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« Je suis incroyablement excité. C'est le projet le plus ambitieux de ma carrière. » A 45 ans, Phil Libin, le co-fondateur et ex-Pdg d'Evernote -l'une des premières « licornes » de la Silicon Valley pour avoir révolutionné la collaboration en entreprise grâce à sa suite de logiciels de productivité-, se lance dans une nouvelle aventure. L'entrepreneur devenu investisseur chez General Catalyst (Airbnb, Snapchat...), lance ce lundi à San Francisco, puis à Paris et à Tokyo d'ici à la fin de l'année, sa nouvelle société, All Turtles. Avec une ambition, il est vrai, démesurée : imposer, partout dans le monde, un nouveau modèle de production des innovations.
All Turtles réinvente le modèle des « startup studios », c'est-à-dire ces entreprises, comme eFonders en France ou Rocket Internet en Allemagne, qui aident des entrepreneurs à créer leurs startups en interne avant de les rendre autonomes. L'objectif : supprimer carrément la startup, dont la gestion est une source sans fin de migraines pour les entrepreneurs.
Le concept d'All Turtles vise donc à attirer des entrepreneurs dès le stade de l'idée. Le studio mettra à leur disposition tous les talents nécessaires pour la transformer en produit ou en service commercialisable, puis gèrera sa distribution. Exactement comme le font les studios de télévision HBO, Netflix et Amazon, qui sont une inspiration revendiquée par Phil Libin. Ces studios sont à l'origine du nouvel âge d'or de la télévision car ils ont, d'après Phil Libin, « remis le créateur au centre du processus ». « L'entrepreneur restera propriétaire de son produit, mais il n'aura même pas besoin de créer une structure pour le développer », explique-t-il. S'il souhaite tout de même créer une entreprise, celle-ci restera dans le giron du studio, qui prendra une participation.
Le studio accueillera aussi des startups qui viennent de se lancer, mais qui souhaitent bénéficier de l'expertise de l'équipe menée par les trois cofondateurs Phil Libin, Jessica Collier (ancienne d'Evernote et de la société Copper Technologies) et Jon Cifuentes (ancien journaliste du site tech Venture Beat).
Plusieurs investisseurs -le fonds américain General Catalyst, le japonais Digital Garage- ainsi qu'une poignée d'investisseurs individuels de renom financent le studio, qui se dote dès le début d'une ambition internationale. En 2017, All Turtles s'installera à San Francisco, à Paris et à Tokyo. A partir de 2018, il ouvrira des filiales partout dans le monde, dont le Mexique, l'Europe de l'Est ou encore l'Inde. Son credo : aller chercher les idées innovantes partout dans le monde, et permettre aux entrepreneurs de les réaliser là où ils vivent, même en l'absence d'un écosystème d'innovation fort.
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Le premier studio de All Turtles se concentre sur l'intelligence artificielle. Huit startups l'ont d'ores et déjà rejoint, ainsi que deux projets au stade de l'idée. Certains produits sont déjà sur le marché, à l'image de Growbot (un bot sur Slack pour partager les réussites en entreprise) et Replika (une intelligence artificielle destinée à devenir votre « meilleur ami »). D'autres sont encore au stade du développement. Le studio accueille notamment Butter.ai (un assistant personnel pour partager les informations en interne dans les entreprises), Edwin (un tuteur sur Facebook Messenger pour apprendre l'anglais), Octane AI (bot sur Facebook Messenger pour permettre aux entreprises de communiquer avec leurs cibles), DoNotPay (le premier « robot avocat »), Sunflower Labs (un système intelligent de surveillance du domicile à l'aide de capteurs et de caméras), ou encore la plateforme d'événementiel Leade.rs, créée par le Français Loïc Le Meur (ex-LeWeb).
Jeremy Vandehey, le Pdg de Growbot, considère All Turtles comme « une extension » de son entreprise.
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>Pour aller plus loin, lire l'interview de Phil Libin : « All Turtles va renverser le modèle mondial de production des innovations »
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