Semi-conducteurs : pourquoi la plus grande menace pour l'Europe n'est pas celle qu'on croit
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STMicroelectronics semi-conducteurs wafers
STMicroelectronics
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Quel est le plus grand danger menaçant l’approvisionnement européen en matière de semi-conducteurs ? Une attaque de Taïwan par la Chine, si l’on en croit la couverture médiatique du sujet. Logique, puisque le pays concentre la majeure partie de la production, et même plus de 90 % concernant les puces avancées servant à l'intelligence artificielle. Mais quand on interroge des professionnels du secteur, la réponse est toute autre. D’après eux, le plus grand risque viendrait plutôt des contrôles à l’exportation.
C’est ce qui ressort de la dernière enquête du consortium européen Chips Diplomacy Support Initiative (CHIPDIPLO) rédigée par Joris Teer (EU Institute for Security Studies) et Pierre Sel (Institut Montaigne). Ils se sont entretenus avec 55 participants issus de l’industrie des semi-conducteurs et d’organisations de recherche technologique. Avec des résultats surprenants sur la perception des « risques géopolitiques susceptibles d’affecter, au cours des cinq prochaines années, l’approvisionnement de l’UE en semi-conducteurs ainsi que la compétitivité de son écosystème ».
Premier constat, les réponses sont très pessimistes, estimant qu’il y a des « risques élevés de perturbations majeures » d’ici à 2031. Les causes seraient multiples, mais la menace la plus grave résiderait dans le fait que d'autres pays restreignent l'approvisionnement en composants clés pour la fabrication vers l'Union européenne et ses partenaires. Seraient concernées les matières premières critiques, les produits chimiques, les aimants, les équipements de fabrication et les semi-conducteurs de génération précédente.