Alors que la colère agricole qui frappe l'Hexagone depuis plusieurs semaines, un projet de Sécurité sociale de l'alimentation porté à Grenoble par la municipalité écologiste rassemble un collectif d’acteurs de la solidarité et de l’alimentation. Il prévoit qu'en échange d'une cotisation, chaque personne ou foyer reçoive une somme forfaitaire qu'elle pourrait ensuite dépenser au sein d'un réseau de magasins locaux et conventionnés.Lors du dernier conseil municipal, la Ville de Grenoble a voté une délibération cadre pour le lancement de la Sécurité sociale de l'alimentation (SSA). Une nouvelle organisation du système alimentaire, s'inspirant du régime de la sécurité sociale, mais dédié au domaine de la santé.
«Nous cherchons à répondre à un double enjeu : premièrement, la question de l'accès, dans la ville, à des produits sains, issus d'un mode de production durable pour la planète, tout en répondant à l'enjeu de la précarité agricole, avec des aliments rémunérateurs pour ceux qui les produisent »,explique Antoine Back, maire adjoint délégué à la stratégie alimentaire.
Concrètement, en échange d'une cotisation, chaque personne ou foyer recevra une somme forfaitaire qu'elle pourra dépenser ensuite dans un réseau de magasins conventionnés.
Le concept de SSA est défendu par un collectif national, avec l'objectif de repenser le système alimentaire, entre besoins des consomateurs et des producteurs. En Isère, le collectif SSA 38, issu de la société civile, travaille sur le sujet depuis 2022. il a été rejoint par une soixantaine d'acteurs locaux de l'alimentation et de la solidarité comme le groupement d'achat Au Local, l'épicerie La Bonne Pioche, Point d'eau ou le Secours Populaire.
1 à 1 500 bénéficiaires dans un premier temps
Si le SSA grenoblois entend préserver un principe d'universalité, permettant à chacun d'y avoir accès, la montée en charge sera cependant progressive. La première année, selon les modélisations, entre 1.000 et 1.500 personnes devraient pouvoir en bénéficier.
« C'est totalement inédit, beaucoup plus que les autres projets, mais cela ne correspond qu'à 1% de la population grenobloise », précise l'élu. Les foyers devraient être choisis pour représenter la mixité grenobloise, avec une cotisation en fonction des ressources : le mode de calcul précis n'est pas encore défini.