« La souveraineté numérique est une nécessité pour préserver notre autonomie stratégique »
Ange Kacou Diagou et Quentin Adam
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La démocratisation du logiciel représente une révolution majeure, qui a redessiné les contours de nos sociétés en profondeur. D'un côté, le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) s'est imposé en deux décennies comme la principale force motrice de nos économies, grâce au succès de modèles qui exploitent le potentiel du logiciel pour créer de la valeur à une échelle sans précédent. En attestent les conclusions de l'OCDE, selon lesquelles l'industrie a crû en moyenne de 6,3% entre 2013 et 2023, soit près de trois fois plus rapidement que l'économie globale. Idem sur le continent africain, où la taille de l'économie numérique pourrait se multiplier par six d'ici 2050, atteignant 712 milliards de dollars contre 115 milliards actuellement. Nul doute sur l'importance de sa contribution au PIB du continent.
De l'autre côté, l'impact sur nos sociétés est tel qu'il transforme profondément nos modes de vie, nos interactions sociales et nos structures institutionnelles. En Afrique, comme en Europe, le logiciel - et Internet, au sens plus large - a permis une amélioration de l'accès à l'information, de l'éducation et des services financiers, contribuant à la réduction de la pauvreté et à l'inclusion sociale. Cependant, cette transformation à marche rapide s'accompagne de défis majeurs : fracture numérique, cybermenaces croissantes, inégalités économiques, dépendance aux technologies étrangères...
Ainsi, les TIC jouent un rôle ambivalent, offrant des opportunités considérables tout en posant des questions cruciales pour l'avenir de nos sociétés. Les dirigeants ivoirien et français d'entreprises dans le domaine sont les premiers à observer ces changements et voient leurs pays de plus en plus contraints par les intérêts et politiques d'acteurs - principalement américains et chinois - dominants. De même, ils observent leurs populations accepter une influence culturelle et économique justifiée par l'utilité tirée de ces logiciels.
Ange Kacou Diagou et Quentin Adam