Racheter des trimestres : peut-être, mais lesquels ?

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Un effet de levier qui mérite le détour. Avec des calculs précis.

Reconduit contre toute attente jusqu'au 31 décembre 2010, l'accord Agirc-Arrco du 13 novembre 2003 ouvre de nouvelles perspectives. En vertu de ce dernier, le rachat de trimestres du régime général s'applique automatiquement aux retraites complémentaires, sans abattement et sans rien à débourser auprès de ces caisses. Ce formidable effet de levier mérite que les salariés cadres qui atteignent 60 ans et plus (mais moins de 64 ans) d'ici au 31 décembre 2010 se posent la question du rachat de trimestres pour atteindre le quota nécessaire au versement d'une retraite à taux plein avant 65 ans. "Si, après une étude affinée, une telle opportunité est avérée, quelques arbitrages s'imposent", conseille Marc Darnault, associé chez Optimaretraite.

En premier lieu, il s'agira de pointer l'origine des trimestres manquants pour commencer par racheter les moins chers. En effet, une personne ayant cotisé au régime général des salariés et des professions libérales a souvent intérêt, si c'est possible, à racheter les trimestres de ce dernier régime, moins chers. Même chose pour les commerçants-artisans. Dans le même ordre d'idée, le rachat d'arriérées de cotisations, lorsqu'une telle situation est mise en évidence - dans le cas ou votre employeur n'a pas versé ses cotisations- , est plus avantageux que le rachat de trimestres.

Puis, lorsque vient le temps de chiffrer le montant du rachat dans le cadre de la loi Fillon, il faut choisir entre les deux options offertes. L'option 1 permet d'augmenter le niveau de pension versée en augmentant le taux de liquidation. Plus chère, l'option 2 joue à la fois sur les taux de liquidation et sur la durée d'assurance pour optimiser encore le niveau de pension. Reste à déterminer l'opportunité de rachat en fonction de ces options, de la date de rachat, du retour sur investissement, de la comparaison avec un placement financier... Une simulation réalisée par Optimaretraite pour un cadre atteignant 60 ans en septembre 2009, totalisant 146 trimestres au 31 décembre 2008*, montre que si le retour sur investissement reste favorable par rapport à l'espérance de vie pour un rachat jusqu'à 65 ans en option 1, il ne l'est plus à partir de 63 ans en option 2. Mais c'est en option 2 que le gain de pension est le plus élevé pour une liquidation de droits à 60, 61 et 62 ans. Sachant que dans moins de deux ans, personne ne sait ce qu'il adviendra de l'accord AGFF, un conseil s'impose : racheter au plus près de son départ à la retraite. Patricia Erb

* avec un salaire annuel moyen de 29 235 ?, 4900 points Arrco, 52500 points Agirc tranche B et 12450 points Agirc tranche C 

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