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OVRSEA, la startup française qui accélère la transition digitale de Bolloré Logistics [Entretien]

Marie-France Réveillard

Publié le 14 avril 2021 à 15:00 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 06:43

Arthur Barillas

Arthur Barillas, CEO et co-fondateur d'OVRSEA.

DR.

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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En février, Bolloré Logistics entrait dans le capital d'OVRSEA, un commissionnaire de transport de nouvelle génération. La startup française est en pleine croissance et pose ses pions sur le continent africain. Entretien avec Arthur Barillas, CEO et co-fondateur d'OVRSEA, qui revient pour La Tribune Afrique, sur les perspectives de développement de cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise...

La Tribune Afrique - Que représente la société OVRSEA aujourd'hui ?

Arthur Barillas : OVRSEA a été créée en 2017 et dispose d'un siège à Paris. Nous sommes cinq associés, Mathieu Mattei, Brieuc André, George Semaan, Antoine Sauvage et moi-même, dont trois diplômés d'HEC, un autre de Centrale Supélec et le cinquième de Polytechnique. Les bases d'OVRSEA ont été posées alors que nous étions encore étudiants. Certains d'entre nous étaient intégrés au programme d'aide à la création d'entreprise d'HEC, le  Startup Launchpad. Au sortir de ce programme, nous avons réalisé notre première levée de fonds [1,9 millions d'euros, ndlr].

OVRSEA
Photo d'illustration (Crédits : OVRSEA)

Aujourd'hui, nous sommes une cinquantaine de collaborateurs spécialisés dans la commission de transport digital, dans 70 pays. Nos clients sont variés. Nous travaillons aussi bien pour les laboratoires Nuxe et Caudalie que le groupe Vinci. Nous avons plus de 500 clients répartis à travers 40 pays et 70 % d'entre eux sont basés en France. Notre allons recruter 50 personnes d'ici la fin de l'année. En 2025, nous ambitionnons de dépasser les 200 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Où sont répartis vos clients sur le continent africain ?

Ils sont surtout présents en Afrique francophone, pour des raisons de proximité commerciale essentiellement. Nous intervenons en matière de transport international et nous vendons régulièrement des prestations aux clients de nos clients, qui sont à ce jour, majoritairement français. Il existe donc un tropisme marqué en Afrique de l'Ouest. Nous participons par exemple à des projets de livraison de transport pour INEO [Ineo, filiale du groupe Engie, spécialisée en génie électrique, systèmes d'information et de communication, cybersécurité et vidéosurveillance, ndlr] au Cameroun et au Togo et nous avons quelques clients au Kenya et en Afrique du Sud.

La pandémie de Covid-19 a-t-elle été un accélérateur pour votre secteur d'activité ?

En 2020, notre taux de croissance a été multiplié par quatre. L'année précédente, nous l'avions multiplié par six. Nous anticipons le triplement de notre taux de croissance cette année. Au 1er trimestre, nous avons déjà dépassé nos objectifs de 150 % par rapport à nos prévisions. Globalement, la Covid-19 a eu pour effet d'accélérer une partie des mutations qui étaient déjà engagées. La pandémie a renforcé l'incertitude et les problématiques de visibilité sur les marchandises et nous a rendus encore plus pertinents.

L'une de nos spécificités est d'apporter un service de tracking en temps réel à nos clients. L'instabilité opérationnelle ambiante nous a largement favorisés. Suite aux différents confinements, il est apparu important d'améliorer le partage d'information sur les sujets comme le transport. Or, notre plateforme est participative et permet de partager de l'information instantanément à des personnes qui peuvent se trouver dans des localités très éloignées [...] Néanmoins, la logistique portuaire et aéroportuaire a été très impactée au début de la pandémie. Des clusters se sont développés, affectant la capacité à décharger les navires où les avions à leur arrivée et provoquant des goulets d'étranglement qui ont déclenché des retards importants. La logistique des EPI  [équipements de protection individuelle] a représenté en particulier, un facteur important de congestion dans certaines régions du monde.

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OVRSEA se présente comme un acteur de nouvelle génération qui s'appuie sur la technologie pour simplifier et optimiser le transport. Quels sont les services « innovants » que vous proposez ?

Nous proposons une expérience-client digitale à 360°. Nos offres sont 100 % dématérialisées. Cela change beaucoup de choses et cela se répercute sur les chiffres d'acquisition et de rétention des clients. Ensuite, le tracking en temps réel et notre approche du métier de transitaire font la différence. Nous associons la technologie à toutes les opérations internes. Nous sommes capables dans 30% des cas, de proposer un prix de manière instantanée, dès réception de la demande. Nous avons mis en place un algorithme de pricing permettant d'associer automatiquement les prix avec les dates de validité sur toute une série de transports. Cette intelligence technologique reconnaît les schémas de transport que l'on retrouve le plus souvent et leur prix. Cette agilité et cette réactivité font la différence par rapport à de gros acteurs comme Kühne + Nagel par exemple. Nous développons notre propre langage de programmation pour automatiser la gestion d'une partie des opérations. Toute une série de tâches est créée automatiquement pour vérifier les procédures et nous nous attelons à développer nos interfaces de programmation d'application (API) pour permettre à terme, à nos clients de gérer en direct leurs opérations sur la plateforme.

Pourquoi avoir décidé de faire entrer le groupe Bolloré au capital d'OVRSEA ?

Le rationnel stratégique a été essentiel. Il existe une complémentarité très forte entre un acteur comme Bolloré qui dispose d'un réseau physique dans plus d'une centaine de pays et OVRSEA. Son savoir-faire local est très puissant. Il existe également une communauté de vision avec le groupe Bolloré. Nous voulons renforcer la puissance de frappe d'OVRSEA grâce à la puissance de feu de Bolloré, tout en accélérant le développement digital du groupe Bolloré. Enfin, nous avons la conviction que l'indépendance sera le meilleur moyen d'optimiser ces synergies, OVRSEA reste donc indépendante dans sa gestion et dans son fonctionnement pour préserver son agilité et la latitude nécessaires au développement d'une startup.

N'allez-vous pas jouer le rôle de « poisson-pilote » pour le leader de la logistique mondiale, à travers cette agilité qui vous permet d'identifier de nouveaux acteurs ?

Comme l'exprimait Cyrille Bolloré dans un communiqué de presse du 8 février, l'objectif commun est de maximiser le développement d'OVRSEA et le développement digital du groupe Bolloré. OVERSEA est capable d'identifier d'autres partenaires et de nouvelles technologies sur les différents continents. Nous nous présentons comme un canal d'innovation géographique et sectoriel pour le groupe Bolloré, et 3 mois après l'officialisation de notre partenariat, nous sommes très satisfaits du déroulement des opérations.

Ce partenariat a-t-il aussi été pensé pour vous étendre sur le continent africain ?

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Effectivement. A ce jour, l'Afrique représente entre 10 % et 20 % de notre activité. Cela est lié à la cartographie du commerce mondial. La majorité de nos flux vient d'Asie. Ce sont des flux assez matures qui n'ont pas le même dynamisme que d'autres marchés, africains par exemple. L'Afrique est un axe de développement majeur pour OVRSEA. Nous avons commencé à mettre en place un partenariat opérationnel avec le groupe Bolloré dans plusieurs pays, comme en Algérie et à Madagascar. Nous mettons également en place un partenariat avec un client qui à des flux sur le Bénin et nous avons des perspectives de développement importantes en Afrique du Sud, dès cette année.

Propos recueillis par Marie-France Réveillard

Marie-France Réveillard

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