Rebondissement dans l'affaire d'espionnage au sein de l'Audiovisuel extérieur de la France

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L'ordinateur de la collaboratrice de Christine Ockrent, ex-numéro deux de l'Audiovisuel extérieur français (AEF), au cœur du scandale qui touche le groupe depuis des mois, a été modifié en interne, selon Libération et Télérama. Et Alain de Pouzilhac, président de l'AEF, qui coiffe France 24 et RFI, était au courant depuis décembre dernier et n'en a pas fait état. Des nouvelles tensions apparaissent à RFI.

Nouveau rebondissement de taille dans l'affaire d'espionnage informatique au sein de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) ayant précédé le départ en mai dernier, de Christine Ockrent, ex-numéro deux de la structure qui chapeaute RFI et France 24. Libération affirme ce vendredi, citant une enquête de police, que l'ordinateur de sa collaboratrice Candice Marchal mise en cause a été modifié en interne. Même information de Télérama qui écrit : "elle n'a pas copié les fichiers des serveurs sur son ordinateur. Ces copies ont été faites... en interne".

La collaboratrice licenciée croit "à une manipulation" pour atteindre Christine Ockrent

Toujours selon "Libé", l'enquête de la Befti - Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information - "établit que les serveurs informatiques de l'AEF ont été placés dans l'ordinateur de Candice Marchal par le service informatique de l'AEF". Mise à pied en novembre, la jeune femme a été licenciée pour faute grave en décembre. La plainte contre X déposée par l'AEF est toujours en cours d'instruction. Candice Marchal croit à une manipulation: "Je pense que les serveurs de l'AEF ont été copiés sur mon disque dur à dessein, je n'ai été qu'un moyen d'atteindre Christine Ockrent", affirme-t-elle au quotidien.

Interrogé par Libération, Alain de Pouzilhac, qui s'est dit en possession du rapport de la Befti, estime que l'enquête "conclut à un piratage de la part de Candice Marchal" notamment.

Alain de Pouzilhac était au courant depuis dix mois

Ces révélations ne vont pas faire l'affaire d'Alain de Pouzilhac, président de l'AEF car selon les deux journaux ", il était au courant depuis décembre dernier "et, écrit Libération, "il s'est bien gardé d'en faire état". Après des mois de guerre avec Alain dePouzilhac sur fond d'espionnage, de plainte pour harcèlement et d'enquêtes, Christine Ockrent, directrice générale déléguée de l'AEF, avait claqué la porte en mai, affirmant reprendre sa liberté pour se défendre.

Le PDG de l'AEF dénonce "une manipulation"

Alain de Pouzilhac n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué de presse publié vendredi matin, il se déclare "scandalisé par l'article de Libération "qui est, selon lui, "une grossière manipulation et une gesticulation désespérée de la défense de Candice Marchal" . "Nous réservons toutes voies de droit quant à ces déclarations. Pour le PDG de l'AEF, "il n'y a qu'une vérité, le piratage est avéré et l'implication de Thibault de Robert, ancien prestataire informatique et de Candice Marchal, responsable des coordinations auprès de l'ex directrice générale géléguée est prouvée. Ils ont d'ailleurs avoué avoir piraté l'Audiovisuel Extérieur de la France".

Tensions à RFI

Ces révélations ne vont pas arranger les affaires d'Alain de Pouzilhac dont la manière de gérer RF1, et particulièrement du service politique, est fortement contestée en internet. Une assemblée générale est d'ailleurs convoquée vendredi à 13h sur le sujet. "A huit mois de l'élection présidentielle, Alain de Pouzilhac donne le ton de la couverture de la campagne qui va résolument vers une prise en main des journalistes politiques de RFI par la rédaction de France 24", dénoncent les syndicats de RFI. Et d'ajouter dans un communiqué : "le projet de fusion des rédactions de RFI et de France 24 est mené dans l'irrespect total des salariés, de l'encadrement et des instances représentatives du personnel".

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