Elon Musk persiste et signe. Dix jours après un premier tweet, le milliardaire libertarien, proche de Donald Trump, a renouvelé, dans une tribune sans nuance publiée dans l'édition dominicale de Die Welt, son soutien au parti d'extrême droite AfD, extrêmement radical dans ses positions et dont plusieurs dirigeants sont mis en cause pour avoir repris des slogans nazis. Pourtant, selon le patron de Tesla, l'AfD est «la seule étincelle d'espoir » pour l'Allemagne. En tout cas, Elon Musk sait ne pas être rancunier quand il le faut : l'AfD avait vivement combattu son projet d'usine en Allemagne.
La publication de cette tribune a suscité de nombreuses réactions indignées. Le conservateur Friedrich Merz, l'homme en position pour devenir le prochain chancelier allemand, a ainsi condamné Elon Musk, le qualifiant « d'autoritaire et présomptueux ». « Je ne me souviens pas d'un cas comparable d'ingérence dans la campagne électorale d'un pays ami dans l'histoire des démocraties occidentales », a déclaré ce dimanche Friedrich Merz au groupe de médias Funke. Ce dernier souligne les nombreuses contrevérités de la tribune d'Elon Musk, regrettant que ce dernier ne s'informe que sur ses propres réseaux sociaux.
Cette prise de position fait suite à un tollé qui a traversé tout l'échiquier politique allemand, qui a vu un cas évident d'ingérence deux mois avant des élections anticipées de février. Les sondages placent l'AfD en deuxième position derrière l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de M. Merz et les sociaux-démocrates (SPD) du chancelier Olaf Scholz en troisième position. Tous les partis traditionnels méprisent l'AfD, qui a appelé à l'expulsion massive des personnes issues de l'immigration et souhaite que l'Allemagne sorte de l'Union européenne.