Smartphones : en Europe, Oppo veut prendre l’aspiration de Huawei

Oppo
Reuters
L'aspiration, c'est ce phénomène qu'on retrouve notamment en sport automobile. Cela permet à une voiture qui roule juste derrière un concurrent d'accélérer beaucoup plus vite, car la résistance à l'air est moindre. Sous ce prisme, le fabricant de smartphones chinois Oppo, qui a annoncé mardi 19 juin qu'il se lançait sur le marché européen, ne va pas se faire prier pour appuyer sur le champignon derrière son grand rival Huawei. Pourquoi ? Parce que les dirigeants d'Oppo comptent profiter du rôle de défricheur qu'a joué Huawei sur le Vieux Continent.
Il faut dire que ce dernier, qui s'est lancé en marque propre dans les smartphones il y a un peu plus de cinq ans, mise gros ces dernières années sur l'Europe pour doper ses ventes. Pour y arriver, Huawei a développé, année après année, des terminaux de plus en plus haut-de-gamme. Surtout, en parallèle, l'industriel n'a pas lésiné sur la communication pour redorer son blason et apparaître comme un groupe innovant. Son objectif : chasser l'étiquette, qui lui a un temps collé à la peau, d'un groupe chinois low cost, qui ne serait bon qu'à copier les leaders du secteur Samsung et Apple.
Voilà pourquoi, depuis plusieurs années, Huawei met systématiquement les petits plats dans les grands lorsqu'il sort de nouveaux terminaux. Pour le lancement de ses derniers smartphones de référence, les P20 et P20 Pro, le géant chinois s'est offert, en mars dernier, rien de moins que la nef du Grand Palais à Paris ! Et aujourd'hui, en pleine Coupe du monde de football, il s'est payé Antoine Griezmann, l'attaquant star de l'équipe de France, pour vanter ses produits dans les affiches du métro de la capitale.
La stratégie d'Oppo est limpide : il compte capitaliser sur ce travail effectué en amont par Huawei pour plus facilement séduire les Européens. Alen Wu, le vice-président d'Oppo en charge de l'international, ne s'en cache pas - même s'il se garde bien, forcément, de citer son rival.
Sur le fond, Oppo - à l'instar de ses rivaux Xiaomi et OnePlus qui se lancent eux-aussi en Europe -, voit dans le Vieux Continent une belle opportunité d'étoffer sa clientèle, alors que le marché chinois s'essouffle. Aujourd'hui, selon Gartner, il est le cinquième vendeur de smartphones dans le monde (avec une part de marché de 7,3% au premier trimestre), juste derrière Xiaomi (7,4%), mais loin derrière Huawei (10,5%), Apple (14,1%) et Samsung (20,5%).
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En outre, alors que la guerre commerciale fait rage entre les États-Unis et la Chine, l'Europe constitue probablement, aux yeux des fabricants chinois, un espace commercial plus amical. Tous ont en mémoire les déboires de Huawei, qui a jeté l'éponge au pays de l'Oncle Sam après avoir tenté, pendant des années, d'y faire son nid. Et c'est sans compter sur les difficultés de l'équipementier télécoms chinois ZTE, dont l'activité pâtit gravement des sanctions américaines.
La semaine dernière, lors d'une table ronde sur l'Internet à très haut débit à Paris, Shi Weiliang, le patron de Huawei France, a confirmé que l'Europe constituait la priorité de son groupe :
Le message a le mérite d'être clair.
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