Telecom Italia débute la scission de son réseau Internet fixe

 |   |  601  mots
La nouvelle structure, dénommée NetCo, sera indépendante de Telecom Italia, et disposera de son propre conseil d’administration et de son propre management.
La nouvelle structure, dénommée NetCo, sera indépendante de Telecom Italia, et disposera de son propre conseil d’administration et de son propre management. (Crédits : Stefano Rellandini)
L’opérateur historique italien va séparer son réseau Internet fixe, qui va se muer en une entité juridiquement distincte du reste de ses activités. Cette décision vise notamment à apaiser les tensions avec Rome, qui appelait depuis des mois à un tel traitement de cheval.

Le processus est enclenché. Telecom Italia a annoncé ce mardi qu'il démarrait son projet de scission de son réseau Internet fixe. Concrètement, l'opérateur historique dont Vivendi est le premier actionnaire, va transformer cet actif en une entité juridique distincte du reste de ses activités, mais dont il gardera le contrôle. La nouvelle structure, dénommée NetCo, aura sur le papier son indépendance. Elle disposera ainsi de son propre conseil d'administration et de son propre management. Dans un communiqué, Telecom Italia précise que NetCo garantira un accès équitable à son réseau Internet fixe à tous les opérateurs. Autrement dit, cela signifie que Telecom Italia ne sera pas, a priori, favorisé de quelque manière que ce soit vis-à-vis de ses concurrents de l'autre côté des Alpes.

Cette lourde et importante décision apparaît comme un moyen, pour Telecom Italia et son premier actionnaire Vivendi, de se rabibocher avec Rome. De fait, l'arrivée du géant français des médias au capital de l'opérateur historique (dont il possède 24,9%) a été largement critiquée par le gouvernement. Celui-ci souhaite notamment que Vivendi admette qu'il a bien pris le contrôle de l'opérateur. Ce que le groupe de Vincent Bolloré a toujours réfuté. En septembre dernier, la Consob, l'autorité italienne des marchés financiers, a jugé que Vivendi contrôlait de fait Telecom Italia. Mais l'opérateur et Vivendi ont contesté cette considération, même si ce dernier a reconnu exercer des activités de « direction et de coordination » au sein de l'opérateur. Ce désaccord est intervenu dans un contexte électrique entre Paris et Rome, après la décision du gouvernement français de nationaliser, cet été, les chantiers navals STX France au détriment de l'italien Fincantieri.

Telecom Italia rejoint BT

Depuis, le gouvernement italien a décidé d'utiliser ses pouvoirs spéciaux (« golden power ») sur Telecom Italia - ce qui lui permet, au nom de la préservation des secteurs stratégiques, de mettre son veto à certaines opérations, cessions d'actifs ou encore prise de contrôle d'une entreprise. Puis, dans la foulée, Rome a appelé à cette fameuse scission du réseau Internet fixe de l'opérateur historique. Dans une interview à Repubblica TV mi-octobre, le ministre italien de l'industrie, Carlo Calenda, s'est montré on ne peut plus clair :

« Oui, oui, (le réseau fixe) devrait être séparé et mis en Bourse (...) afin que le marché puisse juger par lui-même », a-t-il lancé.

Dans la foulée, il a ajouté qu'il ne voyait pas d'inconvénient à ce que Telecom Italia dispose d'actionnaires étrangers, mais à condition que ceux-ci « arrêtent de [les] traiter comme une colonie ».

Avec la scission de son réseau Internet fixe, Telecom Italia va rejoindre un autre opérateur historique qui a récemment fait de même : le britannique BT. En mars 2017, le groupe a annoncé qu'il allait transformer Openreach, sa filiale réseau, en une entité juridique distincte. Cette décision est intervenue au terme d'un long bras de fer entre BT et l'Ofcom, le régulateur des télécoms outre-Manche. Ce dernier plaidait depuis des mois pour cette séparation, autant pour éliminer les pratiques anticoncurrentielles de BT vis-à-vis de ses rivaux, que pour doper les investissements les réseaux. Sachant que, depuis 2005, Openreach avait déjà l'obligation de permettre aux opérateurs alternatifs d'accéder à ses infrastructures dans les mêmes conditions que sa maison-mère. Mais après enquête, l'Ofcom a jugé que BT demeurait, malgré tout, favorisé.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/03/2018 à 18:07 :
Que la volonté de Bruxelles soit faite,amen....
Réponse de le 29/03/2018 à 8:21 :
Eliott pas Bruxelles

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :