OpenAI reste officiellement non lucrative : une marche arrière en trompe-l’œil

Marine Protais
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sam Altman le PDG d'OpenAI.
Aurelien Morissard/Pool via REUTERS

Marine Protais
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sam Altman le PDG d'OpenAI.
Aurelien Morissard/Pool via REUTERS
« OpenAI n'est pas une société normale, et elle ne le sera jamais », écrit Sam Altman à ses salariés dans un courrier envoyé lundi 5 mai. Pourtant, l'entreprise a sérieusement envisagé de le devenir. Depuis plusieurs mois, le créateur de ChatGPT réfléchissait à faire d'OpenAI une structure lucrative indépendante de son entité « non for profit ». Mais ce plan n'est plus d'actualité. OpenAI dit avoir changé d'avis, du moins en partie, après des échanges avec « des responsables de la société civile et les procureurs généraux de Californie et du Delaware ».
Attention, ce changement ne signifie pas qu'OpenAI renonce à toute logique de profit. L'entreprise comprend déjà, depuis 2019 et son partenariat avec Microsoft, une structure à but lucratif. Celle-ci, jusqu'alors soumise à un plafond des bénéfices versés aux investisseurs, sera remplacée par la version américaine de l'entreprise à mission, une public-benefit corporation (PBC), censée servir à la fois une mission d'intérêt général et les investisseurs.
Or, cette nouvelle structure permet à OpenAI de supprimer les plafonds sur les profits. Dans sa note adressée aux employés, Sam Altman indique que ce type de structure est désormais courant parmi les entreprises d'IA, comme Anthropic ou xAI. Mais pour OpenAI, cette entité reste contrôlée par l'organisation « non for profit », sans que le niveau de ce contrôle ne soit précisé.
Le géant de l'IA semble ici ménager la chèvre et le chou. D'un côté, les investisseurs, puisque leurs profits ne sont plus plafonnés. De l'autre, ses détracteurs, dont Elon Musk, cofondateur d'OpenAI et allié du président Donald Trump, devenu concurrent avec sa société xAI.
À lire également
Le milliardaire estime qu'OpenAI s'est trop éloignée de sa mission originelle et tente depuis plusieurs mois de bloquer sa transformation en entreprise commerciale. Pour la presse américaine, la volte-face de Sam Altman s'apparente à une victoire pour Elon Musk. Lors d'une conférence de presse, Sam Altman a tenté de minimiser cette interprétation, affirmant que les journalistes étaient obsédés par « Elon ». Le conseiller juridique de ce dernier a cependant indiqué au Wall Street Journal que Musk poursuivrait ses actions en justice, jugeant cette restructuration purement cosmétique.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Marine Protais