une ambiance de guerre froide entre le Royaume-Uni et la Russie. Et ce n'est pas les accusations portées par Londres à l'encontre de Moscou, dans un rapport basé sur les travaux du Centre national de sécurité informatique (NCSC) britannique rendu public ce jeudi 4 octobre, qui vont atténuer ce sentiment latent. En effet, la Grande-Bretagne, en tandem avec l'Australie, a désigné le renseignement militaire russe (GRU) responsable des principales cyberattaques mondiales perpétrées ces dernières années.

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C'est la première fois que le GRU, donc de fait le Kremlin, est nommément désigné par Londres qui l'accuse déjà d'être responsable de l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars 2018 à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre).

Des cibles diverses

Ces cyberattaques, qualifiées de "sans foi ni loi" par le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué, ont touché un large panel d'événements et de secteursl'agence mondiale anti-dopage - AMA - (fuites de documents confidentiels), l'aéroport d'Odessa en Ukraine (attaque informatique de grande ampleur), ou encore l'élection présidentielle américaine de 2016 (ingérences). Elles ont "affecté des citoyens dans de nombreux pays, dont la Russie, et coûté des millions de livres aux économies nationales", a dénoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt.

"Ce type de comportement démontre leur désir d'opérer sans tenir compte du droit international ou des normes établies, et d'agir avec un sentiment d'impunité et sans considérer les conséquences", a poursuivi le chef de la diplomatie anglaise.

"Notre message est clair. Avec nos alliés, nous révèlerons et répondrons aux tentatives du GRU de saper la stabilité internationale", a-t-il promis.

Des accusations récurrentes

Appuyé par Washington, le gouvernement britannique a déjà, à plusieurs reprises, pointé du doigt la Russie sur le même sujet, notamment pour la cyberattaque NotPetya qui avait affecté des milliers d'ordinateurs à travers le monde en juin 2017. Il a également dénoncé des campagnes de cyberespionnage et des ingérences dans le référendum sur le Brexit et les élections législatives de 2017. Moscou a toujours réfuté ces accusations.

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Ces nouvelles accusations ne vont pas améliorer les relations diplomatiques déjà glaciales entre le Royaume-Uni et la Russie, après l'empoisonnement des Skripal mais aussi de l'opposant russe Alexandre Litvinenko à Londres en 2006, sur fond de désaccords dans les grandes questions internationales.

(Avec AFP et Reuters)

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