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Charles Kié : «Je ne pouvais pas lancer un projet financier et rester patron d'Ecobank Nigeria»

Photo de Mounir El Figuigui

Ristel Tchounand

Publié le 16 mars 2019 à 11:45 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:50

charles kié

charles kié

DR.

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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Expert financier et ex-patron d’Ecobank Nigeria, l’Ivoirien Charles Kié est aujourd’hui aux commandes de New African Capital Partners qu’il a cofondé en novembre dernier avec le Bissau-guinéen Paulo Gomes, ex-directeur exécutif pour l’Afrique subsaharienne à la Banque mondiale. Dans cette interview, Kié revient sur son expérience précédente au sein d’Ecobank et sur les projets du nouveau fonds d’investissement NACP.

La Tribune Afrique : Riche d'une longue expérience dans la finance en Afrique et au-delà, vous venez de lancer une plateforme, New African Capital Partners (NACP) d'investissement qui a vocation à accompagner les entreprises des quatre coins du Continent. Mais vous n'avez jamais communiqué sur son poids financier. A combien se chiffre-t-il ?

Charles Kié : Au moment où nous avons démarré nos opérations, nous avions déjà pris l'initiative de nous investir dans un projet d'acquisition d'une plateforme bancaire en Afrique. Et vous devinez bien que faire l'acquisition d'une plateforme bancaire qui couvre plusieurs pays et plusieurs zones de réglementation bancaire nécessite forcément des fonds propres qui se chiffrent en multiples centaines de millions de dollars. Et nous avons eu -au moment où nous nous sommes lancés- la capacité de mobiliser ces ressources, afin d'être à même de participer au processus et faire une offre ferme. C'est donc pour vous dire que dès le démarrage, nous avons eu la possibilité de mobiliser des ressources importantes et nous allons continuer pour les investissements futurs que nous entendons faire.

Cela me donne l'occasion de préciser que le positionnement que nous avons choisi consiste à identifier quelques PME africaines qui ont la vocation de s'internationaliser et surtout qui ont la vocation de devenir de vrais champions dans leurs secteurs respectifs. L'accompagnement que nous leur apportons -aussi bien en fonds propres qu'en outils organisationnels et de gouvernance- est une main tendue pour une perspective de long terme.

Les investisseurs sont-ils uniquement issus du Continent ?

Il est toujours un peu difficile de parler de façon spécifique et individuelle des investisseurs, mais ce que je peux vous dire c'est que ceux qui ont pris le pari de travailler avec nous sont des personnes qui croient en l'Afrique, qui ont compris qu'il est important de s'appuyer sur des Africains qui connaissent l'environnement et qui ont l'expérience de ces marchés, pour investir dans les domaines qui les intéressent. Ils ne sont pas exclusivement africains, même si nous avons fait le choix de privilégier l'investissement africain, parce que nous croyons que, plus que jamais, les Africains doivent démontrer leur capacité à investir sur leur Continent, afin d'attirer l'investissement qui vient d'ailleurs. C'est cela l'approche que nous allons développer au fur et à mesure de l'expansion de notre plateforme.

Ces investisseurs représentent des entités qui ont relativement fait le choix d'être discrètes sur leurs investissements. Mais ce que je peux vous dire, c'est que leur engagement à nos côtés est un signe de la confiance qu'ils ont dans l'avenir de notre Continent.

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Vous avez établi vos quartiers à Port-Louis. Pourquoi Maurice ?

Plusieurs véhicules financiers qui ont la vocation, comme le nôtre, d'intervenir sur plusieurs marchés en Afrique -et quelques fois dans d'autres pays émergents- font le choix d'une plateforme financière qui offre aussi bien la flexibilité que les conditions d'attractivité nécessaires pour rendre possibles les différentes opérations. Cela justifie le choix de Maurice par les entités comme la nôtre, quand elles ne vont pas à Dubaï ou ailleurs. Mais nous avons estimé que l'un de nos axes d'intervention, relatif au commerce international entre l'Asie et l'Afrique, serait relativement bien représenté par une plateforme comme Maurice, située à mi-chemin entre les deux.

Mais je tiens tout de même à préciser que nous avons ouvert notre premier bureau de représentation à Abidjan, parce que nous tenons à avoir une présence physique avec des équipes ailleurs sur le Continent. En fonction de l'évolution de nos activités et de la nécessité ou non d'étendre notre champ d'action, nous n'excluons pas d'en avoir d'autres en dehors de la Côte d'Ivoire. Je précise par ailleurs que l'essence de NACP étant d'accompagner des institutions qui ont la vocation de devenir des multinationales africaines, il est important, pour nous, que cette présence panafricaine se fasse, quelle que soit la langue parlée ou la région à laquelle on appartient en Afrique. Nous avons dépassé ces barrières. C'est pour cela qu'Abidjan n'est qu'un début.

Lors du lancement, vous déclariez que votre projet est motivé par le «rêve d'une Afrique prospère, s'appuyant sur les ressources humaines africaines et l'expertise africaine ». Partagez-vous l'idée selon laquelle l'expertise africaine doit être au cœur du développement ?

Absolument ! Et à mon avis, il faut s'exprimer sans ambiguïté à ce sujet. Personne ne viendra développer notre Continent pour nous. Il est difficile d'imaginer une Afrique qui se veut économiquement forte si elle n'a pas des financiers africains et des établissements financiers majoritairement détenus par des Africains. On n'exclut pas la nécessité de recourir à l'expertise d'où qu'elle vienne. Mais le leadership et l'investissement, les ressources humaines nécessaires pour assurer la croissance et la pérennité de ces activités doivent être africains. C'est notre responsabilité d'investir aujourd'hui dans les hommes et les femmes qui, demain, assureront la soutenabilité des systèmes financiers que nous sommes en train de bâtir. Donc, j'y crois fortement. D'ailleurs, c'est pour cela que nous, en tant que plateforme, avons choisi d'aller d'abord vers -et avant tout d'investir dans- les ressources africaines pour développer nos activités.

En effet, il faut qu'on arrête de rabaisser nos standards avec l'excuse que nous sommes Africains. On entend trop souvent dire : «Parce qu'on est en Afrique, les choses ne sont pas toujours pareilles», ou alors «les standards ne s'appliquent pas là où ils ne devraient pas». Je dis «non !». Il ne faut pas tomber dans ce travers. C'est une erreur et même une erreur stratégique. C'est la raison pour laquelle, quand il s'agit tout particulièrement de la banque, j'estime que -que le capital soit africain ou non- nos standards de travail doivent être les plus élevés de l'industrie. Alors j'insiste encore une fois pour dire qu'il ne faut pas que nous rabaissions nos standards sous prétexte que nous sommes Africains. Au contraire ! Vu la perception négative que l'on a de la façon de faire les choses en Afrique, notre responsabilité à nous est d'élever nos standards et faire en sorte que nous devenions une nouvelle référence, tout simplement parce que nous avons décidé d'être plus exigeants et suivre les normes les plus exigeantes, c'est cela la règle à suivre. Et personnellement, c'est ce qui me guide.

Vous entamez votre nouvelle aventure professionnelle quatre mois après votre départ en juillet dernier du poste de DG d'Ecobank Nigeria, soit deux ans et demi seulement après votre prise de fonction. Cette démission a suscité de nombreuses spéculations. La direction de NACP que vous assurez désormais en est-elle le seul motif ?

Je vais vous répondre de façon très claire. Le métier dans lequel nous sommes, celui de la finance, est un métier où la confiance et la crédibilité sont les meilleurs actifs que l'on puisse avoir. Il était évident pour moi -pour des questions d'éthique- qu'il était hors de question de mener un investissement quelconque dans une nouvelle aventure, en parallèle d'une activité de gestion d'une entité bancaire comme celle dont j'avais la responsabilité, au risque de me retrouver dans une situation de conflit d'intérêts. J'ai donc fait le choix de façon très claire de privilégier ce nouvel axe pour donner à ma carrière la nouvelle dimension qu'elle est en train de prendre, pour ne pas justement impacter négativement des valeurs importantes auxquelles je crois, qui sont donc l'éthique, la transparence et l'intégrité.

Selon la presse nigériane pourtant, vous seriez, à partir de l'automne 2017, en situation d'inconfort suite à des pressions subies de la part de la police pour virer, à la demande d'une autorité de Lagos, 10,5 millions de dollars des comptes des clients de la banque vers celui d'un tiers. Ce qui vous aurait poussé à saisir la justice début 2018, vous disant victime d'«intimidation» et de «harcèlement» et vivant dans la peur, mettant ainsi à mal votre efficacité dans la gestion quotidienne d'Ecobank Nigeria. Qu'en est-il réellement ?

C'est de la pure spéculation. En fait, il est très inhabituel dans le monde financier de voir le dirigeant d'une organisation aussi importante qu'Ecobank dans un marché comme le Nigeria, décider de partir. C'est très inhabituel. Les gens ne démissionnent pas facilement, tout simplement parce qu'il est extrêmement confortable d'être directeur général d'une banque au Nigeria. Donc, personne ne comprendrait qu'un patron décide de quitter une position aussi importante sans que cela ne soit particulièrement justifié, positivement ou négativement.

Je pense que des fois, il est important de montrer l'exemple. Et pour moi, montrer l'exemple, c'est aussi faire les choses sur la base de nos valeurs éthiques sans considération aucune de la position qui est nôtre. C'est exactement ce que j'ai fait. Donc, ce qui se dit dans la presse n'est que pure spéculation. Cela n'a absolument rien à voir.

Je ne me suis jamais aussi bien senti au Nigeria que pendant les trois ans que j'y ai passés. Et quand la fameuse histoire s'est produite -il n'y a pas eu de harcèlement particulier- j'ai initié une action en justice contre les instances de la police, justement pour éviter que certaines personnes s'imaginent qu'elles peuvent faire des choses en dehors de la loi.

Confirmez-vous donc l'effectivité de cette demande de virement ?

Oui, en effet. C'est quelqu'un de particulièrement malhonnête, je pense, qui a voulu utiliser le canal de certains agents de police pour forcer la banque à faire un virement à son profit au détriment d'un autre client. Je m'y suis opposé de toutes mes forces, parce que cela était totalement illégal. Quand ils ont insisté, j'ai saisi la justice pour éviter que les choses aillent plus loin. Mais cette affaire en est restée là.

Votre bilan à la tête d'Ecobank Nigeria est très positif, puisqu'étant en crise à votre arrivée, vous avez réussi, en seulement deux ans, à redresser les comptes de la plus importante filiale du groupe bancaire panafricain. Quelle a été la plus grande difficulté dans cette mission, sachant que vous avez également dû faire face, très tôt, à des cas de détournements de fonds par des collaborateurs ?

Lorsque j'ai pris la décision d'aller au Nigeria, beaucoup de gens se sont demandé si j'avais perdu la tête. Le pays était en crise, l'entité était en crise, les performances étaient au plus bas. C'était pour moi un défi personnel à relever, mais c'était aussi et surtout la volonté de démontrer que quand on est Africain et que l'on croit à ce Continent, aucune barrière, que ce soit linguistique, régionale ou même en termes de taille de pays, ne peut entraver notre volonté. C'est donc avec détermination et surtout passion et engagement que je me suis lancé dans l'aventure du redressement d'Ecobank Nigeria. Et je dois avouer que si cela pouvait paraître difficile, pour moi, cela a été un exercice extrêmement passionnant, enrichissant et dans lequel j'ai trouvé une véritable source d'épanouissement. Du coup, je n'ai pas vu la difficulté, parce que je crois que si j'avais vu la difficulté je n'y serais pas arrivé. Au contraire, j'ai vu en cela l'opportunité de faire quelque chose de différent à une bonne échelle. C'est peut-être la raison pour laquelle j'ai pu, à un moment relativement difficile et sur une période de temps relativement courte, prendre les mesures nécessaires -avec mon équipe- pour ce retournement. En effet, je dois dire que si cela été possible, c'est d'abord et avant tout parce que j'ai travaillé avec des personnes qui ont compris l'intérêt de l'ajustement et qui ont compris que pour sauvegarder la pérennité de cette entité, nous n'avions pas d'autres options que prendre quelques fois des mesures un peu difficiles, mais qui étaient nécessaires pour le changement.

J'ai passé toute ma vie à faire des restructurations d'entreprises. Ce n'était pas la première et ce ne sera pas non plus la dernière. J'ai réduit les effectifs d'Ecobank Nigeria de presque un tiers -soit environ 3000 personnes- en deux ans et il n'y a pas eu un seul jour de grève. Il faut apprécier cela pour ce que c'est. Imaginez, en France, pour moins que ça, les gens seraient dans la rue et feraient la grève pour je ne sais pas combien de temps. Au Nigeria, il ne s'est rien passé.Cela veut dire que les choses ont été correctement gérées, que les partenaires sociaux ont été correctement impliqués, ce qui a permis à Ecobank Nigeria d'être au stade qu'on lui sonnait aujourd'hui où la banque est en train de repartir tranquillement. Et je resterai modeste à ce sujet, mais il faut rendre à César ce qui est à César ! Je l'ai fait sans pour autant le crier sur tous les toits, dans un marché qui n'était pas forcément massif.

Justement, vous êtes de ceux qui pensent que la volatilité qu'entraînent les crises en Afrique ne devrait pas freiner les investissements. Etes-vous confrontée à cette question dans le cadre de NACP ?

Ce que je pense, c'est qu'il n'est pas plus risqué de faire les affaires en Afrique qu'ailleurs. C'est la raison pour laquelle nous sommes sur ce Continent. Nous avons compris en tant qu'Africains que notre Continent a une histoire de volatilité élevée. Mais cela n'en fait pas pour autant des environnements peu propices aux investissements rentables. Bien au contraire. Par conséquent, là où certains se retireront parce qu'ils estiment ne plus être à même d'absorber les effets de cette volatilité, nous, Africains, avons la vocation de rester, parce que nous avons pris le pari de l'ambition de ce Continent. Si demain j'ai un investissement dans un pays et que vous me demandez : «M. Kié, allez-vous vous retirer ?», je dirais que ceux qui viennent d'ailleurs peuvent se retirer et retourner chez eux. Mais nous, quand nous nous retirons, où allons-nous ?

Il faut donc comprendre notre continent, en mesurer les difficultés, mais aussi les opportunités et faire les choix d'investissement qui nous permettront de faire en sorte que demain nous ayons de vraies multinationales africaines, qui savent naviguer dans ces différents environnements avec profitabilité. C'est le pari que nous prenons et c'est la raison pour laquelle nous avons fait le choix, dans notre ADN, de ne soutenir aucune entité qui n'est présente que dans un seul pays. On fera systématiquement du multi-pays.

Votre plateforme renvoie directement au private equity très en vogue en ce moment, soulevant toutefois le débat. Bien que perçue comme un puissant moteur de développement, cette activité pose récemment la question d'un modèle africain. Quel est votre avis à ce sujet ?

Vous avez remarqué depuis le début de notre entretien que je n'ai pas qualifié NACP de private equity fund. Nous ne sommes pas un fonds de private equity dans le sens où nous n'avons pas la vocation dans cinq ou dix ans de sortir sur le marché avec les investissements que nous faisons. Mais ce que nous voulons faire au contraire, c'est de l'accompagnement à long terme, parce que ce dont les entrepreneurs africains ont besoin, c'est qu'une main soit tendue au moment où elles en ont le plus besoin pour changer d'échelle. Or un changement d'échelle ne s'encre véritablement que dans la durée. Si cette perspective de long terme n'est pas inscrite dans l'investissement réalisé, cela peut clairement être un facteur négatif pour le futur. C'est la raison pour laquelle la pertinence des private equity fait débat en ce moment, puisqu'il arrive un moment où les fonds doivent être retournés à des investisseurs avec la contrainte de clore les champs et d'en ouvrir d'autres.

Dans notre cas cependant, nous investissons vraiment à long terme. Les fonds que nous avons mobilisés chez NACP ont la vocation de rester longtemps, dans le but de bâtir de vrais champions et d'intégrer ce capital dans la structure de pérennisation de l'entité. C'est du hand-holding. Selon nous, c'est ce modèle qui tiendra le mieux en Afrique, parce qu'il est évident qu'une perspective de cinq ans ne permettre pas à un entrepreneur de changer d'échelle. Ce sera peut-être dix ans, voire quinze ans. Et si le modèle n'est pas constitué au départ pour être pérennisé sur une durée aussi longue, il est voué à l'échec.

Prenez l'exemple de l'Asie. Les grandes fortunes s'y sont constituées sur des périodes longues : quinze, vingt, trente ans. Et pendant cette période, ces entreprises ont eu besoin de s'appuyer sur des banques ou des investisseurs avec qui elles ont cheminé. Aujourd'hui, les systèmes financiers étant ce qu'ils sont, nous devons être la réponse qui permette aux entrepreneurs de savoir qu'ils doivent avoir des structures de capital à long terme -donc de l'equity- qui les accompagnent dans la durée. C'est cela qui fera la différence. Et c'est là toute la particularité de NACP, qui n'est pas le chemin classique d'un private equity.

Quelles vont être vos priorités en 2019 ?

Nous avons fait un choix clair, estimant qu'il était important pour nous d'avoir une plateforme financière. Comme je l'ai dit précédemment, nous participons déjà à un processus pour une acquisition. En tout état de cause, cette année, nous allons nous assurer que notre investissement dans une plateforme financière soit finalisé, car nous avons besoin pour toutes les activités envisagées de commencer à établir un écosystème financier qui puisse soutenir les investissements que nous allons réaliser, mais surtout, soutenir les entités dans lesquels nous allons investir. C'est donc une vision très intégrée qui part du fait qu'il n'y a pas de croissance dans ce Continent sans un système financier fort. Et c'est à cela que nous voulons contribuer. Pour nous, c'est cela la priorité de 2019.Il sera également question de déterminer aussi bien les entités que les secteurs dans lesquels nous avons l'intention d'investir et commencer à mobiliser les ressources dont nous aurons besoin pour mettre en œuvre ces investissements.

Au-delà, comment concevez-vous le marché des capitaux en Afrique au cours de la prochaine décennie ?

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Je pense que c'est un mouvement que nous sommes en train de lancer, pour que de plus en plus d'Africains prennent le contrôle des investissements africains. Et nous faisons le rêve que dans une dizaine d'années, les principales entreprises qui vont soutenir la croissance de notre continent soient des entreprises détenues majoritairement ou contrôlées dans leur management par des Africains, de telle sorte que ces multinationales puissent elles aussi conquérir de nouveaux marchés, non seulement sur le Continent, mais au-delà.

Propos recueillis par Ristel Tchounand

Ristel Tchounand

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