Telespazio France fait sa révolution du second écran

Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News

Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News
Imaginez un téléspectateur du Tour de France pianotant sur son smartphone ou sa tablette. Le maillot jaune n'est pas encore connu, mais déjà plusieurs statistiques tombent. Alors que les coureurs cyclistes s'engagent à vive allure sur les plus belles routes de l'Hexagone, la chaîne de télévision diffuse en simultané sur son site Internet des informations relatives à la vitesse d'un coureur ou au positionnement géographique du peloton. Elle offre même la possibilité de manager en temps réel une équipe fictive en compétition, avec des cyclistes, eux, bien réels. C'est la société du second écran, celle du « téléspec-acteur » : un oeil rivé sur la Toile, un autre sur l'écran panoramique de sa télé.
Encore à ses débuts par rapport aux possibilités promises par ces technologies, le phénomène prend de l'ampleur. Selon une étude CSA-NPA Conseil publiée en 2013, 76 % des Français utiliseraient déjà un second écran tout en regardant leur programme télé. Le potentiel publicitaire qui en résulte est non négligeable... car l'exemple du Tour de France peut se décliner à des milliers d'événements sportifs, culturels ou d'actualité. Pour répondre à ces nouveaux défis, Telespazio France, l'un des leaders de services par satellite, est en pole position. Son annonce ne devrait pas passer inaperçue lors du prochain salon de la télévision et des médias, le MIPTV, à Cannes, du 7 au 10 avril, devant un public averti de directeurs des programmes de chaînes de télé et de producteurs.
Certes, la filiale du groupe Telespazio, propriété de l'italien Finmeccanica et du groupe Thales, est plus connue pour ses applications d'observation de la Terre ou dans les télécommunications. Certes encore, ses clients sont des géants de l'énergie tels Total ou Veolia, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), mais également le Cnes. Mais pourquoi ne pas faire des médias un axe de développement ?
Philippe Jouteux, responsable du secteur médias chez Telespazio France, complète :
Le second écran constitue une sacrée occasion, pour la technologie satellitaire et pour la fibre, de se démarquer en offrant un service à forte valeur ajoutée permettant de « s'adapter à un marché des médias en pleine effervescence ».
Une dizaine d'entreprises d'Angoulême ont été sollicitées par Telespazio France pour développer des applications concrètes à partir de la technologie satellitaire. Membres du cluster Pôle Image Magelis ou du collectif Imag'in Space, piloté par l'agence économique Charente développement, ces entreprises vont mener des projets collaboratifs autour du second écran. Elles ont d'ailleurs toutes été repérées pour leur expertise dans les jeux vidéo, les films d'animation ou la capture de mouvement.
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Pour ce passionné de rugby, l'idée serait de proposer au téléspectateur de jouer au même moment à un jeu vidéo lors des arrêts de jeu ou pendant la mi-temps : « Pour l'instant, cela n'est proposé nulle part, même aux États-Unis. »
Mais le plus innovant serait la possible interaction avec l'événement luimême.
L'offre de services satellitaires à forte valeur ajoutée dans le numérique n'en est donc qu'à ses prémices. Le bon moment, par conséquent, pour prendre des positions. C'est en tout cas le pari du vice-président de Telespazio France, Laurent Husson. L'entreprise, qui emploie 350 personnes en France, est déjà positionnée dans la navigation par satellite, notamment aérienne, en étant l'un des opérateurs du système Egnos, qui améliore la précision des signaux de navigation GPS. Dans le domaine des réseaux, l'entreprise assure la connectivité entre les 3600 sites du groupe Intermarché en Europe.
Par ailleurs, Telespazio France est missionnée pour la surveillance d'infrastructures industrielles, notamment pétrolières. La liste des champs d'intervention est encore longue, sauf que « ce marché des applications spatiales revêt encore un fort potentiel, en particulier dans l'observation de la Terre », souligne Laurent Husson. Et de justifier la création l'année dernière d'un « Earth lab » sur le site Aérocampus Aquitaine, près de Bordeaux.
Un investissement d'environ 11 millions d'euros, dont 7 millions sont financés directement par Telespazio France. L'ambition ne s'arrête pas là. Un autre projet d'« Earth Lab », sur le modèle bordelais, est en cours d'installation à Libreville, au Gabon, tandis que des projets sont en cours de discussion au Vietnam, au Luxembourg et en Amérique du Sud.
Un gisement d'applications via le satellite à fort potentiel encore à explorer !
Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News