L’innovation, le sujet que tout le monde aime au gouvernement. Ou presque

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L'innovation passionne à l'évidence autant Arnaud Montebourg que Fleur Pellerin
L'innovation passionne à l'évidence autant Arnaud Montebourg que Fleur Pellerin (Crédits : Reuters)
Si Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin font de l’innovation leur priorité, Aurélie Filippetti a une vision plus distanciée du sujet. La ministre de la Culture et de la communication qui a annulé sa venue à l'inauguration du Lab de l'Institut culturel de Google, "pour ne pas servir de caution" au géant américain de l'Internet.

L'innovation est, on le sait, un sujet majeur pour l'avenir de l'économie française. Pas étonnant donc qu'il intéresse plusieurs ministres, même si, officiellement, l'Innovation, comme l'Economie numérique et les PME sont dans le portefeuille de la ministre déléguée, Fleur Pellerin.

Est-ce parce qu'il chapeaute Fleur Pellerin au sein du ministère du Redressement productif qu'Arnaud Montebourg s'autorise à faire de l'innovation l'un de ses nombreux prés carrés ? Probablement. Ainsi, chaque mois, le ministre, de plein exercice, organise soirée des Objets de la France industrielle dont la sixième édition se déroule ce mardi à Bercy.

Une seule équipe ?

Le gouvernement agit en équipe, pourrait-on se voir rétorquer. L'argument se tient. Cela n'empêche pas pour autant les petits couacs. Ainsi les festivités présidées par Arnaud Montebourg se tiendront en même temps que le "Dîner du Web" organisé par Fleur Pellerin ce soir à Bercy, au septième étage. Seront notamment autour de la table les responsables de Microsoft, Facebook, TechCrunch, eXo Platform et Geolid.

Ce dîner a pour objectif de donner un coup de projecteur sur la dixième édition du salon LeWeb qui s'est ouverte ce mardi à Saint Denis et qui se tiendra jusqu'à jeudi. C'est d'ailleurs jeudi qu'Arnaud Montebourg fera le déplacement avec Fleur Pellerin.

" L'équipe de Montebourg a demandé à ce qu'il intervienne. J'ai un peu hésité, car ce n'est pas forcément la bonne audience pour ça. Le dernier politique qui est venu, c'était Sarkozy ", a expliqué lundi sur BFM Business le co-fondateur du salon Loïc Le Meur, blogueur, et créateur de Seesmic, une start-up basée à San Francisco, spécialisée dans la gestion des réseaux sociaux. . Les deux événements ne risquent-ils pas de se cannibaliser ? Et si la réponse était - un peu - dans la question ?

Aurélie Filippetti boude Google

Une chose est certaine, Fleur Pellerin devra faire vite pour pourvoir accueillir ses convives à temps, à 19H30. Son agenda a en effet été bousculé ce mardi. Parce qu'il ne faut pas insulter l'avenir, parce que Matignon et l'Elysée préparent un grand raout sur l'attractivité de l'économie française prévu en février, la ministre remplacera à 18H00 et au pied levé Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la communication qui a annulé sa venue à l'inauguration du Lab de l'Institut culturel de Google, "pour ne pas servir de caution" au géant américain de l'internet.

"Malgré la qualité du projet de l'institut culturel de Google, la ministre ne souhaite pas servir de caution" au groupe américain », a annoncé son cabinet. Les tensions entre la ministre et Google, parmi lesquels l'optimisation fiscale de Google, le niveau d'implication jugé insuffisant de l'américain pour lutter contre les sites pirates et la question de la protection des données personnelles et de la diversité culturelle, sont de notoriété publique.

 

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Commentaires
a écrit le 11/12/2013 à 14:21 :
Enfin notre gouvernement à fait quelque chose il a ouvert le club de l'incompétence dont montegourde est le chef. Ils n'ont plus de limite le fond du gouffre n'est toujours pas atteint cela devient inquiètent.
a écrit le 11/12/2013 à 13:53 :
L'innovation serait que l'Etat Français arrête de fourrer son nez partout et de ponctionner tant qu'il peut ses citoyens. Si l'Etat était capable de planifier et d'investir pour développer l'économie cela se saurait ! Quand on voit l'échec lamentable des investissements de l'Etat ces 50 dernières années : Concorde, Bull, le Minitel... A part le TGV presque tout a foiré. Le rôle de l'Etat est d'offrir les bonnes conditions au développement de l'économie pas de faire lui même l'économie.
a écrit le 11/12/2013 à 13:27 :
Filippetti a raison.
Mais encore faudrait-t-il qu'il y ait à côté une certaine stratégie en ce qui concerne la diffusion des œuvres numériques ou numérisées, et surtout compréhension du contexte actuel.
A propos de ces questions, un résumé de situation :
http://iiscn.wordpress.com/2013/10/16/contenu-sur-le-net-piratage-offre-legale-resume/

Peut-être temps de prendre conscience du virage en cours et de l'---effet de club-- inhérent dans ce contexte ?
Et de la nécessité avant tout d'un nouveau rôle et séparation des rôles autour des bibliothèques personnelles ? (cad references sur profils, pas du “cloud”, et direction prise bien évidemment par google, amz, ultraviolet, etc)

A moins que l'on préfère les deux ou trois monstres de la diffusion se mettant en place, et cela avec perte complète de confidentialité bibliothèques personnelles pour chacun(e).
a écrit le 11/12/2013 à 9:12 :
Ce gouvernement en particulier (mais aussi ceux d'avant) plombent complètement l'économie traditionnelle avec leurs taxes sans limites et parlent d'innovation tous azimuts. Cette situation est vraiment ridicule. Par ailleurs, la mise en place des différents dispositifs de financement de l'innovation n'est qu'une main mise supplémentaire de l'Etat et de son administration sur la vie économique française et ses entreprises. La liberté économique est un concept encore inconnu en France. C'est dommage, car historiquement, l'Etat s'est presque toujours planté en matière de développement de projets. Il y a eu le TGV... mais pour combien de milliards perdus.
a écrit le 11/12/2013 à 8:30 :
Etre pour l'innovation c'est comme préférez le beau temps à la grêle.

L'illusion est d'imaginer que l'innovation va résoudre les problèmes structurels de la France et notamment que ceci pourra avoir des effets (même limités) avant 5 à 10 ans.
Réponse de le 11/12/2013 à 10:03 :
Bien vu , le problème c est qu' il y en a qui la mette dans un tiroir , défendue par une multitude de brevets . L idéal serait qu' au bout de 10 ans ces brevets soient publiés ou mis dans le domaine public.
Réponse de le 11/12/2013 à 12:28 :
@Le paysan

Un brevet n'est valide que lorsqu'il permet de remporter tous les procès en cas de litige, or à ce jour cela n'est ni garanti par l'INPI ni par l'OEB. Le meilleur moyen de protéger son invention, c'est de la conserver pour soi. Dans le milieu des affaires à gros sous, la corruption n'est qu'une formalité et l'inventeur modeste se fera plumer sans vergogne soit par ses propres avocats soit par la partie adverse.
a écrit le 11/12/2013 à 8:08 :
Le rôle de l’État n'es pas de pousser à l'innovation mais de créer l'environnent adéquat pour la venue de l'innovation! Si cette innovation doit être créé en France pour partir à l'étranger, je ne vois pas l’intérêt!
a écrit le 11/12/2013 à 7:54 :
La photo qui tue ! Il a trop regardé "jim carey", de tel naze pour parler d'innovation MDR
a écrit le 11/12/2013 à 6:58 :
L'innovation c'est sure, cela fait branche, créatif , moderne , des valeurs de gauche quoi. Le problème c'est que le carburant de l'innovation c'est aussi de l'investissement donc du capital - ça c'est un mot qui fait moins de gauche - et que la France est le pays qui le taxe le plus, au nom de la "justice".
a écrit le 10/12/2013 à 23:44 :
Perllerin et Mountebourg pro innovation, la bonne blague. Tant que ça ne dérange de près ou de loin aucun lobby bien établi, alors.
a écrit le 10/12/2013 à 18:00 :
Ils aiment l'innovation des autres parce que cela leur rapporte à eux.
a écrit le 10/12/2013 à 17:56 :
comment voulez vous que cette classe politque d enarques et d avocats puisse connaitre quoi que ce soit des mecanismes d innovation ? il nous faudrait des polytechniciens et des mines comme sous pompidou.
souvenez vous des patrimoines de nos ministres : de l immobilier et de l assurance vie, pas un n a une action dans une PME ou start up, a fortiori francaise.
Réponse de le 10/12/2013 à 21:29 :
Des polytechniciens et des mines comme ceux qui ont flingué puis bradé Péchiney, Arcelor, Thomson, Alcatel, et tant d'autres ...
L'erreur du pouvoir actuel c'est de maintenir les mêmes ramiers carriéristes incompétents frustrés de n'avoir jamais rien fait eux-même de leurs diplômes obsolètes chez Oseo ex Anvar maquillés en BPI France ...
a écrit le 10/12/2013 à 17:49 :
Nos "élites" pourraient-elles, svp, nous donner un exemple d'innovation personnelle.. un seul, un tout petit exemple..Nous, le Peuple, souhaitons comprendre leur grand message. et bien sûr l'appliquer de façon à gagner la panacée... la croissance bien sûr...
a écrit le 10/12/2013 à 17:44 :
ils parlent certainement ' d'innovation dans la justice', c'est a dire d'innovation qui devra de toute facon etre pas rentable, meme si elle survie a la mortalite forte qui tape ces projets... bon, le pb c'est que ca n'interesse personne, sauf eux...
Réponse de le 10/12/2013 à 21:31 :
Ils font peut être référence aux innovations des milices politiques de Valls dans le prolongement ultra fidèle des Ghéant Hortefeux

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