Fraude fiscale : le "James Bond" allemand, reconverti en "expert de la criminalité", condamné

latribune.fr

james bond 007 01
Photo DR

latribune.fr

james bond 007 01
Photo DR
Werner Mauss, un ex-agent secret de 77 ans surnommé le "James Bond allemand" par la presse, a été condamné, jeudi, à deux ans de prison avec sursis pour une fraude fiscale portant sur "plusieurs millions d'euros". En outre, il devra verser 200.000 euros à une oeuvre de charité.
Le tribunal de Bochum (ouest) l'a reconnu coupable d'avoir soustrait au fisc allemand entre 2002 et 2011 "plusieurs millions d'euros", sans toutefois préciser cette somme. Lors du procès, le chiffre d'environ 15 millions d'euros avait circulé dans la presse.
Cette peine est largement inférieure à celle requise par le Parquet qui avait réclamé contre lui six ans et trois mois de prison pour avoir dissimulé d'importantes sommes dans des fondations enregistrées sous trois faux noms à l'étranger, notamment aux Bahamas.
Jugé depuis septembre 2016, Mauss, qui comparaissait libre, avait réfuté ces accusations en bloc, arguant qu'il n'avait fait qu'administrer les sommes placées dans des fondations dont les objectifs étaient purement humanitaires.
Le tribunal de Bochum a indiqué avoir pris en compte dans son jugement relativement clément les "performances impressionnantes" accomplies par Mauss durant sa vie professionnelle.
En effet, Werner Mauss, à l'origine un détective privé, a effectué pour le compte du gouvernement allemand de multiples missions liées notamment à la libération d'otages.
Entre autres faits d'armes, il aurait aidé à l'arrestation en 1976 en Grèce de Rolf Pohle, un ancien proche du groupe d'extrême-gauche armé la Fraction Armée Rouge (RAF) à Athènes.
Très actif en Colombie, il a également négocié pour le compte d'entreprises allemandes afin d'obtenir la libération d'employés enlevés par des guérilleros.
L'activité controversée de celui qui se présente sur son site comme un "agriculteur diplômé" reconverti en "expert en criminalité", a été abondamment commentée dans la presse allemande, lui valant le surnom de "James Bond allemand".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Selon les quotidiens Handelsblatt et Süddeutsche Zeitung, les enquêteurs du fisc étaient parvenus jusqu'à lui via un CD de données bancaires, acheté en 2012 par l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest) à un lanceur d'alerte de la banque suisse UBS.
À lire également
Mauss avait été brièvement interpellé en décembre 2012, juste après l'acquisition de ce CD. Il avait, à l'époque, versé un acompte de 4 millions d'euros au fisc ainsi qu'une caution de 1 million d'euros.
Son nom était également apparu dans les "Panama Papers" mais Mauss avait réfuté toute fraude fiscale.
(avec AFP)
latribune.fr
Placements européens : que peuvent espérer les épargnants français ?
La Chronique de Marc Fiorentino. Les Français ne croient plus au système de répartition pour assurer leur retraite
Fiscalité allégée sur la transmission des vignobles : « une bouffée d'oxygène » en Bourgogne
Déclaration des biens immobiliers : un ratage à plus d’1,3 milliard d’euros pour l'État