L'homme aux 1.100 inventions récompensé !

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Artur Fischer, l'homme qui s'est beaucoup trompé, et a beaucoup réussi
Artur Fischer, l'homme qui s'est beaucoup trompé, et a beaucoup réussi (Crédits : DR)
En juin, l'Office européen des brevets (OEB) a célébré à Berlin les inventeurs européens de l'année. Dans la catégorie " Oeuvre d'une vie ", c'est l'allemand Artur Fischer qui a été honoré. Nous lui devons notamment la cheville à expansion, le porte-gobelets ou encore le flash synchronisé pour appareils photos. Entre autres inventions.

Vous ne le savez peut-être pas mais votre quotidien est clairement influencé par un homme ! Albert Einstein ? Steve Jobs ? Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook ? Eventuellement. Mais il est fort probable qu'aucun d'eux n'ait plus d'importance qu'Artur Fischer, l'inventeur et industriel allemand Artur Fischer, l'homme aux 1.100 brevets et modèles d'utilité déposés rien qu'en Allemagne et dont le parcours a été honoré en juin par l'Office européen des brevets (OEB) dans la catégorie " Oeuvre d'une vie ".

Rescapé de Stalingrad

Le principal fait d'armes de cet ancien ouvrier métallurgiste, qui a servi comme mécanicien dans l'armée de l'air pendant la seconde guerre mondiale avant de s'échapper du siège de Stalingrad puis d'un camp de prisonniers de guerre britannique ? La cheville en nylon à expansion créée en 1958 que les bricoleurs connaissent bien et qui lui vaut depuis son surnom de " roi des chevilles". Un petit bout de plastique cranté qui permet de fixer des vis dans des matériaux qui ne pourraient pas, sinon, soutenir de lourdes charges. Uniquement concurrencée par les vis et les pointes, la cheville est l'un des produits le plus couramment utilisé dans le monde pour la construction : environ 14 millions de chevilles et ancrages sont produits chaque jour. Dans la foulée de cette invention, l'ingénieur met au point de nouvelles solutions à des problèmes de construction, notamment les ancrages en acier, les têtes de perçage, les fixations chimiques et les adhésifs. " Ses inventions sont actuellement utilisées plusieurs milliards de fois par jour et partout dans le monde ", explique l'OEB.

Du flash au porte-gobelets...

Mais l'inventivité et l'ingéniosité d'Artur Fischer, aujourd'hui âgé de 94 ans, ne s'arrêtent pas là. Dès 1949, il dépose le brevet du flash synchronisé. Une longue liste d'inventions et de brevets suivra : porte-gobelets, boîtes de rangement pour CD, vide-poches, buses de ventilation - et même des jouets pour enfants.

Quelle est sa méthode ? " Se tromper, se tromper, se tromper. La plupart de mes inventions sont le résultat de mes erreurs. Elles m'ont souvent détourné de mon objectif initial, et le résultat de mes travaux, parfois inattendu, n'en a été que meilleur ", a-t-il expliqué en recevant son prix admettant que ses recherches avaient grandement influencées par ses expériences personnelle : un photographe qui a refusé de prendre une photo à cause du risque d'incendie lié à l'ampoule au magnésium, des volets dans son appartement qui se détachaient constamment du mur ou encore le jeu de construction dont il rêvait quand il était enfant.

Des jeux pour les enfants

Lancé en 1964, le jeu de construction pour enfants Fischertechnik a remporté un succès immédiat. " Ces éléments de construction, qui sont désormais une norme mondiale en matière de jeux éducatifs, permettent aux enfants d'acquérir une compréhension de base de la technologie et les aident à développer la coordination main-œil, une motricité fine, la perception spatiale, la réflexion logique et la créativité", explique l'Office européen des brevets (OEB). Du fait de leur précision, des ingénieurs ont utilisé certains des premiers produits Fischertechnik pour simuler la robotique industrielle et construire des modèles d'usines de production contrôlées par ordinateur.

Un grand nom du Mittelstand allemand

De cette passion créatrice est née une entreprise de taille intermédiaire (ETI), l'une des 12.000 entreprises composant le fameux Mittelstand allemand que la France envie. Créé en 1948, aujourd'hui dirigée par son fils Klaus Fischer, Fischerwerke compte aujourd'hui plusieurs divisions, dont Fischer Automotive Systems et Fischer Consulting, emploie 4 000 personnes dans le monde et affiche un chiffre d'affaires de 618 millions d'euros. Produisant 14.000 produits différents, elle est numéro 1 mondiale dans plusieurs segments du marché des systèmes de fixation. Grâce à ses 42 filiales internationales, elle vend ses produits dans plus de 100 pays.

 

 

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Commentaires
a écrit le 04/07/2014 à 13:45 :
... j'ai grandis avec le fischer technik (qui avaient de bonnes idées comme les moteurs avec des vis sans fin). Le lego technic à coté faisait plus ... jouet.
a écrit le 04/07/2014 à 9:58 :
N'y a t-il rien( comme fond ou crédit d'impôts) pour aider les inventeurs à promouvoir ou financer leurs inventions ?

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