Télécoms : nouveaux déboires pour MTN au Nigéria

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Une publicité pour MTN au Nigéria.
Une publicité pour MTN au Nigéria. (Crédits : Reuters)
Après l’affaire des « SIM fantômes », en 2015, qui lui a valu une énorme amende, le géant des télécoms MTN vient à nouveau d’être épinglé par Abuja. La Banque centrale du Nigéria (CBN) a récemment demandé à l’industriel sud-africain de restituer plus de 8 milliards dollars dans ses caisses, suite à des transferts d’argent jugés illégaux.

Pas facile, décidément, de mener ses affaires au Nigéria. Du moins pour MTN, le géant sud-africain des télécoms, qui vient une nouvelle fois de se faire remonter les bretelles pour des pratiques jugées illégales. La semaine dernière, la Banque centrale du Nigéria (CBN) lui a demandé de restituer la bagatelle de 8,13 milliards de dollars dans ses caisses. Pourquoi ? Parce que l'opérateur aurait, selon l'institution, procédé à des transferts d'argents sans respecter les règlements. Comme le rapporte l'AFP, les quatre banques qui ont effectué ces transferts, entre 2007 et 2015, n'auraient pas rempli les formulaires nécessaires, ou auraient eu recours à des titres frauduleux. Ces dernières, au passage, ont également écopé d'une prune de 5,87 milliards de nairas (environ 14 millions d'euros).

MTN va forcément devoir négocier avec les autorités nigérianes pour régler ce différend. L'enjeu est énorme : dans la mesure où la chute de la monnaie nigériane (qui a perdu presque 50% de sa valeur entre aujourd'hui et la période sur laquelle les accusations de la CDN sont portées), un rapatriement d'espèces sonnantes et trébuchantes lui ferait perdre quasiment la moitié de cette somme... En outre, ce mardi, le Nigéria a de nouveau sorti la sulfateuse envers l'opérateur. Abuja lui a réclamé le paiement de 2 milliards de dollars d'arriérés d'impôts. Le groupe sud-africain, pour sa part, a rétorqué dans un communiqué qu'après « un examen approfondie », son antenne nigériane « pense avoir totalement payé les montants dus dans le cadre de ce différend fiscal ».

Une précédente amende 1,7 milliard de dollars

Au Nigéria, MTN continue donc de collectionner les déboires et les difficultés. En 2015, le groupe de télécoms avait écopé d'une gigantesque amende dans l'affaire dite des « SIM fantômes ». Pour lutter contre le terrorisme, le gouvernement avait demandé aux opérateurs de débrancher leurs millions de cartes SIM non-identifiées. Premier opérateur du pays, MTN, qui comptait 63 millions d'abonnés avant l'opération, devait en débrancher 18,6 millions. Mais il ne s'est pas totalement mis en conformité dans les temps. La sanction ne s'est pas faite attendre : dans la foulée, le régulateur nigérian lui a infligé une amende de 5,3 milliards de dollars. Laquelle, après négociations, a été réduite à 1,7 milliard de dollars.

Pour MTN, le Nigéria est un marché stratégique, son premier en Afrique. Il est donc hautement improbable qu'il décide de s'en aller et de claquer la porte. Reste que ses difficultés viennent plomber le climat des affaires, et pourraient décourager beaucoup d'investisseurs de se lancer sur ce marché, miné par la corruption et l'absence d'une réglementation à jour.

(avec AFP)

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