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Maroc-UE: le grand malentendu !

Youssef Sadik*

Publié le 12 août 2021 à 08:00 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 06:29

professeur y. sadik

Photo d'illustration

DR.

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Depuis quelques années, les signes d'un profond malentendu entre le Maroc et ses partenaires européens ne cessent de se multiplier...

Ils ont donné lieu souvent, tantôt à des compagnes médiatiques ou « non-officielles », tantôt à des ripostes diplomatiques comme fut le cas du différend entre le Maroc et l'Espagne que l'accueil « clandestin » du chef du Polisario sur le sol espagnol a provoqué.

Tout récemment, certains médias et ONG, connues par leur hostilité historique au Maroc, se sont mobilisés, sur la base d'une enquête journalistique, sous le nom d'un logiciel d'espionnage dénommé « Pegasus » pour accuser le Maroc d'avoir mis des milliers de militants, de journalistes et de responsables sous écoute. La liste des accusations contient même des noms de chefs d'Etats. La vitesse des événements, leur ampleur et le contexte géopolitique qui les caractérisent donnent lieu à une série d'interrogations qui confirment jour après jour la nature suspecte et malveillante de ces actes et de leurs auteurs.

Au moment où tout le monde s'accorde sur la complexité technologique qui caractérise le monde des renseignements et l'opacité des systèmes d'informations, l'enquête nous livre, avec la certitude du marqueteur, des noms et des actes dont seule la justice est en mesure d'en attester la fiabilité et la validité.

Les connaisseurs des systèmes médiatiques et journalistiques savent pertinemment à quel point ces « tempêtes » sont vendeuses et accrocheuses face à une opinion publique assoiffée par le buzz et les fake news.

Cette manipulation systématique, avec des soubassements politico-idéologiques, est la face cachée d'un système de chantage et de pression. Ce système est tourné vers les intérêts, directement ou indirectement, historiquement bien entretenus par des lobbys, des sociétés entreprises ou des Etats.

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Ce système va du soft war de l'exploitation des ressources des anciennes colonies à la déstabilisation politique ou militaire des régimes qui ne souscrivent pas aux préceptes dictés par les architectes de la division internationale du travail.

C'est dans ce système complexe du néo-impérialisme qu'il faut situer cette volonté obsessionnelle d'entraver le développement d'un pays qui a choisi souverainement de diversifier ses partenaires stratégiques et de marquer de son empreinte l'échiquier des jeux et des enjeux de la rive sud de la Méditerranée à commencer par sa percée politico-économique en Afrique, par son rôle dans la crise libyenne jusqu'au dernier traité signé avec les Etats-Unis et Israël qui a abouti à la reconnaissance historique par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.

Ces événements ont été lus par certains pays européens comme étant une volonté d'un ancien disciple de « jouer avec les grands » et de tenter de redistribuer les cartes sur la base de nouvelles règles.

Cette crise est également psychologique, parce que certains pays européens ont du mal à se départir de leurs réflexes coloniaux au moment où la thérapie peut être couteuse et compliquée notamment pour des modèles économiques et productifs longtemps bâtis sur l'exploitation excessive des ressources des anciennes colonies.

Ce qui revient à confirmer l'incapacité du Nord à quitter sa zone de confort pour s'adapter aux nouvelles réalités d'un « New South » naissant et grandissant sur la base d'une nouvelle logique de « win-win » et où la reconstruction de l'avenir des ces pays passe inéluctablement par une mobilisation de l'ensemble de leurs ressources et de leurs forces vives et dont les modèles de développement font l'objet d'une concertation et non d'une concession. Bien évidemment, et sans vouloir faire une radioscopie de l'ensemble des composantes et des réalisations du système politique marocain, on ne peut guère nier les erreurs et les hésitations de celui-ci sur un certain nombre de dossiers.

Mais objectivement, ces erreurs d'apprentissage ne doivent nullement dissimuler la tendance lourde du pays vers un processus démocratique marqué par l'institutionnalisation et la constitutionnalisation de plusieurs instances de protection des droits humains avec une séparation des pouvoirs dont les signes ne sont plus à démontrer.

Ce processus, certes long et complexe, à l'instar de toutes les expériences universelles en la matière, s'est renforcé par de nombreuses réformes visant l'atténuation des injustices sociales et territoriales alors que les ressources naturelles du pays sont limitées. Malgré ces contraintes, le Maroc se comporte sur la scène internationale, en partenaire fiable et sérieux vis-à-vis du Nord comme du Sud.

Pour contribuer à la paix et la sécurité mondiales, le Maroc tient à assumer ses engagements historiques dans la lutte contre toutes les formes d'extrémismes, de racismes ou de violences.

Dans un environnement international marqué par la montée du terrorisme et la prégnance de l'instabilité et de l'incertitude, le Maroc se positionne également comme un acteur de la modération et de la modernité...présentant ainsi les indicateurs d'un Etat souverain, capable de gérer ses crises, de redresser ses insatisfactions et d'apprendre de ses propres erreurs. La gestion de la crise épidémiologique Covid-19 en témoigne.

Faisons table rase et laissons de côté tout le passé et ses chagrins : lorsqu'on a un voisin comme le Maroc, avec ses qualités et ses limites, faudrait-il tenter de le comprendre pour l'accompagner ou de l'accuser pour le condamner ?

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  • Le Maroc met la pression sur l’Espagne suite à l’hospitalisation secrète du chef du Polisario sur son sol

(*) Sociologue, professeur à la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales, Agdal Université Mohammed V de Rabat, et chercheur-associé au Collège d'Etudes mondiales, Fondation Maison Sciences de l'Homme, Paris.

Youssef Sadik*

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