Bouygues Telecom autorisé à racheter La Poste Telecom par l'Autorité de la concurrence
latribune.fr
Avec cet accord, Bouygues Telecom doit accroître sa base de clients et se renforcer dans le mobile et dans le fixe en s'appuyant sur le réseau de distribution de la Poste sur tout le territoire.
Eric Gaillard
Bouygues Telecom autorisé à racheter La Poste Telecom par l'Autorité de la concurrence
L'Autorité de la concurrence a donné son feu vert à la prise de contrôle par Bouygues Telecom de l'opérateur de téléphonie mobile La Poste Telecom, détenu par le groupe La Poste et SFR, qui doit encore donner son aval.
Bouygues Telecom a passé un premier barrage dans le cadre du rachat de La Poste Telecom, cinquième opérateur du marché français de la téléphonie mobile, avec 2,3 millions de clients. L'Autorité de la concurrence, qui « a écarté tout risque d'atteinte à la concurrence lié à l'opération sur les marchés concernés », a autorisé lundi l'acquisition « sans conditions », selon un communiqué.
Le régulateur précise avoir été notifié par Bouygues Telecom de son projet de rachat de La Poste Telecom le 12 juillet, cinq mois après que la filiale du groupe Bouygues a annoncé être en négociations exclusives pour prendre le contrôle de l'opérateur virtuel pour 950 millions d'euros.
Pas d'atteinte à la concurrence
L'Autorité « a considéré que l'opération n'est pas de nature à porter atteinte à la concurrence », « en raison des parts de marché limitées de La Poste Telecom », selon le communiqué. « Elle a également tenu compte de la concurrence exercée principalement par les MNO (principaux opérateurs de téléphonie, ndlr) concurrents de Bouygues Telecom : Orange, SFR et Free ».
L'Autorité indique aussi avoir « écarté le risque » que Bouygues Telecom ne dégrade ou refuse l'accès à son réseau aux opérateurs virtuels (ou MVNO) concurrents de La Poste Telecom, qui ne disposent pas d'infrastructures et louent les réseaux des mastodontes du secteur.
Les opérateurs virtuels en bonne santé aujourd'hui, en dehors de La Poste mobile, sont spécialisés dans des niches. Lycamobile et Lebara visent les appels vers le Maghreb, l'Asie ou l'Amérique latine. Bazile s'adresse aux seniors. Et Transatel est destiné aux habitants des zones frontalières avec la Belgique et la Suisse.
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La marque conservée
L'accord prévoit aussi que La Poste garde la maîtrise de la distribution de la marque au sein des bureaux de poste, l'un des atouts de l'opérateur : La Poste est en effet l'une des entreprises publiques auxquelles les Français sont le plus attachés, surtout en zone rurale.
« Grâce à cet accord, Bouygues Telecom pourra accroître sa base de clients et se renforcer dans le mobile et dans le fixe en s'appuyant sur le réseau de distribution de la Poste sur tout le territoire », commentait en février le directeur général de Bouygues Telecom, lors de l'annonce de la candidature à cette acquisition.
« La Poste ne souhaite pas apporter de commentaire » à l'annonce de l'Autorité de la concurrence, a-t-elle réagi, sollicitée par l'AFP. Le groupe La Poste avait annoncé mi-janvier avoir entamé « une réflexion sur l'évolution du capital » de sa filiale lancée en 2011 et détenue à 51% avec SFR, co-actionnaire (49%) qui lui fournit son réseau.
L'aval de SFR encore nécessaire
Outre l'accord de l'Autorité de la concurrence, ce rachat nécessite encore l'aval de SFR, engagé à fournir le réseau de La Poste Telecom jusqu'à fin 2026. SFR dispose d'un droit de préemption sur les parts en vente en priorité. La filiale du groupe Bouygues déplorait fin mai les « divergences » opposant les co-actionnaires sur les « modalités de réalisation »de l'opération. « Cela peut avoir un impact sur le timing, pour pouvoir connaître la date à laquelle les choses vont finir », indiquait alors Olivier Roussat, directeur général du géant français de l'immobilier.
Fin juillet, Bouygues Telecom annonçait avoir vu son chiffre d'affaires baisser de 1% au premier trimestre, à 3,785 milliards d'euros, mais maintenir ses objectifs pour 2024. Fin mars, le parc forfait mobile de l'opérateur atteignait 15,5 millions de clients, soit 17.000 clients de plus sur trois mois, dans un marché « en croissance modérée ». Concernant la téléphonie fixe, l'opérateur a atteint 3,7 millions d'abonnés à la fibre de bout en bout à fin mars, soit un gain de 134.000 abonnés sur le premier trimestre.