Vivendi accuse Elliott de vouloir « démanteler » Telecom Italia

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Elliott a réclamé la révocation de six membres du conseil, proches de Vivendi, lors de l'assemblée générale prévue le 24 avril, et leur remplacement par six Italiens.
Elliott a réclamé la révocation de six membres du conseil, proches de Vivendi, lors de l'assemblée générale prévue le 24 avril, et leur remplacement par six Italiens. (Crédits : Remo Casilli)
Le groupe français Vivendi, principal actionnaire de Telecom Italia (Tim), a accusé mardi le fonds américain Elliott de vouloir "démanteler" l'opérateur, en pleine bataille entre les deux actionnaires au sujet de la stratégie à adopter pour Tim.

Le géant des médias a sorti la sulfateuse. Le groupe français Vivendi, principal actionnaire de Telecom Italia (Tim), a accusé mardi le fonds américain Elliott de vouloir "démanteler" l'opérateur, en pleine bataille entre les deux actionnaires au sujet de la stratégie à adopter pour Tim.

"Elliott affirme soutenir la stratégie d'Amos Genish [le directeur général de Tim, Ndlr] mais veut en réalité imposer une orientation nouvelle et différente, centrée sur le démantèlement du groupe", a affirmé Vivendi dans un document publié mardi sur son site internet.

Vivendi essuie depuis plusieurs semaines le feu croisé des critiques du fonds activiste, de cabinets de conseil aux actionnaires et du gouvernement italien : Vivendi a notamment été qualifié de "très mauvais actionnaire" par le ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda, dans un entretien publié lundi par le quotidien La Repubblica.

Le groupe français s'est défendu dans son document avec un plaidoyer énumérant ses contributions à Telecom Italia, pour qui il affirme disposer d'un projet à long terme, et a prononcé un réquisitoire contre les projets d'Elliott. Le fonds américain qui détient depuis peu 8,8% de Tim (et une participation potentielle de 13,7% en tenant compte des options d'achat) veut remettre en cause le contrôle de Vivendi sur le conseil d'administration de l'opérateur. Il a notamment dénoncé la "mauvaise gestion" de Vivendi et "la sous-performance profonde et durable de l'action" Tim, qui a perdu 35% entre l'arrivée des membres de Vivendi au conseil d'administration en décembre 2015 et l'annonce de l'entrée d'Elliott.

Baisse sensible du bénéfice

Vivendi a répondu à ces accusations en arguant que l'action s'est redressée "par rapport à celle des autres opérateurs télécoms, surperformant ses pairs de plus de 17% depuis juin 2017 (sur la base de l'indice STOXX Europe 600/Télécommunications)".  D'après le groupe français, "Telecom Italia était en extrême difficulté lorsque Vivendi a commencé à investir dans l'entreprise il y a trois ans", et Vivendi a rappelé y avoir injecté 4 milliards d'euros. Dans son document, Vivendi promet au gouvernement italien "le meilleur des deux mondes", à savoir une stabilité sur le long terme et l'engagement à ce que Telecom Italia "demeure une entreprise italienne avec une gouvernance et une représentation italiennes".

Elliott a réclamé de son côté la révocation de six membres du conseil, proches de Vivendi, lors de l'assemblée générale prévue le 24 avril, et leur remplacement par six Italiens. En 2017, le bénéfice net de Tim a baissé de 38% à 1,1 milliard d'euros mais son chiffre d'affaires a progressé de 4,2%, à 19,8 milliards, des résultats que Vivendi a qualifié de "records".

(avec AFP)

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