Plan de rigueur en vue pour RFI et France 24

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Le siège de France 24 à Issy-les-Moulineaux (Source France 24)
Le siège de France 24 à Issy-les-Moulineaux (Source France 24) (Crédits : France 24)
L'audiovisuel extérieur va devoir réduire ses effectifs et augmenter ses recettes pour pallier la baisse de la subvention de l'État.

L'Audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui regroupe France 24, RFI, Monte Carlo Doualiya et TV5, va devoir se serrer la ceinture. La subvention reçue par l'État va diminuer de 33,7 millions d'euros en deux ans, soit une baisse de 10 %. Elle va ainsi passer de 327,7 à 294 millions d'euros entre 2011 et 2013. Une baisse contre laquelle les dirigeants de l'AEF ont bataillé depuis deux ans, essayant ? en vain ? de la réduire. Interrogé, le président de l'AEF, Alain de Pouzilhac confirme qu'il « aurait aimé avoir plus de moyens pour développer le réseau d'émetteurs FM de MCD, mais prend acte de l'arbitrage rendu mi-août par Jean-Paul Faugère », le directeur de cabinet de François Fillon.
 

Synergies
La direction de l'AEF compte compenser cette disette budgétaire via plusieurs leviers. D'abord, les synergies entre ses différentes antennes. Selon Alain de Pouzilhac, « ces synergies se sont déjà élevées à 5 millions d'euros en 2010. D'autres sont à venir avec la fusion de RFI, France 24, MCD et AEF fin 2011, et notamment de leurs fonctions supports. Quant à un rapprochement des rédactions, nous ne nous interdisons rien, et allons créer une task force pour l'étudier, mais rien ne dit que nous le ferons. »
Autre levier : développer les ressources propres, c'est-à-dire la publicité. Selon la direction, elles devraient passer de 6,9 à 21,6 millions d'euros entre 2011 et 2013. Des prévisions revues à la baisse par rapport à celles de l'an dernier, où la direction tablait sur 50 millions en 2013. « Cette nouvelle trajectoire nous paraît beaucoup plus réaliste que la précédente, qui prévoyait un montant de près du double. Elle reste très ambitieuse, mais la base de départ est très modeste, puisqu'elle est proche de zéro. Cela reste des objectifs, et si les résultats ne sont pas au rendez-vous, l'État pourra toujours prendre ses responsabilités », a déclaré lors d'une audition au Sénat Laurence Franceschini, directrice générale des médias au ministère de la culture.
 

Nouveau plan de départs

Le dernier levier est l'emploi. « Après la fusion, nous examinerons la question des 69 candidats au départ à RFI qui n'ont pu partir lors du premier plan, explique Alain de Pouzilhac. Si nous ouvrons alors un deuxième plan de départ volontaires, il devra être ouvert à tous les salariés du nouvel ensemble ». En clair, ce nouveau plan devrait comprendre un nombre de départs supérieur aux 69 volontaires recensés à RFI.


Déménagement

Mais ce n'est pas tout. Il faut aussi financer le déménagement de RFI de la Maison de la Radio à Issy-les-Moulineaux, dans un immeuble appartenant au Crédit Suisse ?et actuellement loué à Hewlett Packard. Coût du déménagement : 21,5 millions d'euros. Un chiffre jugé « inacceptable » par la sénatrice PS Catherine Tasca, et « atterrant » par son homologue UMP Joseph Kergueris. L'État en paiera la majeure partie, mais pas la totalité : Laurence Franceschini a déclaré qu'elle allait discuter avec l'AEF « de sa participation éventuelle grâce aux mutualisations et aux synergies ». Elle a ajouté que le coût aurait pu être encore plus élevé, car un déménagement de France 24 a aussi été envisagé, ce qui n'était pas forcément « pertinent » étant donné ses locaux flambants neufs.

Vers une externalisation de la régie de France 24
Par ailleurs, l'Etat vient de relancer le projet d'externalisation de la régie de France 24 auprès de France Télévisions. Alain de Pouzilhac, initialement réticent, semble être désormais rallié à ce projet. « Des négociations sont en cours actuellement, notamment avec la régie de France Télévisions », a déclaré Laurence Franceschini.

Une première tentavive d'externalisation avait avorté il y a un an. Cela avait pénalisé les recettes, mais France 24 rattrape son retard. « En mai 2010, nous avions réduit notre prévision sur la contribution nette de recettes publicitaires à 1,3 million d'euros pour 2010. Mais depuis, nous avons revu nos prévisions à la hausse. Aujourd'hui, nous pensons engranger en 2010 au minimum la même contribution nette que les 2,1 millions engrangés en 2009 », promet Alain de Pouzilhac. France 24 s'est mise à commercialiser des spots diffusés uniquement sur une partie de son réseau (Europe ou Afrique). Et elle vient d'engranger de nombreux contrats: Enel, Hertz, Volvo, Open Skies, Total, Egyptair, Emirates... Elle revendique comme clients exclusifs Martinet, Microsoft, Accor, SGBL ou GDF Suez.

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Commentaires
a écrit le 17/12/2010 à 21:26 :
Quel gâchis!!! De la pub sur RFI et puis quoi encore...Le monde va vraiment mal et l'équipe à Sarko est entrain de casser à jamais le système français...

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