Telecom Italia riposte à Niel et Bolloré

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Vivendi, le groupe de Vincent Bolloré, est progressivement monté au capital du groupe pour en devenir le premier actionnaire avec un peu plus de 20%. Xavier Niel, le patron d'Iliad, vient à son tour d'acquérir des options pour potentiellement prendre la deuxième place.
Vivendi, le groupe de Vincent Bolloré, est progressivement monté au capital du groupe pour en devenir le premier actionnaire avec un peu plus de 20%. Xavier Niel, le patron d'Iliad, vient à son tour d'acquérir des options pour potentiellement prendre la deuxième place. (Crédits : © Max Rossi / Reuters)
L'opérateur italien proposera en décembre à ses détenteurs d'actions d'épargne de les échanger contre des actions ordinaires. L'opération, visant à simplifier la structure du capital, est interprétée par la presse italienne comme une tentative de diluer les parts des deux actionnaires français.

Telecom Italia tente de contrer la gourmandise des Français. Le conseil d'administration de l'opérateur italien a donné jeudi 5 novembre son feu vert à une opération de conversion d'actions qui permettra de générer de la trésorerie et potentiellement de diluer les participations de ses principaux actionnaires, Xavier Niel et Vincent Bolloré.

Vivendi, le groupe de Vincent Bolloré, est progressivement monté au capital du groupe pour en devenir le premier actionnaire avec un peu plus de 20%. Xavier Niel, le patron d'Iliad, vient à son tour d'acquérir des options pour potentiellement prendre la deuxième place.

Si l'ensemble des six milliards d'actions d'épargne ou actions à dividende prioritaire (ADP) sont converties en actions ordinaires, la participation de Vivendi sera ramenée à un peu moins de 14%, selon les calculs de Reuters. Le groupe français s'est refusé à tout commentaire, affirme l'agence.

Une manœuvre?

Dans un communiqué, Telecom Italia a fait valoir que l'opération simplifierait la structure de son capital, augmenterait son flottant et sa liquidité en Bourse et contribuerait au financement d'investissements dans ses réseaux mobiles et fixes. Mais le quotidien financier Il Sole 24 Ore y voit davantage une manœuvre destinée à "diluer la position dans l'actionnariat des actionnaires Vivendi (...), et de Xavier Niel (...)".

Le groupe proposera une action ordinaire pour chaque titre d'épargne apporté, avec un versement de 9,5 centimes en sus. Les actions non apportées seront converties dans le cadre d'une offre d'échange obligatoire à raison de 0,87 action ordinaire pour chaque titre d'épargne. Si toutes les actions sont apportées à l'offre, l'opération permettra à Telecom Italia de lever environ 573 millions d'euros, selon les calculs de Reuters.

La conversion permet aussi à l'opérateur d'éviter de payer de coûteux dividendes, que les porteurs d'ADP -bien que privés de droit vote- sont habilités à recevoir. Telecom Italia, qui a passé le dividende cette année pour les détenteurs d'actions ordinaires, a ainsi dû verser 166 millions d'euros aux porteurs d'ADP.

Le bénéfice opérationnel en baisse

Les actionnaires seront appelés à se prononcer en décembre sur ces mesures qui se justifient par le fait que l'écart de cours entre les deux classes d'actions dépasse les 20% depuis le 23 octobre.

Telecom Italia a également fait état jeudi soir d'une baisse de 14,8% de son bénéfice opérationnel sur neuf mois, comme attendu par les analystes, l'amélioration de ses opérations en Italie n'ayant pas compensé une nouvelle détérioration au Brésil, le deuxième plus gros marché du groupe. L'endettement net s'élevait à 26,8 milliards de dollars (24,6 milliards d'euros) à fin septembre, en baisse de 188 millions par rapport à la fin du deuxième trimestre.

(Avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 07/11/2015 à 13:26 :
Télécom Italia élimine au contraire les obstacles. Bien entendu une justification pseudo défensive permet de faire passer la pilule tout en la justifiant. L'italien une fois cette normalisation faite achètera avec les économies réalisées une bonne partie des titres flottants pour replacer la part de chacun au proche de la situation de départ. C'est en effet un endettement qui est si peu valorisé ici, ce qui pondère considérablement la partie valorisable de la clientèle. Le groupe sait qu'il ne peut attendre 20 ans pour se débarrasser de sa dette qui, partant de très haut a déjà quelque peu fondu. Il doit donc obligatoirement vendre a qui saura gérer cette équation. C'est donc d'un travail fin qu'il s'agit plus que d'une bataille de capitaines. Tout le monde y a intérêt et donc tout le monde s'y prête. La partie italienne veut dégager ses capitaux pour les réorienter vers un segment à levier positif - on comprend que les dette correspond à un pillage qui a déjà été effectué qu'il s'agit de faire disparaître- tout en préservant une intégrité tarifaire pour le pays comme la sûreté financière de l'opération. Il n'y a donc pas de fanfaron dans ce dossier.
a écrit le 06/11/2015 à 9:31 :
Article très peu claire : le journaliste a oublié toute la partie explication pour ceux qui ne connaissent pas la situation :
Quels titres ont acheté vivendi et niel ? Combien de voix par titre ?
Quel dividende ?

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