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Conclave préparatoire en prélude au Forum de coopération Afrique-Chine

Aboubacar Yacouba Barma

Publié le 07 mars 2018 à 11:05 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:14

Infrastructures Kenya Chine chantier voie ferree

Infrastructures Kenya Chine chantier voie ferree

Reuters

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Une soixantaine d’experts venus de plusieurs pays du Continent ont échangé, ce mardi 6 mars, sur les perspectives de la coopération sino-africaine. Organisée par l’Institut Amadeus et l’ambassade de Chine au Maroc, la rencontre vise à évaluer le partenariat entre l’Afrique et la Chine, puis à formuler des recommandations pour une coopération mutuellement bénéfique en prélude au prochain Forum de coopération Afrique-Chine (FOCAC), prévu en septembre prochain en Chine.

La capitale du Maroc a accueilli, ce mardi 6 mars, une conférence d'experts sur la coopération sino-africaine. La rencontre, conjointement organisée par le think thank marocain Amadeus et l'ambassade de la Chine au Maroc, a réuni une soixantaine d'experts en provenance de plusieurs pays du Continent et a été l'occasion, selon ses organisateurs, d'installer la plateforme de réflexion destinée «à contribuer à préparer au mieux le prochain forum des dirigeants d'Afrique et de Chine sur la coopération sino-africaine».

Après Johannesburg en 2015, le 6e Forum de coopération Afrique Chine (FOCAC) est prévu au mois de septembre prochain en Chine et selon Brahim Fassi-Fihri, le président de l'Institut Amadeus, au regard des enjeux géostratégiques de l'heure, il est apparu nécessaire de participer au «dialogue collectif en cours autour du renforcement des relations sino-africaines, solides et fort prometteuses».

C'est dans ce cadre qu'intervient la rencontre de Rabat au cours de laquelle les participants ont passé en revue la dynamique de coopération sino-africaine, ainsi que le bilan de la mise en œuvre des résolutions émises lors de la 5e édition du FOCAC tout en abordant l'ensemble des thématiques clés et des enjeux sino-africains en vue du prochain Sommet.

Durant la journée de réflexion, des diplomates, politiciens, acteurs économiques et universitaires, venus d'Afrique et de Chine, ont échangé sur les principales thématiques prévues à l'ordre du jour et autour desquelles se structure le partenariat entre l'Empire du Milieu et l'Afrique. Il s'agit notamment de la coopération en matière économique et de développement des investissements, des mécanismes politiques, du développement humain et transfert des compétences ainsi que de la coopération en matière de paix et de sécurité. Des sujets d'actualités majeures au niveau mondial et qui revêtent un intérêt commun entre les deux partenaires.

Nouvelles perspectives de coopération

Après le FOCAC de Johannesburg à l'occasion duquel la Chine s'est engagée à financer 10 projets majeurs sur le Continent pour une enveloppe de 60 milliards de dollars sur trois ans, le Sommet Afrique-Chine de 2018 s'annonce sur de nouvelles promesses.

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C'est en effet le premier sommet de dirigeants sino-africains, après la mise en œuvre de la nouvelle stratégie d'expansion chinoise initiée par le président Xi Jinping. Il s'agit de l'initiative «One Belt, One Road» (OBOR), plus connue par la désignation «nouvelle route de la soie». Plusieurs pays africains ont d'ailleurs adhéré à l'initiative qui s'appuie également sur plusieurs marchés africains comme le Kenya.

Le Maroc, premier pays africain, à se greffer à l'initiative, entend ainsi partager son expérience avec les autres pays africains en se basant sur les résultats qu'il a enregistrés en matière de coopération avec la Chine. Le Royaume est le deuxième bénéficiaire des IDE chinois après l'Afrique du Sud, avec 36 milliards de dirhams enregistrés en 2016 et 81 projets d'investissement recensés la même année, contre 139 pour l'Afrique du Sud.

«Le Maroc et Chine se sont engagés à renforcer leur coopération multidimensionnelle à travers la mise en place d'un partenariat institutionnaliste stratégique, notamment suite aux initiatives du roi Mohammed VI», a souligné le président de l'Institut Amadeus, avant d'ajouter que de nouveaux projets verront prochainement le jour, comme la méga-cité technologique et industrielle «Mohammed VI Tanger Tech» qui va nécessiter un investissement de plus d'un milliard de dollars avec à la clé la présence d'entreprises chinoises et la création de 100 000 postes d'emplois locaux.

Pour Ibrahim Fassi-Fihri, le contexte est donc propice au développement de la coopération sino-africaine, d'autant que l'Afrique peut tirer davantage de bénéfices de l'expérience chinoise en matière de développement. «Il ne s'agit toutefois pas d'importer le modèle chinois», a jugé nécessaire d'ajouter le président d'Amadeus, l'institut qui organise chaque année les Medays à Tanger.

C'est du reste ce qu'a mis en avant l'ambassadeur de la Chine au Maroc, Li Li, pour qui «les Chinois sont convaincus que changer de mentalité, c'est changer de destin». Le diplomate chinois qui a souligné que grâce aux résultats enregistrés depuis la première édition du FOCAC, la dynamique de coopération entre la Chine et l'Afrique dispose de réelles opportunités de développement pour faire face aux enjeux de l'heure et de prendre en compte les défis de demain. L'ambassadeur a également rappelé que ces dernières années, la Chine a accordé un intérêt particulier à l'industrialisation et à la modernisation de l'agriculture africaine.

Des pistes pour une coopération «win-win»

Les participants à la conférence ont par la suite débattu de la présence chinoise en Afrique, ainsi que des perspectives de coopération en mettant surtout l'accent sur l'impact du partenariat sur le développement de l'Afrique et sur la prospérité des populations. L'idée est de décliner des propositions et des recommandations pour que la coopération soit mutuellement avantageuse.

«Dans cette perspective, il est souhaitable que la coopération chinoise privilégie le renforcement industriel de l'Afrique et le développement de son capital humain», a estimé Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali. Selon l'expert malien, il est temps de procéder à une évaluation précise des impacts et des résultats de la coopération sino-africaine notamment sur l'industrie du Continent et sur «la diffusion du progrès dans le corps social».

Pour Mara, les échanges entre la Chine et l'Afrique sont certes denses, mais elles restent toujours caricaturées par les échanges des matières premières qu'exporte l'Afrique vers la Chine qui lui vend en retour des produits manufacturés.

«La valeur ajoutée est donc relativement marginale» pour les pays africains, a fait savoir Moussa Mara qui a étayé ses arguments par les infrastructures de transports construites par la Chine en Afrique et qui pourraient être vus sous le prisme «de moyens de transport d'évacuation des matières premières». Or, a-t-il estimé, c'est en termes «d'inclusivité, de renforcement de la compétitivité des économies africaines et surtout de leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales» que pourraient être jaugées les retombées de ce partenariat assez fructueux sur le vécu des populations africaines.

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La question de l'intégration notamment des PME locales qui peuvent jouer un rôle important dans les nouvelles perspectives de coopération ont d'ailleurs été au centre des  échanges. Au sortir de la rencontre, les recommandations ont donc visé à proposer des alternatives pour une prise en compte de ces aspects dans les prochains engagements que souscriront les deux parties lors du 7e FOCAC pour «une coopération mutuellement bénéfique et un partenariat "win-win" au service de la prospérité des populations».

Aboubacar Yacouba Barma

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