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Même si chez Bouygues, on ne fait « aucun commentaire », dixit un porte-parole, la nouvelle fait forcément grincer des dents. Mardi matin, lors de ses vœux à la presse, Stéphane Richard a tenu à faire une mise au point. Et pas des moindres :
Pourquoi ces propos ? Parce que le PDG d'Orange en a visiblement ras-le-bol « de cette façon de toujours présenter, dans le paysage français [des télécoms], Orange et moi en particulier comme une espèce de type qui a la langue qui pend, et qui essaye de s'agiter partout pour faire cette consolidation ». « C'est juste faux », renchérit-il.
Avant de juger que le fait que Martin Bouygues « ait pris l'initiative de rouvrir cette discussion » change la donne. « Il y a une dynamique qui est différente [...], la motivation, je pense, à aller peut-être vers une conclusion, un projet qui tienne la route, est beaucoup plus forte aujourd'hui », poursuit le grand patron.
Problème : ces mots, tenus alors que les deux groupes sont en discussion pour un rapprochement, suscitent des interrogations. Après le refus, en juin dernier, de l'offre de 10 milliards d'euros de Patrick Drahi, à la tête de Numericable-SFR, l'état-major de Bouygues Telecom n'a eu de cesse d'assurer que sa stratégie « stand alone » était viable. Ou en d'autres termes, que l'opérateur était armé pour poursuivre son cavalier seul dans le marché français. N'était-ce qu'un leurre ? Derrière la communication officielle, Martin Bouygues, au fond, doutait-il de cette stratégie ?
Interrogée par La Tribune à ce sujet, Agathe Martin, analyste chez Exane-BNP Paribas, répond avec mesure:
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Puisque pour mémoire, si le deal avec Orange se fait, il est question que Bouygues rentre au capital d'Orange, ce qui lui permettra d'avoir son mot à dire sur la marche de l'entreprise. Tout en gardant, évidemment, un pied dans les télécoms.
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Reste qu'avec son profil actuel, il n'est pas dit que sur le long terme, Bouygues Telecom ne rencontre pas des difficultés en continuant son cavalier seul, comme l'explique Agathe Martin :
Autant de possibilités qui ont pu pousser Martin Bouygues à toquer à la porte de son rival.
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