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Mawazine, le festival sans frontière qui fait rayonner Rabat (Tribune)

Photo de Abdelmalek Alaoui

Valérie Abrial

Publié le 18 mai 2017 à 06:00 - Mis à jour le 18 mai 2017 à 09:11

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Depuis 16 ans, Mawazine, le plus grand festival de musique d’Afrique, attire plus de 2,5 millions de spectateurs pendant 9 jours. Un écho à l’ouverture et à la tolérance sur fond de développement économique.

« Un pays ouvert, c'est un pays qui avance ». Abdeslam Ahizoune, le président de Maroc Cultures, l'association organisatrice de Mawazine, donne le ton.  « Le Festival Mawazine, Rythmes du monde est le porte étendard du Maroc. Il représente les valeurs de notre pays inscrit dans une tradition de partage et de tolérance. La programmation couvre quasiment toutes les cultures musicales du monde. Mawazine, c'est plusieurs festivals en un ». Il est vrai qu'avec ses cinq scènes ouvertes, dispersées dans les plus beaux sites de Rabat et Salé et le théâtre national Mohammed V, les festivaliers ont l'embarras du choix quant à la programmation qui n'est pas des moindres.

Le dialogue des cultures

Chaque année les stars nationales et internationales côtoient les talents émergents du Maroc, autour de sons orientaux, africains et autres tonalités occidentales. Les plus grandes étoiles n'hésitent pas à se produire à Mawazine et se font les meilleurs ambassadeurs du festival sur les réseaux sociaux. Car en termes de notoriété, Mawazine se pose en références multiples ! S'y sont produits, entre autres, Elton John, Sting, David Guetta, Stevie Wonder, Youssou N'dour, Cesaria Evora, Quincy Jones, Maître Gims, Khaled... Cette année, salle comble pour Charles Aznavour en ouverture, pas moins pour la britannique Ellie Goulding, le rappeur américain Wiz Khalifa ou encore le « cultissime » Nile Rodgers co-fondateur du groupe Chic et auteur du fameux Get Lucky. Bref, une scène internationale des plus prestigieuses qui ne fait pour autant aucune ombre aux scènes orientale et africaine qui, du Liban à l'Irak, en passant par la Syrie, l'Egypte, le Mali, le Nigéria, le Sénégal ou encore la Guinée, accueillent une programmation intercontinentale pour un mix sonore empreint de célébrités et de découvertes. « C'est le choix délibéré du festival, poursuit Abdeslam Ahizoune, de promouvoir les jeunes talents de notre pays, mais également faire découvrir au plus grand nombre, des artistes venus d'ailleurs qui n'ont pas encore une grande notoriété au Maroc ; et tout simplement ouvrir l'univers musical de la scène à un public qui n'en a pas l'habitude. Cela participe à la démocratisation culturelle que le Maroc défend ardemment ». Et qui dit démocratisation culturelle, dit quasi totalité des concerts gratuits, avec à la clé une fréquentation hors normes, faisant de MAWAZINE le plus grand festival d'Afrique. En 2016, selon les chiffres des organisateurs, l'événement a accueilli plus de 2,5 millions de spectateurs.

Un festival indépendant

Fort de ce succès, Mawazine, se félicite de son indépendance financière. « Maroc Cultures est une association à but non lucratif, notre ambition n'est donc pas de faire des profits mais d'arriver à l'équilibre. Notre budget de fonctionnement repose sur le soutien de nos sponsors privés et de la billetterie payante », précise son président. Une billetterie dédiée au grand public et aux entreprises, sans compter une billetterie spécifique pour le théâtre national et la scène du Chellah qui sont les deux scènes à entrées exclusivement payantes. Selon les chiffres de l'association, 88% des revenus variables sont constitués par les revenus de la billetterie et autres produits, et 12% par les sponsors privés.

Des retombées économiques directes

Outre sa fréquentation et son rayonnement artistique, Mawazine peut se targuer d'être une formidable manne pour l'activité des entreprises marocaines. Non seulement, le festival participe depuis sa création à professionnaliser un secteur qui ne l'était pas au début des années 2000, comme les métiers de l'ingénierie du son et lumière, de la production scénique, de la communication.... faisant émerger une industrie du spectacle marocaine, mais il contribue également à la dynamique économique de la région de Rabat. « Au total et pendant toute la durée du festival, ce sont 3000 emplois directs et indirects qui bénéficient de Mawazine, précise Abdeslam Ahizoune, dans les secteurs du commerce, de l'artisanat, de la sécurité, des transports, de l'hôtellerie. Les études l'ont prouvé depuis longtemps : l'industrie culturelle génère une création de valeur considérable ». Côté chiffres, Maroc Cultures contribue à une forte croissance du chiffre d'affaires touristique chaque année. Pendant le festival, le commerce de détail, la restauration et le secteur du transport voient leur chiffre d'affaires augmenter de 30% tandis que le secteur hôtelier atteint un taux d'occupation qui atteint les 100% pour les établissements 4 et 5 étoiles. Une situation qui fait de Mawazine une vitrine de la création marocaine et un levier de croissance économique pour Rabat et sa région.

Valérie Abrial

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