« Dans un monde qui se referme, l’énergie peut encore rassembler »
Hasnaine Yavarhoussen

Photo d'illustration
DR
Hasnaine Yavarhoussen

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Alors que les barrières douanières ressurgissent, que le multilatéralisme vacille et que les grands équilibres économiques se redessinent, une certitude demeure : c'est par la coopération que se construit un développement durable. Le sommet des chefs d'Etat de la Commission de l'Océan Indien, qui se tient à Antananarivo ce 24 avril prochain en présence du président Emmanuel Macron, envoie un signal fort dans cette direction.
Dans un contexte où les échanges bilatéraux entre Madagascar et la France dépassent désormais le milliard d'euros par an, des partenariats concrets sont attendus dans des secteurs clés dont l'énergie. Et pour cause : l'accès à une électricité stable et durable est l'un des piliers de la transformation économique et de l'intégration régionale.
A Madagascar, seulement 36% de la population a accès à l'électricité. L'objectif du gouvernement d'augmenter ce taux à 80% nécessitera plus de 7,2 milliards de dollars US d'investissements. 4,5 milliards sont attendus du secteur privé. Ce défi colossal est aussi une formidable opportunité : celle de structurer un développement résilient, pensé à l'échelle régionale, ancré dans les besoins concrets des populations.
L'électrification n'est pas un simple chantier technique. C'est un accélérateur de compétitivité pour les entreprises, un catalyseur d'emplois, un socle pour l'industrialisation, l'innovation, la santé, l'éducation, ou encore le numérique. Une meilleure couverture électrique permet aux services publics de fonctionner, aux entrepreneurs de se développer, aux talents de rester. Le retour sur investissement est tangible, mesurable, durable.
Les obstacles sont connus : coûts élevés, réseaux vétustes, mécanismes de financement insuffisants. Pourtant, les solutions existent : hybridation des centrales, mini-réseaux, partenariats public-privé, innovations dans le stockage ou la distribution. Les initiatives sont nombreuses. Il faut désormais accélérer, structurer et déployer ces solutions à l'échelle régionale.
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Cela exige une stratégie collective, fondée sur deux piliers : une mobilisation accrue des bailleurs de fonds et un soutien clair aux opérateurs privés capables de livrer des projets viables, adaptés aux contextes locaux.
L'électrification n'est pas une fin en soi. C'est un levier. Celui d'un développement partagé, souverain et intégré. Dans un monde qui se referme, c'est aussi un moyen de continuer à construire des ponts là où d'autres dressent des murs.
Le sommet d'Antananarivo est l'occasion de franchir un cap. Saisissons-la.
Hasnaine Yavarhoussen