RCA, le compte n'y est pas encore ! [Tribune]
Orphée Douaclé Ketté, Activiste politique

Orphée Douaclé Ketté
DR
Orphée Douaclé Ketté, Activiste politique

Orphée Douaclé Ketté
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Après que la Russie, profitant de certaines dispositions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, ait fourni à la RCA des armes en dépit de l'embargo inique décidé par ce même conseil de sécurité. Le pouvoir en place a commencé le redéploiement de l'armée centrafricaine dans certaines villes du pays.
Mais des régions importantes du pays sont restées hors du contrôle de l'Etat dans le Sud-est, le Centre-est, le Nord-est et voire le Nord-ouest. Par leur nature, ces régions précitées convergent sur trois particularités majeures : la première est qu'elles sont toutes frontalières, la seconde est qu'elles regorgent des matières premières exploitables immédiatement ; et la troisième, l'intervention onusienne inefficace et inadaptée y joue un rôle direct et essentiel, sans compter la main tchadienne qui concentre les différentes ingérences étrangères.
Les forces d'agression (les groupes armés) contre la RCA en général, et les forces d'ingérence en particulier essaient sans relâche de créer un environnement dramatiquement hostile à la RCA en lui traçant des lignes rouges pour l'empêcher de tenter de libérer sa terre et son peuple... Le dernier reportage de France24 tient à signifier à la RCA que le reste du territoire contrôlé par les groupes armés au profit de l'étranger ne peut être restitué à l'Etat Centrafricain qu'en accord avec ses puissances extérieures via leurs proxys que sont les groupes armés et les pays frontaliers...
Pour autant, la RCA est confrontée à des carences inimaginables en pareilles périodes ; ce, de la part de ses dirigeants et de l'ensemble de la classe politique. Cette assertion pourrait être confortée par ces quelques interrogations : la RCA, à travers ses dirigeants, s'est-elle donnée la mission de libérer le territoire quels que soient les obstacles et les difficultés ? A-t-elle préparé une stratégie de libération spécifique à chaque circonstance et adaptée à chaque zone (sous domination des groupes armés) ? Jamais le chef de l'Etat Centrafricain n'a manifesté distinctement sa volonté de libérer le pays. Par contre il n'a cessé de tenir des positions éloignées et ambiguës. Il plaide le dialogue sans préalable avec les groupes armés. Il récuse sournoisement le dialogue initié par l'Union Africaine pour encourager un autre initié à Khartoum...
Avec ces ambivalences, la RCA fait nourrir les spéculations et monter les enchères. Avec de telles perspectives, les citoyens Centrafricains des zones sous contrôle des groupes armés ne peuvent y trouver les signes encourageants pour se mouvoir sans craindre la réaction des rebelles. Et du coup, l'environnement incubateur à une prétendue partition ne paraît plus répulsif, acceptant même la présence des groupes armés. Les civils longtemps abandonnés par le pouvoir de Bangui ne se sont senti opprimés par ces groupes armés ; et donc difficile de manifester leur attachement à la citoyenneté centrafricaine et au gouvernement légitime depuis Bangui.
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La RCA pour disposer de sa terre et de son peuple dans toute sa diversité doit faire sa mue pour donner de la clarté dans son approche de la crise. Des points saillants doivent concentrer de la vigueur et de l'ambition
Le monde est en pleine mutation géopolitique. Cette mutation risque d'entraîner la fin de certains pays avec leurs contours connus. Chaque Etat doit renforcer ses bases si elles existent ; dans le cas contraire en créer en sanctuarisant chaque recoin du territoire et sacralisant la population dans toute sa diversité. Cette approche paraît être une montagne difficile à gravir et révèle que les comptes n'y sont encore pour que la RCA redevienne un Etat à part entière. Aujourd'hui elle n'est qu'un ensemble de territoire gorgé de richesses où la population n'est que du détail, pis du bétail...
Orphée Douaclé Ketté, Activiste politique