Le secteur des médias est confronté à de nombreux défis, qu’ils soient démocratiques, éditoriaux ou publicitaires, dans un contexte marqué par une perte de confiance du public. L’émergence de l’intelligence artificielle (IA) et la prolifération des fake news ajoutent une dimension inédite à ces enjeux, comme l’ont souligné les professionnels réunis lors du colloque NPA.« La crise du réel fonctionne en boucle avec la crise de la confiance. L'IA générative donne des illusions du réel et nourrit ce déficit de confiance ». Dans une période d'incertitude institutionnelle, de perspectives économiques assombries et de conflits militaires, le monde fonctionne de plus en plus par bulle, enfermant les médias dans une boucle de défiance.
Lors du 31e colloque NPA organisé en partenariat avec 366, Publicis Média, La Tribune et BFM Business sur le thème « Les Clés de la Confiance », la présentation de la 7e édition de l'étude Françaises Français par Dominique Lévy Saragosse et Edouard Lecerf, coprésidents du cabinet Georges, a servi de carburant aux débats.
Fabrique du consensus et cas particulier de X
Information de proximité, responsabilité des médias publics au service du public, rôle de la TNT en tant que « socle audiovisuel partagé » et intégration de l'IA : à l'approche de l'examen, dès le 17 décembre à l'Assemblée nationale, d'une proposition de loi (PPL) sur la réforme de l'audiovisuel public et la souveraineté audiovisuelle (incluant également des mesures pour le secteur privé), les dirigeants présents ont esquissé les contours du rôle central de l'information, en mettant l'accent sur l'objectivité comme fondement essentiel. Ils ont aussi rappelé l'importance des recettes publicitaires dans l'économie de la presse.
« Le modèle économique des médias est mis à mal. La fin d'année est très dure et impacte l'ensemble du secteur, et l'on risque une période difficile de janvier à juin » anticipe Gautier Picquet, directeur de l'exploitation du groupe Publicis et président de Publicis Media. Lors des États généraux de la communication, il était intervenu sur le risque d'asphyxie que les GAFA faisaient courir à l'économie. « Les annonceurs ont besoin d'information sûre pour investir, mais ce n'est pas du mécénat. Leurs investissements nourrissent une stratégie », ajoute-t-il.