Cinq candidats intéressés à la reprise du Monde

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(Crédits : Reuters)
Quatre...ou cinq candidats s' intéressent à la reprise du Monde. Quatre se sont manifestés auprès de la direction du du quotidien. Ils ont jusqu'au 15 juin pour déposer des offres fermes. Le groupe suisse Ringier devrait préciser ses intentions cette semaine.

Un nouveau candidat devrait se déclarer pour Le Monde, à moins d'un mois de l'échéance de sa recapitalisation. Le groupe de presse suisse Ringier devrait préciser son offre cette semaine et notamment décider s'il se lance seul dans l'affaire ou avec un partenaire, industriel ou financier.

Les candidats à la reprise du groupe Le Monde (le quotidien, Télérama, Courrier International, La Vie, Le Monde imprimerie, le Monde Interactif) sortent du bois. Vendredi 28 mai, c'est le groupe de média suisse Ringier qui s'est officiellement déclaré. "Le Monde est un groupe que nous connaissons bien car nous sommes historiquement partenaires et c'est donc naturellement que nous avons demandé à avoir accès au dossier de cession du groupe", nous a déclaré Jean-Clément Texier, président de Ringier France.

"Nous avons obtenu une réponse positive immédiatement de la part des dirigeants du Monde et avons déjà reçu le dossier que nous allons étudier dès ce week-end. Nous prendrons une décision sur l'opportunité de faire une offre rapidement", ajoute cet ancien banquier et spécialiste de la presse française, qui a été le conseil de nombreux groupes.

Le fait que Ringier soit suisse ne serait pas un problème

Reste que Ringier est un groupe suisse, pays qui n'est pas membre de la communauté européenne et que cela pourrait poser un problème au cas où Ringier souhaite prendre le contrôle du Monde. Selon la législation française, un groupe qui n'est pas basé dans un pays de l'Union européenne ne peut en effet pas s'offrir plus de 20% d'un média français. Pour Jean-Clément Texier, cet aspect a été bien évidemment pris en compte par Ringier et cela n'est pas un problème en soi. Car, rappelle-t-il, les autorités françaises, par la voix du président de la République Nicolas Sarkozy en 2009, ont clairement annoncé leur intention de mettre fin à cette règle pour la Suisse. La démarché a été enclenchée du côté français et une réponse est attendue des autorités suisses.

Ringier a dégagé 11,4 millions d'euros de bénéfices

Si "la volonté de Michael Ringier quand il investit dans une groupe est d'être opérateur et pas d'avoir un strapontin", souligne Jean-Clément Texier, le groupe reste ouvert à tout possibilité. A la lecture de la "data room" (ensemble des documents comprenant les comptes, les informations sur le groupe...), Ringier décidera s'il se lance seul dans l'affaire ou s'il y va accompagné d'investisseurs ou de partenaires industriels. Financièrement, le groupe suisse qui emploie près de 8.000 collaborateurs a les moyens de ses ambitions : il a dégagé un 2009, un chiffre d'affaires record de 858 millions d'euros et un bénéfice net de 11,4 millions d'euros. Stratégiquement, il est déjà adepte de la coentreprise, comme en témoigne l'accord signé en mars dernier avec le groupe de presse allemand Axel Springer.

Xavier Niel a rejoint le tandem Bergé-Pigasse

Vendredi, un autre candidat s'est déclaré en la personne de Xavier Niel, président fondateur d'Iliad (Free). Il rejoint le tandem composé de l'homme d'affaires Pierre Bergé et du banquier Matthieu Pigasse (patron de la banque Lazard France). Les trois hommes mettront la même somme dans l'affaire. Leur schéma de prise de contrôle du Monde repose sur un investissement entre 75 et 100 millions d'euros (voir La Tribune du 20 mai).

Cinq candidats pour Le Monde

Il y donc désormais cinq candidats à la reprise du Monde. Outre le trio Pigasse-Bergé-Niel et très vraisemblablement le suisse Ringier, Claude Perdriel, patron du Nouvel Observateur, le groupe de presse espagnol Prisa et le riche industriel italien Carlo De Benedetti, propriétaire du groupe Espresso (La Repubblica), peaufinent leur offre...

Le Monde, qui traverse la plus grave crise financière de son histoire, doit être recapitalisé avant la mi-juin, sans quoi il risque le dépôt de bilan. Le groupe est endetté à hauteur de 125 millions d'euros et, en 2010, perdra de l'argent pour la dixième année consécutive. En 2009, il a perdu 25 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros.

Des offres fermes attendues le 15 juin

La direction du groupe dimanche 30 mai dans un entretien au Journal du Dimanche a indiqué que  "quatre candidats, trois déclarés, un officieux, ont manifesté leur intérêt. Par ailleurs, le groupe suisse Ringier a indiqué vouloir étudier le dossier. Nous attendons que ces différents acteurs fassent des offres fermes, d'ici au 15 juin", déclare le président du directoire du groupe, Eric Fottorino.

"Nous ne sommes pas encore prêts à faire de recommandation. Mais nous en ferons une à partir de critère précis", ajoute Eric Fottorino. Le Nouvel Observateur, détenu par Claude Perdriel, a déjà fait part officiellement de son intérêt pour le groupe.

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