Les start-up industrielles appellent au financement privé

Laurence Bottero
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Dire qu'elles sont inquiètes est un euphémisme alors que les coups de rabot prévus par le Budget concernant le Crédit Impôt (CIR) et le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) sont de nature à les inquiéter. C'est ce que montre d'ailleurs le baromètre publié ce 6 novembre par Start Industrie, l'association qui regroupe les start-up à vocation industrielle, lequel fait état de 69% d'entre elles confiantes pour leur avenir... Un chiffre d'apparence pas si mauvais mais qui marque néanmoins la crispation qui secoue le secteur de l'innovation industrielle, estime Jean-Philippe Thierry, vice-président de Start Industrie et par ailleurs directeur innovation et industrie du futur de France Industrie.
En plein « brouillard » avoue-t-il sur l'avenir du financement de l'innovation, il évoque des leviers à la fois structurels et conjoncturels pour venir aider au financement. À court terme, le crédit d'impôt à la source et le crédit de versement de TVA sont deux pistes évoquées pour venir rapidement compenser les trésoreries des entreprises. Le crédit de versement de TVA qui est souvent d'ailleurs opéré avec du retard par l'État, parfois jusqu'à 24 mois au lieu de 3 mois consentis, pointe Jean-Philippe Thierry.
D'un point de vue structurel, ces coups de rabots annoncés viennent en opposition avec la volonté de réindustrialisation affichée par l'Etat et alors que le Premier ministre, Michel Barnier, indiquait lors de son discours de politique générale qu'il ne fallait pas « sacrifier l'avenir au présent ».
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Supprimer le statut de JEI, le CIR - qui bénéficie à 60% des entreprises selon Start Industrie - ou encore le Crédit Impôt Innovation (CII) ferait courir le risque au pays de casser la dynamique de réindustrialisation poussée, entre autres, par France 2030, dynamique à laquelle les start-up industrielles participent largement, répète Jean-Philippe Thierry. « La réindustrialisation repose sur plusieurs aspects et notamment sur l'innovation, qu'elle soit de rupture ou pas. Nous comprenons qu'il faille assainir les comptes de l'État, mais il ne faut pas sacrifier ces investissements d'avenir ».
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