La Caisse d'Epargne propose un livret régional pour financer des projets locaux

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En un mois, 1.150 livrets d'épargne régionale ont été ouverts en Bourgogne Franche Comté, avec en moyenne un dépôt de 18.000 euros.
En un mois, 1.150 livrets d'épargne régionale ont été ouverts en Bourgogne Franche Comté, avec en moyenne un dépôt de 18.000 euros. (Crédits : Décideurs en région)
La Caisse d'Epargne innove en proposant depuis jeudi à ses clients un produit qui offre une meilleure visibilité pour leur épargne, mais servira aussi à financer des initiatives proches de chez eux.

Garantir à ses clients plus de lisibilité et plus d'utilité pour leur épargne. Tel est l'objectif de la Caisse d'Epargne qui a lancé ce jeudi son livret d'épargne régional au niveau national. "D'une part, cela crée un lien beaucoup plus étroit entre l'épargne et son utilité sur le territoire. Et d'autre part, le client est mieux informé sur l'utilité de son épargne", explique Cédric Mignon, directeur du Développement de la banque. "Il y a une volonté de mieux comprendre" de la part des épargnants, assure-t-il. 

Concrètement, chaque région propose de soutenir des projets de développement sur des thématiques qui lui sont propres en fonction des besoins (logement, santé, services à la personne, développement numérique, développement durable,…) de chaque territoire, identifiés grâce à un audit.

"Revivifier l'économie de notre territoire"

Il s'avère ainsi, que la région Bretagne-Pays de Loire, par exemple, est plutôt tournée vers des projets "green business", tandis que la région Rhône-Alpes accompagne la création d'emploi et les besoins en capitaux propres des entreprises. L'Alsace est quant à elle plus axée sur l'économie numérique et l'Île-de-France sur la santé et les initiatives locales. 

En d'autres termes la Caisse d'épargne "collecte localement pour reprêter localement", résume Cédric Mignon, responsable du développement des Caisses d'Epargne. Il s'agit d'un produit d'épargne "sans risque pour l'épargnant", assure-t-il, "c'est nous qui gérons le risque de liquidités et de contrepartie!".

Un risque qui en vaudrait la chandelle, car "sur le long terme, c'est un bon moyen de revivifier l'économie de notre territoire", estime Jean-Pierre Deramecourt, président du Directoire de la Caisse d'Epargne Bourgogne Franche Comté.

Une traçabilité garantie

Par ailleurs, pour suivre la destination de leurs deniers, les clients peuvent se rendre sur le site internet de la banque, qui fait régulièrement l'état des lieux de l'avancement des projets soutenus. Sinon, ils reçoivent de toute façon une e-letter d'information. Et pour les plus investis, ils peuvent même aller rencontrer directement les porteurs de projet afin de suivre au plus près l'utilisation de leur argent. 

C'est vraiment là qu'est l'innovation par rapport aux produits qui existent déjà, selon la banque. Car ce livret a des caractéristiques et une fiscalité identiques à celles du Livret B, avec un seuil de 10 euros et un plafond de 750.000 euros. Concernant le taux rémunérateur, peu ou prou identique (entre 0,75 et 1,25), il est toutefois fixé librement par chaque Caisse d'épargne. Ainsi, pour le lancement, la Caisse Bourgogne-Franche Comté a choisi de proposer de son côté un taux de rémunération (brut) de 2%.

Un ratio crédit/épargne entre 100 et 105%

En tout cas, il semble que le succès soit au rendez-vous à en croire les premières collectes réalisées par la Caisse Bourgogne Franche Comté, qui a eu la primeur du produit. Le livret régional y est en effet commercialisé depuis le 29 janvier et a ainsi permis de rassembler quelque 22 millions d'euros en un mois. Un montant qui semble très prometteur aux yeux de Cédric Mignon, qui espère franchir la barre des 500 millions d'euros, tout en assurant que la banque n'a fixé aucun objectif chiffré. 

Et pour cause, il ne s'agit pas de "résoudre un problème de liquidités", mais de "répondre à une attente, certes encore  marginale, d'une épargne utile", assure Cédric Mignon. Notons à cet égard que la Caisse d'épargne se targue d'avoir le ou l'un des meilleurs ratios de prêt sur dépôt: entre 100 et 105%, contre 115% en moyenne. Et les encours de prêts de la banque auraient même augmenté de 8% en 2013. Un signal encourageant pour l'investissement en somme. 

 

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a écrit le 10/03/2014 à 23:08 :
C'est un livret B Bis...avec la fiscalité appliquée à ce type de produit le rendement net est réduit à peu de chose.
a écrit le 07/03/2014 à 12:44 :
ce livret existe déjà : c'est le LDD
Réponse de le 08/03/2014 à 23:32 :
C'est faux. Le LDD alimente la Caisse des dépôts donc l'état. Cette initiative de la Caisse d'Epargne c'est proposé un livret "solidaire" d'apparence qui servira à prêter (partiellement) du pognon à un commerçant de proximité qui vous soutiendrez une seconde fois en achetant ses produits. C'est le mythe de l'épargne "responsable" alors que les épargnants ne sont pas plus responsables que n'importe quel actionnaire car ce sont toujours les produits financiers "sans risque" qui proposent le plus fort rendement qui sont privilégiés. Ce livret de banque aussi ridicule que son excuse commerciale.
Réponse de le 10/03/2014 à 22:25 :
En effet ce type de livret existe déjà mais ce n'est pas le LDD qui en effet finance des projets de Développement Durable dont les prêts aux particuliers.
Sinon, l'iinitiative de ce groupe bancaire est intéressant, mais de là à dire que c'est innovant, il ne faut pas abuser !
Le Crédit Coopératif est l'un des premiers à avoir crée un livret, le Livret AGIT qui permet non seulement de financer des projets de l'économie réelle, mais également de verser un pourçentage de ses intérêts à une association de son choix (25, 50 ou 100%) contre un reçu fiscal en fin d'année.
Donc cette initiative existe déjà.
Le bon coup de poker du groupe, c'est de jouer la carte de la finance solidaire ! mais entre nous, comment l'épargnant peut être sur que son argent à servit à financer un projet local ? et puis quel projet ? la Caisse d'Epargne va t'elle vraiment faire preuve de transparence ? va t-elle également modifier ses pratiques sociales pour être une vraie banque coopérative ?
Des questions cruciales qui restent encore sans réponse à mon avis.
Réponse de le 11/03/2014 à 22:09 :
@Mathieu

Je ne vois pas où est la "solidarité" dans le financement d'une entreprise privée (avec le risque ad hoc) par l'épargne d'un chômeur. Mieux vaut être actionnaire (au moyen d'un PEA-PME par exemple) car au moins le risque est payant.

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