Huawei choisit Paris pour lancer ses nouveaux smartphones

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Richard Yu, le président de la division Huawei Consumer Business, a longuement vanté le nouvel appareil photo de ses nouveaux terminaux.
Richard Yu, le président de la division Huawei Consumer Business, a longuement vanté le nouvel appareil photo de ses nouveaux terminaux. (Crédits : DR)
Le géant chinois des télécoms et des mobiles a convié plus de 1.500 journalistes au Grand Palais pour le lancement mondial de ses derniers smartphones haut-de-gamme : les P20 et P20 Pro. Le groupe compte sur ses nouveaux bébés pour tailler des croupières à Apple et Samsung sur le Vieux Continent, alors qu’il peine toujours à se lancer aux Etats-Unis.

Huawei a encore une fois vu les choses en grand. Pour le lancement mondial de ses nouveaux smartphones haut-de-gamme, les P20 et P20 Pro, le géant chinois s'est offert ce mardi un cadre à la hauteur de ses ambitions : la nef du Grand Palais, à Paris. Sous la plus grande verrière d'Europe, devant environ 1.500 journalistes, Richard Yu, le président de la division Huawei Consumer Business, a vanté les mérites de ses nouveaux bébés, à grand renfort de vidéos projetées sur un écran géant et d'une sono poussée à bloc. Si Huawei a choisi ce décor, c'est parce que Paris est une référence « pour la mode, le nouveau terminal ayant une certaine élégance », argue un de ses communicants.

Bref, Huawei veut jouer la carte du « design », martèle que ses produits sont « magnifiques », et n'hésite pas à comparer ses terminaux à des objets de « luxe » pour tailler des croupières à ses rivaux identifiés, Samsung et Apple. D'ailleurs, lors de cette conférence de presse géante, Richard Yu a passé le plus clair de son temps à dézinguer copieusement et systématiquement ses concurrents. L'événement s'est apparenté, sous ce prisme, à un pilonnage à l'arme lourde. À l'écouter, ses P20 et P20 Pro font de meilleures photos, ont une meilleure ergonomie, se chargent plus vite et sont plus puissants que le S9 du chaebol sud-coréen et l'iPhone X de la marque à la pomme. Huawei, qui s'est hissé en quelques années à la troisième place des vendeurs de smartphones dans le monde, n'en fait pas mystère : il vise, à terme, la place de numéro un. Selon les chiffres du cabinet Gartner, le géant chinois a écoulé 150 millions de terminaux dans le monde l'an dernier, pour une part de marché de près de 10%. Tandis que Samsung et Apple en ont vendu respectivement 321 et 214 millions.

Un appareil photo de qualité « professionnelle »

Le choix de Paris pour ce lancement n'a rien d'anodin. Huawei semble vouloir jouer sur l'image que renvoie la Ville lumière à l'étranger pour se positionner comme un acteur haut-de-gamme et innovant. Sous cet angle, le choix de communiquer dans la capitale française constitue vraisemblablement un atout pour éviter d'être considéré comme un nouvel acteur chinois low cost. Ce n'est pas la première fois que le groupe organise un grand événement à Paris. Pour le lancement de son dernier smartphone phare sur le marché français, il y a tout juste un an, Huawei avait organisé une soirée dans l'ancienne rédaction emblématique du journal Libération, près de la place de la République. Pour l'occasion, le géant chinois avait arrangé les locaux d'une façon singulière, y installant notamment un bar à champagne et une piscine à balles...

Quoi de neuf avec ces P20 et P20 Pro ? À en croire Richard Yu, ces terminaux seraient d'abord dotés du « meilleur appareil photo du marché », lequel a été pensé pour « la photographie professionnelle ». Pour convaincre les journalistes, le dirigeant n'y est pas allé de main morte : il a passé quelques 53 minutes, sur un peu plus d'une heure et demie de conférence, à vanter son « triple capteur photographique avec un module principal de 40 mégapixels », dopé à l'intelligence artificielle et fruit d'une collaboration avec le fabricant allemand Leica. Sur scène, Richard Yu a même invité une photographe de mode, Mel Bles, pour défendre la bête. « L'appareil photo a parfaitement répondu à mes besoins, c'est ça qui est le plus important », a-t-elle clamé au micro, devant ses récents clichés de la Tour Eiffel réalisés au P20.

Un Mate RS au prix fou de 2.095 euros

Avec ses nouveaux terminaux, Huawei continue de jouer la carte du haut-de-gamme à prix un peu plus modéré que ses concurrents Samsung et Apple. Ainsi, ses P20 et P20 Pro sont proposés à partir de respectivement 649 et 899 euros. Mais en parallèle de ces deux smartphones, Huawei a dégainé un nouveau terminal au prix hallucinant : le Mate RS Porsche Design, développé avec le constructeur allemand, dont le prix va de 1.695 à 2.095 euros ! De quoi dépasser, de loin, l'iPhone X, dont le prix exorbitant de 1.159 euros sur le Vieux Continent avait beaucoup fait jaser. Pour justifier un tel tarif, Richard Yu s'est contenté d'affirmer que ce Mate RS était tout bonnement « le smartphone le plus luxueux du monde ». Parmi les innovations proposées, celui-ci dispose notamment d'un lecteur d'empreinte digitale directement sur l'écran.

Avec ce lancement mondial dans l'Hexagone, Huawei montre qu'il fait du Vieux Continent sa priorité. Et ce, alors qu'il éprouve toutes les peines du monde à se lancer aux États-Unis. Aux pays de l'Oncle Sam, il est confronté depuis plusieurs années à un exécutif qui ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Récemment, un projet de partenariat avec le géant du mobile AT&T pour distribuer ses smartphones a capoté. Juste avant, des élus du Congrès avaient fait part de leur préoccupation concernant « l'espionnage venant de Chine, et particulièrement par le rôle de Huawei ». De quoi susciter l'ire de Pékin, qui a accusé Washington d'édifier « des barrières invisibles sous le prétexte de préserver la sécurité nationale ». Quoi qu'il en soit, Huawei n'a pas d'autres choix, aujourd'hui, que de miser sur l'Europe pour grandir sur le marché hautement concurrentiel des smartphones.

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Commentaires
a écrit le 27/03/2018 à 21:33 :
C'est très difficile, mais lorsque c'est possible, je n'achète pas Chinois. J'ai été étonné de lire que des acheteurs potentiels refusent d'acheter une Volvo depuis que ce fabricant est devenu 100% Chinois. Ils doivent être minoritaire, mais c'est un bon début. Nous devrions faire la m^me chose avec les produits turques afin de calmer Erdogan.
Réponse de le 28/03/2018 à 9:00 :
pareil, je n'ai pas confiance.
Réponse de le 28/03/2018 à 16:04 :
Moi aussi je voudrais ne pas acheter chinois ou du moins pas trop ! Le problème dans ce cas c'est que tous les téléphones sont fabriqués en Chine . A moins que vous connaissez des marques qui font fabriquer ailleurs.

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