Verizon lance son premier réseau commercial 5G aux États-Unis

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Pour lancer son service, Verizon a recouru à sa propre norme propriétaire, baptisée 5G TF. L’industriel précise qu’il compte étendre « rapidement » sa zone de couverture, et proposer sa solution, dès que possible, à de nouvelles villes.
Pour lancer son service, Verizon a recouru à sa propre norme propriétaire, baptisée "5G TF". L’industriel précise qu’il compte étendre « rapidement » sa zone de couverture, et proposer sa solution, dès que possible, à de nouvelles villes. (Crédits : Yves Herman)
Le géant américain des télécoms a lancé son service « 5G Home » dans les villes de Houston, Indianapolis, Los Angeles et Sacramento. Celui-ci permet, concrètement, à certains habitants de bénéficier d’un service Wi-Fi ultra-rapide à la maison.

Il s'appelle Clayton Harris, habite à Houston, et est, selon Verizon, « le premier client 5G au monde ». Dans un communiqué publié ce lundi, le géant américain du mobile affirme avoir donné le coup d'envoi de son service « 5G Home » dans plusieurs villes du pays de l'Oncle Sam. D'après l'industriel, celui-ci est « officiellement opérationnel pour les consommateurs de certaines parties de Houston, Indianapolis, Los Angeles et Sacramento ». Il ne s'agit pas, pour ces clients estampillés « First on 5G » par Verizon, de 5G en mobilité, mais bien d'un service Internet à très haut débit à la maison, « offrant un accès Wi-Fi ultra-rapide ». Quoi qu'il en soit, le déploiement de ce nouveau réseau permet à Verizon de clamer haut et fort qu'il est à l'initiative du « premier service commercial 5G au monde ».

Dans son communiqué, Verizon précise que son objectif a toujours été de proposer la 5G aux consommateurs dès que possible. Or, les standards de la 5G sont encore en cours d'élaboration. Pour lancer son service, Verizon a donc recouru à sa propre norme propriétaire, baptisée « 5G TF ». L'industriel précise qu'il compte étendre « rapidement » sa zone de couverture, et proposer sa solution, dès que possible, dans de nouvelles villes.

Une réponse au tandem Sprint-T-Mobile US

Reste que le service de Verizon apparaît, finalement, peu révolutionnaire. Il ne s'agit, ici, que d'un service Internet fixe basé sur une technologie mobile. Verizon n'est d'ailleurs pas le seul opérateur américain à miser sur la 5G pour, notamment, concurrencer les câblo-opérateurs. Ses rivaux Sprint et T-Mobile US, qui veulent se marier, ont clairement fait du déploiement de la 5G - et de son usage pour l'Internet fixe - la pierre angulaire de leur projet. Dans une vidéo publiée au printemps dernier, Marcelo Claure, président exécutif de Sprint, a justifié ainsi cette stratégie agressive dans l'ultra-haut débit mobile :

« Saviez-vous que d'après les derniers chiffres de la FCC [le gendarme américain des télécoms, Ndlr], qui datent de 2016, 51% des Américains n'ont qu'un seul opérateur à leur disposition pour accéder à l'Internet fixe ?, a-t-il lancé. Avec notre réseau 5G d'envergure nationale, on peut mettre fin à cela, apporter une vraie concurrence et baisser les prix partout. »

La 5G, un enjeu de leadership économique

Sous ce prisme, le nouveau service « 5G Home » de Verizon vise probablement aussi à couper l'herbe sous le pied d'un possible nouvel ensemble T-Mobile US-Sprint.

Lire aussi : T-Mobile-Sprint : le deal qui pourrait chambouler le marché américain du mobile

L'initiative témoigne également, d'un point de vue plus macroéconomique, de la volonté des États-Unis de damer le pion à la Chine. Les deux pays se sont engagés dans une course pour déployer au plus vite la 5G. Pour les États-Unis, cette technologie est perçue comme vitale pour préserver sa domination économique dans les années à venir. Aux yeux de Washington, c'est la capacité du pays de l'Oncle Sam à lancer très tôt des services 4G performants qui a permis aux géants Google, Amazon, Apple et autres Facebook de prospérer et d'étendre leurs services à l'international.

La Chine, elle, voit dans la 5G une rampe de lancement pour ses propres « big tech », et un moyen de rivaliser, à terme, avec les cadors américains du Net.

Lire aussi : Course à la 5G : bras de fer tendu entre les États-Unis et la Chine

L'offensive de Verizon va, à n'en point douter, donner matière à réflexion à l'Union européenne. Laquelle, en matière de 5G, avance en ordre dispersé, comme l'a récemment déploré Sébastien Soriano, le patron de l'Arcep, le régulateur français des télécoms, dans nos colonnes. En France, « peut-être que certains [opérateurs] ne sont pas très pressés de lancer la 5G », a-t-il déclaré. L'Arcep n'est pas le seul à tirer la sonnette d'alarme. Pour beaucoup d'observateurs, l'UE et la France - qui tablent sur des premiers déploiements commerciaux en 2020 - ont pris du retard. Ce qui pourrait, au final, être préjudiciable à l'économie du Vieux Continent.

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