"En Afrique, une vision ambitieuse pour la transformation des minerais et l'autonomisation des jeunes" (Frédéric Bouzigues, SMB)
Frédéric Bouzigues
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Alors que les recettes issues des minerais pourraient faire croître de 12% le PIB africain d'ici 2050 selon la Banque Mondiale, on peut décemment envisager une contribution encore plus élevée si le continent parvenait à structurer efficacement sa filière minière et à développer la chaîne de valeur en aval. Si l'on invoque souvent les besoins en capitaux, la question de la formation demeure largement négligée... alors qu'elle est centrale !
Les investissements directs étrangers (IDE) peuvent apporter les capitaux nécessaires pour moderniser les sites de traitement et faciliter le transfert de technologies et de compétences. Mais cela ne suffira pas.
En tant qu'acteurs privés, nous avons indéniablement un rôle crucial à jouer, mais c'est par une action concertée avec les pouvoirs publics que nous pourrons véritablement relever ce défi. Gouvernements et entreprises doivent de concert investir dans des institutions éducatives spécialisées dans les sciences minières et les technologies de pointes.
La montée en compétences des populations locales, en particulier des jeunes, va ouvrir à l'Afrique la voie vers la transformation des minerais, au-delà de leur simple extraction et exportation. La jeunesse africaine, ambitieuse et déterminée à jouer un rôle central sur le continent, est une force vive prête à combler le retard en savoir-faire et compétences nécessaires pour mener des activités de traitement complexes et à forte valeur ajoutée. En témoigne les initiatives de classes préparatoires, comme en Guinée, permettant aux jeunes d'intégrer des grandes écoles en France, ainsi que l'initiative présidentielle visant à flécher des budgets vers l'éducation et la formation des jeunes.
Le continent Africain ambitionne de ne plus négliger cette étape cruciale de la chaîne de valeur en saisissant cette opportunité pour répondre non seulement au marché domestique, dynamisé par l'essor démographique, l'urbanisation et l'industrialisation rapides du continent, mais aussi à la demande mondiale croissante de minerais. Selon l'Agence internationale de l'énergie, de 2022 à 2050, la demande de nickel va doubler, celle du cobalt tripler et celle du lithium sera multipliée par dix. C'est une occasion unique pour l'Afrique de devenir un acteur incontournable sur la scène mondiale.
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