Accessoire de loisirs ou arme de défense militaire, le drone se développe à grande vitesse. Ces « yeux » pilotables et discrets, capables de monter à de grandes hauteurs et de se faufiler dans des zones difficiles d’accès, sont devenus des outils stratégiques. En Occitanie, plusieurs opérateurs sont précurseurs dans des usages inédits.
Le drone s’élève lentement à une trentaine de mètres du sol jusqu’au sommet du pylône. Il est capable de monter à 100 mètres de hauteur. En bas, le télépilote du réseau Orange actionne ses manettes pour zoomer sur les équipements de raccordement : sur son écran, il peut repérer en temps réel des fixations desserrées, un fil débranché, la présence de rouille sur les boulons ou des antennes déréglées dont il faut corriger l’azimut. Les captures d’écran seront ensuite transmises aux techniciens pour intervention si nécessaire.
Les drones ont ainsi révolutionné l’inspection des antennes mobiles sur pylônes et toits-terrasses. Ils font désormais partie des procédures habituelles chez Orange, réduisant les risques liés aux travaux en hauteur, et le groupe est passé d’une vingtaine à une centaine de dronistes en France. Le gestionnaire du réseau de distribution de l’électricité, Enedis, a lui aussi fait du drone un outil clé pour l’inspection et la maintenance préventive.
Doté d’une IA, le logiciel du drone est capable d’éditer un rapport sur les anomalies détectées (échauffement, dégradations mécaniques, corrosion ou végétation à risque à proximité des ouvrages) et les travaux à réaliser. Ludovic Robert, responsable Relation clients pour Enedis Languedoc-Roussillon, annonce « 660 télépilotes en France et quasiment 19 000 missions par an » : « C’est un gain de temps colossal et cela permet d’aller vérifier des équipements dans des zones difficiles d’accès ».