OPA de Vivendi sur Lagardère : pourquoi ce n'est pas gagné
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Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi.
Reuters
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Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi.
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Vivendi a lancé, hier, sa dernière offensive sur Lagardère, dont il est le premier actionnaire avec 27% du capital. Le mastodonte des médias dirigé par Vincent Bolloré a annoncé qu'il comptait lancer une OPA sur le groupe de « travel retail » (essentiellement des boutiques dans les gares et aéroports), d'édition (avec la pépite Hachette) et plusieurs médias (dont les influents Europe 1, JDD et paris Match). Cette opération part d'un accord avec Amber Capital. Le fonds britannique, deuxième actionnaire de Lagardère à hauteur de près de 18%, a décidé de lui vendre ses titres contre un joli chèque de 610 millions d'euros (au prix de 24,10 euros l'action). Jeudi, l'action Lagardère s'est envolé à la Bourse de Paris terminant la séance sur une hausse de 19,45%, à 23,28 euros, soit une capitalisation de 3,27 milliards d'euros.
En mettant le grappin sur les parts d'Amber, Vivendi disposera de 45,1% du capital. En franchissant le seuil de 30%, il sera donc, d'un point de vue réglementaire, dans l'obligation de lancer une OPA sur l'intégralité des titres du groupe. Vivendi s'est donné jusqu'au 15 décembre 2022 pour boucler le rachat des parts d'Amber. De quoi laisser le temps à l'Autorité de la Concurrence et au régulateur de l'audiovisuel, le CSA, de se prononcer sur son projet d'OPA. Leur feu vert est un impératif. Et il est loin d'être gagné.
L'Autorité de la concurrence, en particulier, pourrait juger qu'un rapprochement entre les cadors de l'édition Hachette et Editis, propriété de Vivendi, pose problème. Si le premier est bien plus ancré à l'international que le second, tous deux sont très présents sur le marché français. L'institution de la rue de l'Echelle pourrait imposer différents « remèdes », en clair des cessions d'actifs, pour donner son aval.
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Quoi qu'il en soit, Amber quittera le navire Lagardère. Même si Vivendi écope d'un refus de l'antitrust, le groupe s'est engagé à le payer et à lui trouver un autre acquéreur pour ses titres. C'est la fin d'une histoire pour le fonds britannique, qui est à l'origine de cet épilogue chez Lagardère. Le fonds est entré au capital du groupe en 2011. Avec un objectif clair : déloger son chef de file, l'héritier Arnaud Lagardère. Pendant des années, Amber a dénoncé sa gestion, jugée calamiteuse, et lui a mis la pression pour qu'il abandonne la commandite. Ce statut particulier permettait à Arnaud Lagardère de garder le contrôle total sur son groupe malgré une très faible part du capital.
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