« Il n’y a aucune visibilité sur le moment où l’offre de mémoire sera capable de rattraper la demande. » Sanjay Mehrotra, PDG de Micron, l’une des entreprises les plus sollicitées par le secteur de la tech, a choisi d’être cinglant après la publication de ses résultats stratosphériques le 24 juin dernier : 41,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 346 % sur un an. L’esprit n’était pas non plus à la fête tant la situation est tendue. « On sait déjà que ces conditions persisteront au-delà de 2027 en raison de la demande de l'IA » ajoute-t-il.
Principal fabricant américain de puces mémoire, ces composants qui permettent aux processeurs de stocker et d'accéder aux données en temps réel, Micron est devenu une usine pivot pour la croissance américaine. Son action a bondi de près de 700 % en un an, franchissant le seuil du trillion de dollars de capitalisation alors qu'elle se négociait sous les 100 dollars il y a à peine douze mois.
Une activité monopolisée par l'IA
L’entreprise a profité de cette mise en lumière financière pour tacler des négociations difficiles avec certains groupes, désormais obligés de s'aligner. Concrètement, la direction leur reproche de ne pas avoir investi plus tôt en anticipant la crise. « Ce n’est pas constructif », soupire le directeur commercial Sumit Sadana auprès du Wall Street Journal, les accusant d'avoir privé Micron des marges nécessaires pour construire les usines qui manquent aujourd'hui. Ces commentaires sont tombés quelques heures seulement après qu'Apple, client de Micron, a annoncé une vague de hausses de prix touchant la quasi-totalité de sa gamme.