Maritima médias seul candidat à la reprise du journal La Marseillaise

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(Crédits : Jeanne Menjoulet - Flickr (CC BY-ND 2.0))
Après quelques jours de doute, finalement une seule offre de reprise du quotidien La Marseillaise, placé en redressement judiciaire en juillet dernier, a été déposée au Tribunal de commerce de Marseille. Elle est portée par Maritima médias, entreprise parapublique qui gère notamment la radio du même nom.

Le calme est revenu dans le paysage médiatique marseillais. Placé en liquidation judiciaire le 13 juillet dernier, La Marseillaise, journal historique de la deuxième ville de France fondé en 1943 par le Parti communiste, attendait depuis avec une certaine inquiétude quel candidat allait déposer une offre pour sa reprise.

Dès le début du mois d'août, Maritima médias annonçait sa candidature via un projet associant des investisseurs privés et publics ainsi que les salariés. Une offre vue d'un bon œil par le syndicat CGT de La Marseillaise.

« La solution présentée par Maritima médias correspond à trois exigences essentielles : la préservation des emplois, du périmètre de la diffusion et de la ligne éditoriale », indiquait dans le quotidien Émilie Parente, déléguée syndicale.

Alors que la date butoir de dépôt des dossiers, fixée au 14 août, se rapprochait, un autre média local envisageait de se porter candidat : son concurrent, La Provence, associé à Xavier Niel, fondateur d'Iliad (Free). Ce qui a suscité la colère des salariés de la Marseillaise. Ces derniers ont manifesté jeudi 13 août devant le siège du journal contre cette offre jugée « hostile ».

Le lendemain, à quelques heures de la clôture du dépôt des offres au tribunal, La Provence annonçait finalement qu'elle ne serait pas sur les rangs. « C'est une satisfaction et un soulagement parce que nous étions très mobilisés contre cette offre hostile », notamment au nom du pluralisme de la presse, a réagi auprès de l'AFP Léo Purguette. Le rédacteur en chef de La Marseillaise a également commenté ce retrait sur Twitter, souhaitant « prospérité » à La Provence et adressant ses « amitiés confraternelles à ses salariés ».

Qui est Maritima, candidat à la reprise de la Marseillaise ?

Maritima comprend une chaîne de télévision locale, une radio très écoutée dans la région et un site internet. Le média, créé en 2010, emploie une quarantaine de personnes au total. Son actionnaire majoritaire est la ville de Martigues (située 30 km à l'ouest de Marseille), dirigée depuis des années par un maire communiste.

Selon Léo Purguette, l'offre portée par Maritima envisage un maintien des effectifs - d'une cinquantaine de personnes -, de la ligne éditoriale et du format. L'idée serait de créer une Société coopérative d'intérêt collectif (Scic) qui s'associerait avec Maritima. Cette Scic impliquerait des salariés, des soutiens qui ont récolté déjà plus de 30.000 euros et des collectivités. Parmi elles, la ville de Martigues mais aussi celle de Marseille et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La maire (EELV) de Marseille, Michèle Rubirola, et le président (LR) de la région Paca, Renaud Muselier, ont chacun signé une lettre d'engagement jointes au dossier déposé. La première s'engage à une participation à hauteur de 20 000 euros dans la société coopérative d'intérêt collectif et le second à 100 000 euros au motif du « respect du pluralisme de l'information locale ».

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Décision début octobre

L'offre doit maintenant être examinée lors d'une audience le 22 septembre, avant une décision du tribunal attendue début octobre. Diffusé à environ 15.000 exemplaires, sous forme d'un quotidien dans les Bouches-du-Rhône, le Var et une partie du Vaucluse, ainsi qu'en hebdomadaire dans le Gard et l'Hérault, La Marseillaise a déjà connu des difficultés financières dans le passé. De 200 personnes en 2014, ses effectifs ont fondu à 50 aujourd'hui.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 18/08/2020 à 4:36 :
Subventionner un journal non viable à la diffusion confidentiel (20 000 ex) au nom d'une pseudo pluralité de l'information , à l'époque d'Internet permet de mesurer à quel point la France avance à contre-courant .
Les martégaux sauront où passe une partie de leurs impôts.
Réponse de le 18/08/2020 à 10:32 :
tous les journaux francais sont deficitaires a part le canard enchaine je crois. La plupart survivent car ils sont la propriete d un homme riche (Dassault/figaro, le monde/Niel) qui s en sert pour accroitre son influence et se preserver (vous verrez jamais dansle figaro un article critique sur les pots de vin dans les marches aeronuatique de dassault par ex)
a écrit le 17/08/2020 à 17:06 :
Ca y est, les communistes vont encore utiliser les deniers publics pour faire leur propagande ...

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