TNT : l'Arcom envisage de regrouper les chaînes d'info
latribune.fr
L’Arcom devrait faire connaître sa décision sur le sujet d'ici à la fin de l'année, « vraisemblablement au début du mois de décembre », selon son président, Roch-Olivier Maistre (Photo d'illustration).
REUTERS
La constitution d'un bloc de chaînes d'information sur la TNT est une « option » considérée « avec attention » par l'Arcom, a indiqué ce mercredi au Sénat son président, Roch-Olivier Maistre. LCI et Franceinfo pourraient ainsi changer de numéro de canal afin d'être plus près de BFMTV et CNews.
Nouveau visage en perspective pour la TNT. Certaines chaînes pourraient voir leur numérotation changer. « La constitution d'un bloc de chaînes d'information » en continu, qui est « posée depuis déjà un certain temps », est « l'une des questions centrales » aux yeux de l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel, a fait savoir ce mercredi son président, Roch-Olivier Maistre, auditionné par la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport du Sénat. Ce serait même, d'après lui, « l'hypothèse la plus probable » qui sera choisie «pour avoir une cohérence dans l'organisation de la plateforme ».
« Le régulateur considère avec attention cette option », a-t-il en tout cas assuré.
Concrètement, cela reviendrait à changer le canal de LCI (canal 26) et de Franceinfo (canal 27) pour les rapprocher de BFMTV (canal 15) et de CNews (canal 16). « Il y a des numéros qui sont susceptibles de se libérer » tandis que le numéro 19 l'est déjà depuis l'arrêt de France O en 2020, a poursuivi Roch-Olivier Maistre.
« Mais ce choix sera fait après dialogue avec les éditeurs », rappelant que,« dès qu'on commence à déplacer un numéro, bien évidemment cela a des conséquences en cascade ».
L'Arcom devrait faire connaître sa décision sur le sujet d'ici à la fin de l'année, en même temps que seront signées les conventions avec les chaînes retenues pour les autoriser à émettre. « Vraisemblablement au début du mois de décembre », a précisé Roch-Olivier Maistre.
La numérotation des canaux TNT est un enjeu stratégique pour les chaînes. Celles qui disposent des premiers canaux captent l'essentiel des téléspectateurs, par habitude, et les « box TV » des fournisseurs internet ont tendance à se calquer sur la numérotation attribuée par l'Arcom.
Parmi les acteurs qui plaident pour la création d'un bloc de chaînes d'info se trouve notamment le patron de l'information du groupe TF1, auquel appartient la chaîne LCI. Pour Thierry Thuillier, cela permettra de « recréer une forme d'équité des chances », a-t-il justifié fin août dans une interview au journal Le Figaro. Il avait ainsi estimé que « la numérotation très lointaine de LCI », était un « handicap ». « Aujourd'hui, nous ne participons pas à la même course : 12 millions de personnes passent quotidiennement sur BFMTV, 9 millions sur CNews, 6 millions sur LCI et 5 sur Franceinfo », avait-il fait valoir.
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Un avis que ne partage pas Nicolas de Tavernost, PDG par intérim de RMC BFM, qui appartient au groupe CMA CGM (propriétaire de La Tribune). « L'intérêt du public c'est de ne pas bouger les numéros » pour ne pas perturber ses habitudes, a-t-il mis en avant fin septembre devant la presse.
Les potentiels changements à venir
Pour rappel, l'Arcom a dévoilé en juillet dernier sa pré-sélection pour la réattribution de 15 fréquences télé en 2025. Parmi les potentiels nouveaux venus : OFTV, du groupe Ouest France, et RéelsTV, de CMI France, appartenant au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Les chaînes toujours en lice n'obtiendront toutefois leur autorisation d'émettre qu'après avoir signé la fameuse convention avec l'Arcom.
Le régulateur de l'audiovisuel a en revanche écarté le renouvellement de NRJ12 et de C8, dont le bail arrive à échéance fin février, et n'a pas retenu la webtélé de gauche radicale Le Média. Les trois chaînes avaient alors saisi le Conseil d'État, qui a rejeté fin septembre leurs recours intentés en référé. Dans trois décisions distinctes, la plus haute juridiction administrative française a toutefois précisé qu'ils seront étudiés sur le fond d'ici fin novembre, ce qui signifie qu'il leur reste une chance de rester sur la TNT.
Si tel n'était cependant pas le cas, cela ne signifierait pas forcément leur disparition totale. Les chaînes pourraient en effet être diffusées ailleurs (internet, box, télés connectées). La TNT, lancée en 2005 en métropole, structure néanmoins encore largement le paysage audiovisuel français et demeure l'unique mode de réception de la télévision pour près de 20% des foyers équipés d'un poste.
Le groupe NRJ Group, propriétaire de NRJ12, a en tout cas prévenu début octobre que si la décision de l'Arcom venait à être entérinée, son conseil d'administration « considère que cela mettrait en cause la viabilité économique de la chaîne et donc son existence ». Et, par ricochet, cela « compromettrait également le modèle économique de Chérie 25 », autre chaîne dans le giron du groupe et qui profite d'une « mutualisation des charges » avec NRJ 12.