La gestion d'Alain de Pouzilhac à France 24 critiquée par sa tutelle

Les hauts fonctionnaires chargés de l'audiovisuel extérieur (France 24, RFI, TV5) déplorent un manque de transparence, des objectifs non tenus, et un refus d'obéir aux arbitrages de l'Etat.
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Les hauts fonctionnaires chargés, dans les différents ministères, de suivre l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF), en ont gros sur le coeur. Et ils se sont épanchés - à huis clos - devant la mission d'information des députés sur l'AEF. Aucun ne remet en question la création de l'AEF ou la fusion en cours entre RFI et France 24. Mais tous critiquent le management du PDG Alain de Pouzilhac.

"L'AEF a présenté des plans d'affaires pour les années à venir ne respectant pas les arbitrages de Matignon. C'est inhabituel de voir une entreprise publique incapable de respecter l'arbitrage de l'Etat", a ainsi déclaré Françoise Miquel, chef de la mission de contrôle général économique et financier de l'audiovisuel public, selon un compte rendu auquel La Tribune a accédé. De même, deux hauts fonctionnaires de Bercy, qui ont demandé à ce que leur nom ne soit pas cité tout en confirmant la substance de leur propos, ont déploré "l'incapacité [de l'AEF] à respecter les arbitrages de l'Etat", conduisant "l'Etat à demander à la direction de revoir sa copie".

Erreur d'appréciation

Autre critique de Pierre Sellal, secrétaire général du Quai d'Orsay : "l'AEF n'a pas été capable jusqu'à présent de respecter la trajectoire financière", en raison "du contexte concurrentiel, et des difficultés à mettre en oeuvre les synergies nécessaires". Alain de Pouzilhac avait aussi tablé sur une forte augmentation des recettes propres, essentiellement publicitaires. Mais l'AEF a ainsi commis une "erreur d'appréciation, alors que tous les ministères avaient alerté sur ce point", a déploré un haut fonctionnaire du ministère de la Culture. En effet, "il était illusoire de penser que les ressources propres pourraient croître au rythme nécessaire". De même, les responsables de Bercy ont eux aussi jugé le plan d'affaire initial "très ambitieux". Mais "ce modèle risqué a été rapidement mis à mal par les difficultés concrètes à mettre en oeuvre les réformes nécessaires". En pratique, le plan social à RFI prenant du retard, "le calendrier volontariste s'est révélé peu réaliste", et donc l'AEF "n'a pas réussi à mettre en place les synergies envisagées". Les responsables de Bercy se sont aussi interrogé sur "la crédibilité des hypothèses" du plan d'affaires initial, car l'AEF a ensuite proposé des hypothèses assez différentes.

Enfin, ils ont déploré que l'Etat n'ait pas "une vision très précise de ce qui se passe, car l'Etat dispose des seules informations fournies au conseil d'administration. Et l'Etat a du mal à obtenir des réponses à l'ensemble des questions adressées à l'AEF, et les réponses varient dans le temps". Ils comptent donc sur la mission en cours de l'Inspection générale des finances pour "rétablir la confiance dans les informations financières transmises" par l'AEF à l'Etat. Même son de cloche chez Françoise Miquel, qui s'est dite "insatisfaite du niveau d'information reçu par l'Etat", en raison d'un "manque de fiabilité et de finesse de l'information financière". De son côté, Roch-Olivier Maistre, membre du conseil d'administration, a déploré que la direction de l'AEF "ne relaie pas tout ce qui se passe au sein" des filiales RFI, TV5 et France 24.

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Commentaire 1
à écrit le 08/07/2011 à 8:07
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Ceci n'est-il pas un projet voulu par l'ancien président Chirac, tant plébiscité par les français, lui qui aurait voulu créer un "CNN à la française, et qui a fait un flop, ou un pschitt....sauf que c'est le contribuable français qui paye la note. me...

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