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Quand l'Hôtel Drouot se transforme en Bourse de l'or

Christophe Tricaud

Publié le 23 novembre 2009 à 07:15 - Mis à jour le 23 novembre 2009 à 07:20

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Acheter de l'or en passant par sa banque est devenu cher et compliqué, mais, à Paris, il existe d'autres moyens de se procurer des napoléons. Suivez le guide.

Le Palais Brongniart a fermé ses portes aux tumultueux échanges d'actions et de pièces d'or depuis plusieurs années, mais le quartier de la Bourse reste celui des numismates et des bureaux de change. C'est là que j'ai choisi d'aller faire moi-même mes emplettes, vu que ma banque me réclame des frais prohibitifs pour acquérir la relique barbare.

Bordant le palais de la Bourse, la rue Vivienne est l'endroit rêvé pour les amateurs de napoléons, de souverains ou d'unions latines.

Au hasard, j'entre dans une boutique. J'attends que la cliente qui me précède ait vendu ses pièces. Curieuse, celle-ci demande où elles vont finir. Catégorique, la vendeuse lui explique que « leur destin est la fonderie », c'est pourquoi le prix qu'elle lui a offert ne présente plus aucune prime sur le poids d'or de ses pièces. Cela ne l'empêchera pas quelques minutes après de répondre à ma demande d'achat qu'elle ne peut malheureusement pas me trouver des napoléons à 136, 50 euros, le cours du jour que vient pourtant d'afficher Euronext et qui figure sur la devanture de sa boutique, car elle les a achetés « beaucoup plus cher ». Ce sera 142 euros net par napoléon. À prendre ou à laisser...

Comme les autres bureaux affichent eux aussi des prix supérieurs à celui du jour, je préfère traverser le boulevard Montmartre pour pénétrer dans l'hôtel Drouot. Les commissaires-priseurs y mettent chaque jour aux enchères des pièces de métal précieux, des débris d'or et parfois des lingots. Peu de lots en vente ce jour-là, mais il va quand même falloir jongler entre les salles de vente.

Au premier étage seront mises en vente 12 pièces de 20 francs-or, les fameux napoléons et sept demi-napoléons (pièces de 10 francs), rares pièces qui conservent une toute petite prime. Au sous-sol, davantage de lots mais seulement un seul de pièces (14 napoléons). L'offre est en revanche abondante en débris d'or dentaire ou de bijouterie et mêle aussi quelques vieux bijoux. Mais surtout ? et c'est plus rare dans ces lieux ?, deux lingots. Heureusement, les pièces du premier étage sont mises aux enchères dès le début de la vente quand les lots du sous-sol ne le seront qu'à 15 heures. à 14 heures tapantes, je suis dans les premiers à m'asseoir dans la salle 3 pour cette vente, où l'étude Massol dispersera essentiellement des bijoux anciens et de l'argenterie devant un parterre de charmantes retraitées. Enfin, mes deux lots de pièces, qui n'ont pas ameuté la cohorte des marchands que je crains car ils font monter les prix. On ne joue pas à armes égales avec eux, car ils récupèrent la TVA sur les frais payés aux commissaires-priseurs... Compte tenu de ces frais, que l'étude Massol a fixés librement à 20,9 %, les pièces du premier étage partiront exactement à leur prix en métal (5,8 g par napoléon, soit 137 euros net) et les pièces de dix francs trouveront preneur à 74 euros (frais compris).

Enchères mollassonnes

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Maintenant, direction le sous-sol : après quelques lots de débris de bijoux en règle (poinçons français) arrivent les lingots. Les enchères sont mollassonnes et le prix ne dépassent pas les 18.000 euros. Normal, car les frais de maître Kapandji Morhange pour cette vente ont été fixés à 24,5 %. Mais la commissaire-priseur prévient l'assistance que les frais pour les lingots sont ramenés à 10 % (sans doute des lots mis en vente sur décision judiciaire). Bien vu ! Les enchères repartent et le premier lingot sera adjugé à 21.620 euros. Deux minutes plus tard, le second partira à 21.500. Les enchères ne sont jamais tout à fait prévisibles. Je me suis réservé pour les 14 napoléons. À 1.570 euros, lorsque le marteau frappe, c'est une bonne affaire. En comptant les frais, leur prix ressort à 136, 60 euros.

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Christophe Tricaud

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