Salto, l'anti-Netflix tricolore (FranceTV, TF1, M6), recrute des centaines de testeurs pour être fin prêt à l'automne
Séverine Rouby, AFP

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La plateforme de vidéo par abonnement Salto, détenue par France Télévisions, TF1 et M6, fera à partir de mercredi ses premiers pas pour une phase de tests fermés au public, avant son lancement commercial cet automne.
Pour se démarquer de la concurrence, notamment américaine, Salto, qui se veut une vitrine de la création française et européenne, mise sur une programmation conçue expressément pour un public français.
Elle proposera des chaînes en direct, des programmes en rattrapage (ou replay) et des contenus à la demande, avec l'ambition de proposer à terme 20.000 heures de programmes (15.000 au démarrage).
Au menu : cinéma, séries (saisons intégrales, avant-premières, US+24...), documentaires, programmes jeunesse, actualités, téléréalité et grands événements, avec des contenus inédits et des séances nostalgie.
A l'instar de Madelen, la plateforme de l'Ina, Salto proposera une éditorialisation adaptée aux "moments de vie" (seul, à deux, en famille) et aux envies (frissons, rire, évasion, super héros...).
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Le prix de l'abonnement, qui devrait être défini d'ici quelques semaines, sera compris entre 5 et 10 euros. Le service sera accessible sur internet ou via les box (des discussions sont en cours avec Orange et Bouygues).
Porté par la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, ce projet inédit réunissant chaînes privées et service public a été annoncé en juin 2018 mais il aura fallu plus d'un an pour qu'il reçoive le feu vert de l'Autorité de la concurrence, le dossier étant passé entre les mains des autorités européennes puis françaises.
Le lancement, prévu dans un premier temps au premier trimestre 2020, avait été repoussé au mois de septembre avec une phase de test le 3 juin.
Mais la crise sanitaire a obligé Salto à des ajustements: le lancement aura lieu à l'automne et la phase de tests n'est plus ouverte au public.
Quelques centaines de testeurs-consommateurs sont en train d'être recrutés via un panel représentatif des publics français.
"On n'a pas ouvert la phase de tests au public car avec l'arrêt des tournages, des post-productions et la suspension des doublages pour les programmes étrangers, nous n'étions plus en mesure de proposer dès le 3 juin l'offre riche et diversifiée attendue", explique Thomas Follin.
Ainsi, les 15.000 heures de programmes visés au démarrage ne sont pas encore au rendez-vous : "On n'est pas encore à 15.000 heures aujourd'hui, mais on sera à 15.000 heures pour le lancement", assure le dirigeant.
"Désormais avec le déconfinement et la reprise des activités, nous pourrons proposer à nos abonnés, dès le lancement commercial à l'automne, une offre de contenus à la hauteur de notre ambition éditoriale", poursuit-il.
Salto prévoirait d'investir 250 millions d'euros sur 3 ans dans les contenus, un budget modeste par rapport aux milliards de Netflix ou Amazon.
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Le service n'a d'ailleurs pas l'ambition de concurrencer ces géants américains et se positionne davantage sur le plan d'Hulu, plateforme créé aux Etats-Unis par les grands réseaux de TV, ou de Britbox, projet britannique similaire.
Mais son lancement intervient sur fond de multiplication des offres de streaming en France, avec l'arrivée d'Apple TV+ fin 2019,celle de Disney+ début avril ou de Madelen en mars.
Selon une récente étude de l'Hadopi, désormais près d'un internaute sur deux (49%) a accès à un , le confinement ayant joué un rôle d'accélérateur.
Séverine Rouby, AFP
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