Huawei supprime 600 postes aux Etats-Unis

Huawei a justifié ces suppressions de postes par la « réduction des opérations » découlant des sanctions américaines à son égard.
Rodrigo Garrido

Huawei a justifié ces suppressions de postes par la « réduction des opérations » découlant des sanctions américaines à son égard.
Rodrigo Garrido
Huawei continue de broyer du noir aux États-Unis. Le géant des équipements télécoms et numéro deux mondial des smartphones a annoncé mardi qu'il allait supprimer un grand nombre de ses troupes au pays de l'Oncle Sam. Au total, 600 collaborateurs sur les 750 que compte sa filiale Futurewei Technologie, un de ses centres de recherche et développement, vont faire leurs cartons. La semaine dernière, le Wall Street Journal avait levé le voile sur ces coupes d'effectifs, qui interviennent dans un climat de défiance de la Maison-Blanche vis-à-vis du fleuron chinois des télécoms.
Huawei a justifié ces suppressions de postes par la « réduction des opérations » découlant des sanctions américaines à son égard. Au printemps dernier, Donald Trump a signé un décret visant à interdire Huawei de se fournir en technologies américaines, dont il est dépendant pour ses affaires. L'exécutif juge que Huawei n'est pas un groupe de confiance, et l'a banni du juteux marché de la 5G. Il craint que ses infrastructures télécoms soient utilisées à des fins d'espionnage ou de cyberattaques par Pékin. Ce que Huawei a toujours démenti.
Même si Donald Trump a récemment mis de l'eau dans son vin, en indiquant qu'il pourrait atténuer ses sanctions, Huawei est désormais en difficulté et a déjà pris des mesures pour réduire la voilure. « Oui, (les ventes de smartphones) ont baissé de 40% » depuis la mi-mai et l'annonce des sanctions américaines, a déclaré Ren Zhengfei, le chef de file et fondateur de Huawei le mois dernier. Le dirigeant a également indiqué qu'il allait très fortement réduire sa production d'environ 30 milliards de dollars cette année et en 2020. Un traitement de cheval au regard du chiffre d'affaires du groupe, qui se situait à un peu plus de 100 milliards de dollars l'an dernier.
En outre, il n'est pas du tout dit que l'administration américaine calmera le jeu vis-à-vis du groupe chinois. Surtout depuis qu'en début de semaine, le Washington Post a révélé que Huawei a aidé la Corée du Nord à bâtir son réseau mobile. Le quotidien américain a affirmé que Huawei avait noué des partenariats avec une société d'État chinoise, Panda International Information Technology. Les deux sociétés ont, selon le Post, secrètement collaboré sur plusieurs projets en Corée du Nord pendant huit ans. Huawei pourrait, en clair, essuyer de nouvelles sanctions. De fait, le groupe utilise dans ses produits des composants américains, et pourrait donc être accusé d'avoir violé des dispositions encadrant les exportations envers le régime de Pyongyang.
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