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France Télécom : la dette dégradée pour la première fois depuis 2002

Delphine Cuny

Publié le 30 octobre 2012 à 14:16

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L'agence de notation Fitch vient d'abaisser de A- à BBB+ la note de l'opérateur historique, ce qui n'était pas arrivé depuis une décennie. Le durcissement de la concurrence sur le marché français, depuis l'arrivée de Free Mobile, pèse sur les cash-flows.

Le spectre de la dette revient-il hanter France Télécom? L'agence Fitch Ratings vient d'annoncer la dégradation de la note de l'opérateur historique, d'un cran, de « A-» à « BBB+ », en raison de la forte concurrence sur son marché domestique qui pèse sur les cash-flows (lire le communiqué). Standard & Poor's et Moody's notent France Télécom un cran au-dessus, à « A- » et « A3. » Ce n'était pas arrivé depuis dix ans qu'une agence abaisse la note de l'opérateur historique, depuis le réaménagement de la dette négocié par Thierry Breton en 2002. La semaine dernière, le PDG, Stéphane Richard avait annoncé une forte baisse du dividende, de plus de 40%, notamment dans le but de maintenir un « bilan solide et sain », et s'était engagé à maintenir un ratio d'endettement de 2 fois l'excédent brut d'exploitation (dette nette/Ebitda).

La faute de Free Mobile et des taxes
Le sacrifice du dividende n'aura donc pas suffi. En juin dernier, France Télécom se targuait encore d'avoir « la note la plus élevée du secteur », lors d'un road-show en Israël, ex-aequo avec Vodafone. Ce n'est plus le cas. Désormais à BBB+, l'opérateur français se trouve « au niveau de Deutsche Telekom et dans les mieux notés de tous les opérateurs, et notre perspective est stable, donc il n'y aura pas d'autre dégradation » tempère un porte-parole. La raison de cette dégradation : l'intensification de la concurrence sur son principal marché, la France, qui pèse encore pour 49% du chiffre d'affaires. Stéphane Richard a indiqué que « le choc gigantesque » de l'arrivée du 4e opérateur mobile se traduirait par une chute des prix de 20% sur deux ans. Sans nommer directement le 4e entrant, Free Mobile, Fitch souligne que l'Ebitda réalisé en France, qui a déjà reculé de 1 milliard en trois ans, va rester sous pression dans les années à venir. Le taux de free cash flow du groupe avant dividende (hors achats de fréquences) pourrait descendre sous les 10%, contre 13,7% en 2011 et 14,6% en 2010. L'agence relève que la facture fiscale de France Télécom risque d'augmenter, ce qui pourrait encore davantage peser sur la génération de trésorerie. Pour autant, Fitch note que la situation de liquidité de France Télécom est saine, couvrant largement toutes ses dettes jusqu'en 2016.

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Un climat économique défavorable pour la 4G et la fibre
Du côté des investissements, à l'heure où France Télécom déploie la 4G, le très haut débit mobile, et la fibre optique, l'agence s'interroge sur la capacité du groupe à se différencier de la concurrence et à faire payer ses clients davantage pour ces services. « L'exploitation commerciale de ces services en est encore à ses débuts, il est trop tôt pour déterminer si cette stratégie pourra réussir dans les prochaines années » estime l'agence. Si elle reconnaît l'importance à long terme de ces investissements, Fitch considère que « le climat économique actuel n'est pas favorable à un tel investissement, les consommateurs n'étant peut-être pas disposés à augmenter leurs dépenses télécoms en période d'austérité. » Pour Stéphane Richard, « il faut absolument trouver un premium de prix dans la fibre » et « l'on en prend bien le chemin » avait-il ajouté jeudi dernier lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats du troisième trimestre.

Delphine Cuny

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