Charles-Henri Malécot : « La crise ne ralentira pas notre processus de décision »
Marie-France Réveillard
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Charles-Henri Malécot stoa
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STOA
STOA, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et de l'Agence française de développement (AFD) a vu le jour avec un capital de 600 millions d'euros. Jusqu'à présent, comment ces fonds ont-ils été répartis ?
Charles-Henri Malécot : STOA, qui signifie le « péristyle » en grec ancien, renvoie aux infrastructures essentielles que nous finançons dans les pays en développement. Nous avons décidé d'orienter au moins 50% de nos investissements en Afrique. Actuellement, nous menons un projet de fibre optique dans les principales agglomérations d'Afrique du Sud, avec la société MFN [Metro Fiber Networks INC, ndlr], dans laquelle nous avons pris une participation de 25 millions d'euros. Nous sommes également actionnaires à hauteur de 10% du Terminal portuaire d'Owendo à Libreville, au Gabon. Opérationnelle depuis 2 ans, cette infrastructure est une porte d'entrée et de sortie essentielle pour le pays et pour sa zone spéciale de Ngok [667 000 tonnes de marchandises transportées en 2019, ndlr].
A travers la GSEZ [Gabon Special Economic Zone, ndlr], nous avons participé à la création de 6 000 emplois directs et indirects. Nous avons également investi plus de 33 millions d'euros dans le barrage de Nachtigal au Cameroun qui permettra à terme de fournir près de 30% de l'électricité à bon marché, au niveau national. Nous sommes aussi entrés dans le capital d'un partenaire canadien [25% du capital, ndlr] pour construire une ferme éolienne d'une capacité de 150 MW avant la fin 2020 au Malawi, et de 500 MW à l'issue des travaux. Par ailleurs, nous avons encore plusieurs projets à venir sur le continent.
De quelle façon votre stratégie d'investissement sur le continent a-t-elle évolué depuis 2017 ?
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Nous avons investi 220 millions d'euros en deux ans, soit environ 100 millions d'euros par an, dont 60% en Afrique. Nous sommes présents en Afrique du Sud, au Gabon, au Malawi, au Cameroun, mais nous regardons dans toutes les zones, car nous n'avons aucune priorité géographique. Au niveau des secteurs, nous nous concentrons sur les transports, l'énergie et les télécommunications. Parallèlement, nous nous intéressons de plus en plus aux projets sociaux - santé et éducation - et environnementaux - eau, assainissement et déchets -. Naturellement, nous choisissons les projets en fonction de leur rentabilité, car nous investissons comme un fonds d'investissement privé. Le second critère d'identification est l'impact, que ce soit en termes de création d'emploi, d'environnement ou d'électrification.
Marie-France Réveillard