Dette : le gouvernement sous la menace d'une dégradation des agences de notation
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Bruno Le Maire (Economie) et Thomas Cazenave (Budget).
Reuters
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Les nuages noirs s'accumulent au-dessus du gouvernement. Après deux mois de tempête budgétaire, les agences de notation s'apprêtent à rendre leur sentence ce vendredi. Et ce, alors que la dette française a atteint 110,6% du PIB en 2023, sera à 112,3% cette année, et toujours à 112% en 2027, selon Bercy.
Ces évaluations surviennent après une avalanche de mauvaises nouvelles pour la France. En février, le gouvernement avait, dans un premier temps, annoncé 10 milliards d'euros d'économies par décret suite au déficit plus élevé que prévu à 5,5% du PIB en 2023 contre 4,9% initialement prévu. Révisant sa prévision de croissance de 1,4% à 1% pour cette année, l'exécutif a, ensuite, annoncé 10 milliards d'euros de coupes supplémentaires en 2024 et 20 milliards d'euros en 2025 au lieu des 12 milliards avancés dans un premier temps. Et Bercy prévoit dorénavant un déficit de 5,1% cette année contre 4,4% auparavant.
Dans ce contexte troublé, « la perte de crédibilité de l'exécutif dans ce domaine pourrait détériorer fortement sa popularité étant donné que la restauration des finances publiques et de la compétitivité de l'économie nationale sont au cœur de la promesse macronienne », juge Erwann Lestrohan, directeur conseil chez l'institut de sondages Odoxa.
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« Et cette perte de crédibilité renforce par effet de contraste les oppositions critiques à l'égard des choix économiques de la majorité depuis de nombreuses années », ajoute-t-il. À quelques semaines des élections européennes, une possible dégradation ou une perspective négative serait un très mauvais signal pour la Macronie actuellement loin derrière le Rassemblement national (RN) dans les enquêtes d'opinion.