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Hafsat Abiola : « Ma priorité est de faire de Women in Africa Intiative une instance représentative de la qualité du leadership féminin africain »

Propos recueillis par Maimouna Dia

Publié le 01 juillet 2018 à 08:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:47

Hafsat Abiola

Hafsat Abiola

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Hafsat Abiola, militante des droits de l’homme et des droits civiques, est depuis le 5 juin 2018 la présidente exécutive de Women in Africa (WIA) Initiative. Créée en 2016, la plateforme est la première de ce genre dédiée au développement économique et au soutien des femmes africaines leaders et à fort potentiel. Parmi les membres de première heure de WIA, Hafsat Abiola -qui a reçu de nombreuses distinctions, dont celle du leader mondial de l'avenir au Forum économique mondial de Davos en Suisse en 2000-...

La Tribune Afrique : Vous venez de prendre la tête de WIA initiative. Vous avez certainement un programme prédéfini à exécuter après votre nomination. Quels sont les axes prioritaires de ce programme ?

Hafsat Abiola : Ma priorité est parvenir à bien structurer l'organisation, afin d'en faire une instance représentative de la qualité du leadership de la femme africaine. Je pense que l'un des défis les importants que nous devons relever est de favoriser, d'aider au développement du leadership féminin au niveau du continent. Ce que nous constatons, c'est que les jeunes sont peu engagées dans cette voie. Et nous n'avons pas non plus des leaders capables de manager, d'influencer, de convaincre leurs pairs de s'engager sur ce combat. Je pense que nous devrons travailler davantage sur cet aspect-là. En dépit de ces contraintes, au sein de WIA, nous avons développé une plateforme de mentoring où les femmes entrepreneurs bien établies et expérimentées peuvent accompagner, coacher les femmes nouvellement venues. C'est également une plateforme où chaque femme peut être supportée par l'une de ses paires. C'est un outil permettant à toutes les femmes de joindre celles qu'elles souhaitent aborder, dans le réseau, quelles que soient les spécialités. Nous pensons que de cette manière, nous participons à aider les femmes à combler le gap, en termes de connaissances et en enquérir davantage: Les femmes doivent avoir accès à plus de connaissances et de compétences. L'idée est de les amener à s'améliorer et à être plus aptes à mettre en avant leur leadership. Ceci passera en partie par la formation. Lors de notre rencontre prévue à Marrakech, du 27 au 29, nous allons discuter d'éducation, de formation, mais aussi chercher des solutions afin de contribuer plus efficacement au développement industriel du continent africain.

La recherche de financement est l'un des défis majeurs de l'entreprenariat féminin, est -ce que WIA initiative accompagne les femmes africaines dans cette quête de fonds ?

Oui, nous sommes en train de travailler avec nos partenaires pour rencontrer et supporter les femmes entrepreneurs sur ce volet. Cette année, nous allons accompagner 54 femmes entrepreneurs sur 54 pays africains. Ce qui revient à une femme par pays. Nous soutenons ces femmes dans la perspective de rendre leurs affaires, leurs entreprises plus fortes. Nous procédons de cette manière, mais je suis convaincue que nous pouvons encore apporter plus. Ici, il s'agit surtout de trouver les moyens pour couvrir les coûts des mois et années à venir en termes de financement. Nous voudrions surtout trouver le moyen de rendre plus attractifs les investissements et les financements des femmes entrepreneurs en Afrique.

Qu'en est-il de la formation ? Est-ce que vous formez les femmes entrepreneurs. et comment s'organise cette formation sachant que vous êtes dispersées un peu partout sur le continent ?

Bien que les femmes membres de WIA soient réparties un peu partout sur le continent, nous parvenons tout de même à organiser des sessions de formation avec nos partenaires, parce que nous sommes convaincues que l'éducation et la formation sont parmi les choses dont la femme entrepreneur a le plus besoin. Pour garantir ces formations, nous avons noué des partenariats avec des entreprises, des institutions locales qui prennent en charge la formation de base des femmes entrepreneurs. Nous avons des formations de base, notamment en gestion, marketing et management, mais aussi des formations en MBA entre autres. Nous sommes en partenariat avec des institutions africaines qui se chargeront de former 54 femmes entrepreneurs. Comme je vous l'ai dit auparavant, WIA va aussi organiser cette année une conférence les 27 et 29 septembre à Marrakech au cours de la rencontre nous allons organiser des rencontres et nouer des partenariats avec des entreprises et organismes pour qu'elles puissent collaborer et former des femmes entrepreneurs dans les domaines techniques, par exemple.

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WIA est une initiative créée par des femmes et pour des femmes. Mais qui sont vos partenaires ? Qui participe au financement de l'initiative ?

Nous sommes une organisation avec beaucoup de partenaires entreprises qui nous supportent. Il arrive que ces entreprises envoient des femmes de leurs équipes pour former les femmes de WIA. Notre organisation est présente dans différents pays africains et plusieurs entreprises établies dans ces pays soutiennent les antennes locales de WIA. Nous sommes aussi soutenues par des œuvres et organismes philanthropiques. La dernière source de financement de WIA provient de ses membres, les femmes entrepreneurs elles-mêmes. Ce sont là nos principales sources de financement.

Lancée en 2016, WIA est une initiative jeune. Avez-vous une vision de ce que vous voulez en faire sur le moyen et long terme. Avez-vous des modèles d'organisations internationales qui vous inspirent ?

Nous souhaitons avoir un impact sur le continent. Dans la première année, nous voudrions compter dans nos rangs des femmes entrepreneurs, des femmes leaders dans plus de 18 pays du continent où nous sommes présentes. Nous souhaiterions allez plus loin encore. La première étape est d'instituer une organisation dirigée par ses membres, capables d'élaborer des programmes à leur initiative, dans leurs régions respectives en Afrique. C'est l'une des raisons pour laquelle, nous avons prévu des rencontres annuelles ou nous pouvons nous asseoir et planifier nos actions. Nous sommes avant tout une institution de développement du leadership féminin et nous sommes contraintes de travailler sur des sujets en rapport avec les réalités locales. Le travail fait au Kenya n'est pas forcément celui qui est fait au Maroc. Chaque programme doit être élaboré et exécuté en collaboration avec les équipes locales. C'est un travail d'équipe qui doit toutefois impacter les communautés de femmes de la localité en question.

Juste pour revenir sur une question. Combien durera votre mandat à la tête de WIA initiative ?

Il n'y a pas eu d'élection avec un terme. Donc, il ne peut pas y avoir de mandat avec une durée à respecter. C'est juste une nomination à un poste.

En tant que président de WIA, une initiative dédiée à la femme entrepreneur africaine, quel message lanceriez-vous à toutes les femmes du Continent, entrepreneurs ou non, mais qui aspirent à une autonomie financière ?

Mon message à ces femmes qui veulent être indépendantes financièrement est qu'elles ont besoin du courage et de beaucoup d'engagement. Je leur dis qu'elles ont une large gamme d'opportunités à saisir, que ce soit dans les services, la transformation, les banques, la bureautique, etc. Mais elles devront se battre et aller vers ces opportunités à leur portée. Nos pays africains regorgent de bonnes affaires inexploitées. C'est à nous d'en profiter pour créer nos propres emplois. C'est de cette manière que l'on parvient à l'indépendance financière. Pour finir, j'encourage les femmes à porter une attention particulière à leur environnement, d'être à l'écoute pour pouvoir saisir les opportunités et voir là où elles seront en mesure de contribue.

Mais nous savons tous que malgré toute la bonne volonté, l'accès au financement reste l'un des défis majeurs de l'entreprenariat féminin ?

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Ce que nous conseillons aux femmes entrepreneurs est d'essayer de s'autofinancer au tout début du moins, en sollicitant l'appui de la famille et des amis par exemple. Elles doivent également veiller à ouvrir un compte de l'entreprise pour éviter le piège de mettre les avoirs de l'entreprise dans un compte personnel où l'on pioche quand on veut. Après une année voire deux ans d'activités, on peut prétendre à des financements bancaires et nous sommes là pour les appuyer dans leurs démarches. À ce stade, où il peut y avoir plusieurs possibilités de financement.

Propos recueillis par Maimouna Dia

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