Que vaut le nouveau produit retraite de la Caisse d'Épargne ?
Alexandre Phalippou
Alexandre Phalippou
«Ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à la naissance d'un nouveau produit retraite. C'est pourtant ce que propose la Caisse d'Épargne, avec Solution Libre Retraite. » En réalité, la Caisse d'Épargne fait du neuf avec du vieux : ce produit est une sorte d'assemblage de plusieurs comptes à terme, un produit octroyant une meilleure rémunération en échange d'une durée de placement plus longue. Mais l'idée reste astucieuse : l'épargnant accepte de bloquer son argent sur une durée allant de 6 à 16 ans, selon l'âge auquel il compte partir en retraite (le produit vise les quadras et plus). Et s'engage à verser régulièrement une somme, au minimum 100 euros par mois, dans la limite de 100.000 euros sur 12 mois. Solution Libre Retraite reste très souple: on peut y effectuer des versements exceptionnels, revoir ses prélèvements automatiques à la hausse comme à la baisse, ou les suspendre jusqu'à 12 mois. Et aucun frais d'entrée ni de frais de gestion n'est prélevé. « Nous avons voulu quelque chose de simple, sans risque et souple », résume Catherine Reljic, directrice adjointe au marché des particuliers à la Caisse d'Épargne.
Simplicité
En contrepartie, la Caisse d'Épargne offre une rémunération qui dépend de la durée de l'engagement. Elle atteint par exemple 4,2 % brut pour 10 ans (voir illustration). Ce taux est garanti pendant toute la durée du contrat. Au bout de 12 mois, les versements sont placés sur un compte à terme qui sera restitué une fois à la retraite. Par exemple, pour un contrat sur 10 ans, les sommes versées en année 1 seront restituées en année 11, et ainsi de suite. Évidemment, si l'on décide de sortir toutes ses économies par anticipation, les pénalités sont importantes. Elles atteignent 90 % des intérêts la première année, par exemple.
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Malgré sa simplicité et son côté sécuritaire, Solution Libre Retraite présente deux inconvénients. D'abord, le client ne pourra pas bénéficier d'une éventuelle hausse des taux dans les années à venir, car la rémunération est cristallisée à la souscription. Ensuite, à cause de la lourde fiscalité appliquée aux comptes à terme, le taux net est souvent moins compétitif qu'un fonds en euros d'assurance-vie, à la fiscalité plus attractive.
Alexandre Phalippou
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