La cinquième vague déferle sur la France, les discothèques doivent même stopper leurs activités pour quatre semaines. Le secteur du loisir indoor, pas (encore?) concerné par une obligation de fermeture mais déjà très affaibli par 18 mois de crise, fait face à une déferlante d'annulations. Inquiètes, les entreprises de la filière régionale lancent un cri d'alarme et demandent à l'Etat de clarifier sa position à leur sujet d'une part, et d'autre part, de les soutenir financièrement dans ces nouvelles difficultés.Bis repetita. Comme l'année dernière à la même époque, le secteur du loisir indoor fait grise mine, Avec une différence de taille que souligne Olivier Richard, propriétaire des Yellow Jump (trampoline park) de Saint-Etienne et Givors : " jusqu'en juin dernier, nous étions complètement fermés. C'était clair et net, nous avions une interdiction d'ouvrir nos établissements. Aujourd'hui, nous avons le droit de travailler mais, dans le même temps, le gouvernement fait passer le message aux entreprises d'éviter les festivités de fin d'année. Rien n'est imposé, rien n'est obligatoire mais le résultat est là", constate-t-il.
Quel résultat ? "Depuis quinze jours, le téléphone ne sonne plus que pour des annulations", soupire Garance Damart. L'entrepreneuse stéphanoise est à la tête de deux escape games (1909 Escape et Green Escape game) et d'une agence événementielle. Avec 17 salariés au total.
"Et pourtant, le mois de décembre s'annonçait plutôt bon, nous avions un carnet bien rempli. D'un seul coup, tout s'est arrêté...".
Même constat douloureux du côté de Vincent Baÿ, gérant de l'escape game Challenge The Room à Grenoble (18 salariés; CA 2019 : 800.000 euros/CA 2021 : 400.000 euros) : "Nous avions de belles semaines qui s'annonçaient devant nous, nous avions même dû refuser des demandes. Mais là, nous enregistrons 80% d'annulations sur les groupes liés aux entreprises. C'est la même chose pour toutes les entreprises du collectif grenoblois que nous avions lancé l'année dernière pour nous entraider...".
Une activité particulièrement saisonnière
Un vrai coup dur donc pour un secteur du loisir indoor, à l'activité très saisonnière et dont les mois d'hiver sont traditionnellement les meilleurs, en particulier le mois de décembre avec les arbres de Noël, les fêtes d'entreprises, les sorties entre collègues etc. Des mois d'hiver qui permettent normalement de regonfler les trésoreries avant les mois d'été plus calmes.
Stéphanie Gallo Triouleyre